Critiques




   WAXWORK 2: LOST IN TIME


   MARS 1992


   ANTHONY HICKOK


    ZACH GALLIGAN, ALEXANDER GODUNOV,
   BRUCE CAMPBELL


    1H44


    WAXWORK 2: PERDUS DANS LE TEMPS


    HORREUR/FANTASTIQUE/PARODIE





 

 

 







Waxwork (le premier), pour ceux qui n'en auraient jamais entendu parler, était un film qui se voulait comme une série de mini-hommages aux films d'horreur. Usant d'une trame narrative visant à englober tous ces petits segments dans une histoire principale, Waxwork visait plus loin que la simple parodie. Ce premier film se déroulait dans un musée de cire où chaque statue reprenait vie le temps d'un instant, nous amenant à visiter quelques-uns des plus grands classiques de l'horreur (dracula, la momie, l'homme loup-garou).

Dans la finale de ce Waxwork, le musée maléfique était la proie des flammes, et rien ni personne ne semblait avoir la possibilité de s'en échapper. Une suite semblait donc peu probable.

Pourtant, cette suite existe bel et bien. D'abord, c'est un "dehors" bien senti pour le musée de cire, qui, bien qu'il ait encore sa place dans le titre, n'est plus qu'un tas de cendre dont on ne peut plus rien tirer.

"Lost in time doit donc jouer beaucoup avec l'échelle du temps pour compenser l'absence du premier élément du titre!", me direz-vous. Eh bien, ce Waxwork II: Lost in time révèlera une bien terrible tragédie au grand jour: ce n'est pas un voyage dans le temps, mais entre des dimensions parallèles! Les deux éléments de la boîte du film sont donc erronés. Ça commence bien.

Alors, j'ai donc choisi de m'investir dans la suite maladroite plutôt que dans le modeste film original qui avait somme toute bien passé dans mon oesophage cinématographique. Un défi tout à fait louable, vous serez d'accord avec moi!





Mark: Complètement insensible à la peur même lorsqu'il est en danger de mort, Mark est un jeune homme enthousiaste pour qui les visites de monstres entre les dimensions sont plus importantes que la vie de sa copine menacée de passer sur la chaise électrique.


Sarah: Douce moitié de Mark, elle sera accusée du meurtre d'un de ses proches et tentera de convaincre la cours que c'est une main coupée échappée du musée de cire qui a fait le coup. Un moyen détourné pour plaider la folie?


John Loftmore: Bruce Campbell (trilogie Evil Dead, Alien Apocalypse, Bubba Ho-Tep)! Dans ce film, Campbell effectue un petit caméo de quelques minutes où il joue un professeur qui recherche des restes humains dans les recoins les plus sombres d'une maison. Étonnamment, il ne connaîtra pas la mort, malgré de nombreuses embûches flirtant avec celle-ci (notamment lors d'une altercation avec un corbeau qui lui picorera avidement la poitrine, exposant ses entrailles aux infections).

Baron Von Frankenstein: Classique docteur pratiquant la réanimation qui possède non seulement un accent horrible mais également des manières amplifiées aux limites de la caricature grotesque.

Roger: Chevalier blondinet qui veut prendre la place du roi Arthur. Il connaît deux ou trois tours de passe-passe d'illusionniste, mais malheureusement pour lui, ceux-ci ont été très mal construits au montage.






Mark et Sarah sont les deux seuls survivants de l'incendie qui a ravagé le musée de cire. D'un commun accord, ils décident de tout oublier, de faire comme si rien ne s'était passé et de continuer leur vie en se foutant éperdument de tous les gens qui sont morts. Mais une main qui est également parvenue à s'extirper du brasier entend faire les choses bien différemment...

Dans un hommage plus ou moins réussi à Evil Dead II, la main en question agresse le beau-père de la survivante Sarah à coups de marteau machinaux avant de se faire passer dans le broyeur à déchets. Ce meurtre suffira à semer les premières embrouilles, alors que Sarah devient accusée de meurtre et risque la prison à vie ou pire, l'exécution.


Mark décide alors de tout mettre en oeuvre pour sauver sa copine d'une mort certaine. Aidé par son oncle qui lui a laissé une bande vidéo avant sa mort expliquant où trouver des objets magiques utiles (quelle coïncidence quand même!), il trouve une pièce cachée qui recèle un compas aux vertus bien spéciales.

Celui-ci permet de traverser les dimensions! C'est ainsi que Mark et Sarah traverserons les barrières entre les films à la recherche de preuves afin de faire tomber les allégations.

Ils traverseront notamment Frankenstein, The Haunting, Poltergeist, Legend of hell house, Dr. Jekyll and Mr. Hyde, Dawn of the dead, Jack the ripper, Nosferatu, Godzilla, Alien, ainsi qu'un château médiéval post-Excalibur où l'histoire stagnera pendant d'interminables minutes.

Qu'à cela ne tienne, c'est à travers ces portes vers le monde de l'horreur que nos héros trouveront (ou pas) la clé pour un retour en sûreté vers leur monde.





  • La moutarde, les oignons et les pains hot-dog sont trois éléments qui figurent dans le haut de la liste des armes favorites des mains coupées.

  • Un groupe rassemblé pour une "chasse au monstre" sera systématiquement constitué de fermiers armés de fourches et de pieux qui trimballeront des torches allumées.

  • Presser sur un crâne amène la bouche du sujet à cracher du maïs soufflé.

  • Les monstres créés artificiellement sont prêts à renier leurs géniteurs pour une assiette de saucisses et de petits pois.

  • Les yeux et les cerveaux qui sortent précipitamment de leur socle émettent un bruit d'ouverture de bouteille de champagne.

  • Entrer directement en contact ne serait-ce qu'une seconde avec le néant de l'espace cause l'affaissement total de la tête.

  • Être éventré de la poitrine jusqu'au bas du bide tout en ayant les côtes qui menacent de sortir se qualifie de "simple égratignure de la peau".


  • Le jeu vidéo de Dieu contient des chevaliers, des magiciens noirs et des corbeaux qui parlent.

  • Les techniques moyenâgeuses visant à emprisonner quelqu'un sont fort incohérentes, employant de pauvres liens en corde usée pour maîtriser les mains du suspect et préférant utiliser l'artillerie lourde du métal pour créer de gigantesques casques grillagés qui ne servent à rien sinon à amplifier l'écho du chant d'un criminel qui s'improviserait virtuose.

  • Dans un affrontement entre deux hommes respectivement armés d'une hache de guerre affilée et d'un gros livre de bibliothèque, celui qui possède la simple hache devra envisager la fuite puisque les bouquins sont d'impitoyables instruments de combat.

  • Il est possible d'amener un frétillant morceau de mort-vivant comme preuve dans un tribunal.





  • Questionnez-vous sur la pertinence des vaisseaux spatiaux alors qu'une scène nous montre clairement que la pression dans l'espace et à peu près la même que sur la terre (en avion). Ne reste donc plus qu'à amener les parachutes et à se transformer en boule de feu dans la stratosphère pour que la métamorphose soit complète.

  • Devenez subjugués à la vue d'un extra-terrestre qui nous montre que l'on peut opérer un allongement drastique du cou en quelques secondes et se rendre comparable aux femmes-girafes africaines qui elles mettent des années et des années d'anneaux à atteindre ce niveau.


  • Grattez-vous vigoureusement la tête à la vue d'une chute surréaliste entre les dimensions qui ressemble étrangement à ce qui arriverait si l'on attachait deux personnes sur des câbles devant un écran où défile un paysage en mouvement qui donne l'illusion de tomber.

  • Remettez les notions de physique en cause en apprenant qu'il est possible pour une main de continuer à saigner sans jamais avoir commencé.

  • Découvrez l'inutilité de la magie noire alors qu'un sorcier qui cherche à tromper l'ennui s'amuse à transformer de belles femmes en femmes-panthère complètement hideuses. Tant qu'à n'avoir rien à faire de sa magie, ne pouvait-il pas simplement lancer des boules de feu dans un champ?


    Hum... Est-ce seulement moi qui divague ou est-ce que cela ressemble vraiment à une représentation grotesque de PANTHÈRE EN CAOUTCHOUC AVEC UNE PERRUQUE?





  • La scène où Bruce Campbell est éventré et qu'il reçoit un paquet de trucs sur la tête en plus d'un sac de sel et d'une lampée de vinaigre sur ses plaies béantes est tout simplement tordante. Filmé entre Evil Dead II et l'Armée de ténèbres, Waxwork II vient donc nous ramener un petit moment typiquement Campbell que les fans de l'acteur adoreront (surtout que cela ressort de la vieille époque!).

    Le combat d'épée entre les strates du temps opposant Mark et Roger était très bien pensé! Un peu dommage que cela arrive sur le tard, mais tout de même bien rendu. Une réussite, particulièrement pour le plan du centre d'achat de Dawn of the dead.

    Le film parvient tout de même à entasser un bon nombre de situations loufoques. Notons Godzilla au passage qui fait penser à un croisement entre "cookie monster" et un crocodile géant ainsi que le mauvais doublage rajouté grossièrement!

    L'histoire en tant que telle n'est pas mauvaise, mais il y a eu un certain nombre de mauvais choix scénaristiques (l'idée de terminer le tout dans un environnement plutôt fantastique que dans l'horreur, par exemple). De plus, la plupart des dialogues sont ennuyants (sauf quelques éclairs ici et là, où on peut presque sentir l'auteur se dit "bon, ici ça vaut la peine de faire un effort!"), et l'enchaînement entre les scènes est un peu maladroit.

    Waxwork est avant tout une série un peu enfantine, cabotine. Malgré le gore présent, les situations dans lesquelles se trouvent les personnages parviendraient à peine à faire peur à un enfant du primaire. Le tout vient donc évidemment jouer du côté de l'atmosphère, qui s'en ressent grandement. Une scène en particulier se démarque (celle avec Bruce Campbell) de par sa trame bien menée, mais le reste est un peu fade malgré quelques passages qui font sourire.

    Certaines scènes tombent complètement à plat, mais vraiment dans leur entièreté! Alien est cliché et n'est qu'une répétition de choses que nous avons déjà vues, et le temps passé en compagnie du Roi Arthur est une abomination sans précédent. Cela vient complètement casser le rythme du film qui venait enfin de prendre du gallon.

    Le potentiel de réécoute est bas. Certaines scènes sont du bonbon, mais se retaper le tout au complet n'est sincèrement pas une bonne idée.

    Un effort honnête mais qui tombe un peu à plat. Une bonne coche en dessous du premier, mais tout de même une suite respectable. Quelques scènes particulièrement réussies viennent laisser de bons souvenir au cinéphile, mais malheureusement, il ne parviendra jamais à oublier certaines autres qui le hanteront probablement à jamais. Je cauchemarde déjà sur le transgenre médiéval qui se bat avec une petite chaînette!





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: On ne se tanne jamais de voir Campbell se faire mal.




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