
Takashi Miike est un fort prolifique réalisateur qui a achevé pas moins de 60 productions de cinéma et de télévision au cours de sa carrière, qui s'étend jusqu'en 1991. Il est reconnu pour son usage de violence extrême, de perversions sexuelles bizarres et d'humour particulièrement noir. Donc, avec un de ses films entre les mains, nous savons déjà que nous possédons une pièce d'anthologie qui a probablement déjà fait scandale dans plusieurs pays.
Avec ce Visitor Q, Miike revisite un vieux film de Pier Paolo Passolini nommé Teorema (Théorème) qui raconte l'histoire d'une famille qui sera changée à jamais par le passage d'un regard étranger dans leur maison, qui les séduira un à un. Mais Miike ne fait pas que du simple "remake", il adapte tout à sa sauce en incorporant vulgaire, violence et immoralité à l'oeuvre!

Kiyoshi : Chef de la famille Yamakasi, le père est probablement le catalyseur de vices le plus puissant du troupeau. Incestueux, dément, timbré, violeur, nécrophile et meurtrier, il s'évertuera durant tout le film à établir un lien boiteux entre son garçon tabassé à l'école et ses propres déviances.
Keiko : Cette mère de famille a le dos large. En plus de servir d'esclave à la maisonnée, elle se fait battre sans considérations par son fils sous les yeux de tous (il ne pourrait en être autrement, puisqu'elle se fait passer au travers des murs en plus d'être fouettée avec bruit, ce qui est très peu subtil), qui mènent leur train-train quotidien comme si le tout était normal. Pour oublier ses problèmes, elle se drogue, et pour se procurer cette drogue, elle doit se prostituer à de gros chinois amateurs de domination.
Takuya : Le fils Yamakasi est profondément troublé. C'est un obsessif compulsif qui craint chaque parcelle de poussière et qui pulvérise fréquemment les microbes de sa chambre, en plus de tout aseptiser, désinfecter, et de porter un masque purificateur d'air lorsqu'il s'enferme dans ses quartiers. À l'extérieur de cet univers rassurant, il a deux activités: se faire battre et humilier par des types de son école et défouler sa colère sur sa mère.
Miki : Jeune prostituée dévergondée qui fera payer son propre père pour ses services. Sera tout de même déçue de son éjaculation précoce.
Le visiteur Q : Homme étrange ayant pour hobby de fracasser le crâne des gens avec une pierre, il entrera dans la famille Yamakasi avec son regard d'étranger pour pousser leurs troubles jusqu'à leur paroxysme, exorcisant ainsi leurs maux.
Une famille japonaise dysfonctionnelle formée par un père incestueux et sexuellement violent, une mère masochiste et démente et deux enfants dont l'un est bipolaire alors que l'autre se prostitue de manière désabusée se voit confronté pour la première fois à un regard extérieur qui s'immisce à l'intérieur de leur engrenage. Cela aura raison de leurs inhibitions, alors qu'ils laisseront déferler leurs sentiments profonds, ramenant du même coup l'harmonie en eux.
Le père est un reporter déchu qui tente de regagner un peu de lustre en tournant un documentaire choc sur les habitudes violentes de son fils qui sont issues des humiliations qu'il subit à l'école de la part de d'autres adolescents de son âge.
Il perdra cependant totalement contrôle de son expérience alors qu'il en viendra à s'imbiber de cette violence, devenant complètement fou, tuant une femme récalcitrante à son projet et violant son cadavre.
Cela donnera lieu à une scène totalement hilarante où il prendra un bain de vinaigre pour se sortir d'une situation plutôt épineuse, mais je vais tout de même laisser le mystère...
À la fin, avec la mère qui reprend son pouvoir sexuel auprès de son mari et son pouvoir autoritaire par rapport à son fils, nous voyons que la famille peut revenir en harmonie à travers cet exutoire totalement délirant.
Il est possible de s'exaspérer pour une question d'argent alors que votre dernier client de prostitution était votre père.
Les mauvaises sortes de brosses à dent font davantage saigner des gencives.
Viser des cibles très précises avec des feux d'artifice s'effectue en un tournemain.
Il est pertinent de passer aux nouvelles du soir un segment qui traite du nom de baptême d'un raton-laveur inauguré dans un zoo.
Toutes les mères savent par coeur le goût des fluides vaginaux de leur fille et peuvent en reconnaître la trace sur le sexe d'un homme l'ayant récemment pénétré.
Il est fréquent pour des animateurs télé de questionner des jeunes qui, en plus de refuser de répondre, se fâchent, baissent les culottes de l'animateur en question et le violent analement avec le micro.
Il est possible de traire une femme non-enceinte et de faire gicler son lait à plusieurs mètres de distance.
Certaines femmes portent des sacs à vidange troués sous leurs vêtements.
La raideur cadavérique transforme les vagins en prisons.
L'héroïne procure à son hôte un émerveillement devant les organes internes de l'humain.
Faire l'amour dans une toile d'abri tempo est excitant.
Il est possible de vomir une quantité de fluide supérieure au niveau d'eau contenu dans le corps.
Assistez à une représentation théâtrale troublante mettant en scène une femme qui fait éclabousser du jus hors de ses seins et un spectateur silencieux qui se couvre de son parapluie avant d'éviter d'être taché.
Apprenez à trouver suspect un corps de femme sans vie qui produit de la lubrification vaginale en découvrant que le tout était en fait une défécation post-mortem ayant coulé dans son entrecuisse.
Émerveillez-vous devant le travail exemplaire des parents au niveau de l'éducation de leurs enfants, servant de modèles très sains au niveau de l'affrontement des problèmes de la vie, alors qu'ils règlent les ennuis de leur fils par rapport à ses camarades de classe en assassinant ces derniers à coups de couteau à beurre. Efficace.
Découvrez les rudiments de la vie dans le chaos alors qu'une femme à l'allure simple parvient à manger calmement son repas pendant que des bombes éclairantes fracassent les vitres de l'entrée de la maison en plus de venir brûler ses cheveux, et que le père ayant la graine sensationnaliste se met à crier comme un dément et à narrer les évènements.

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Le film est plutôt bien rythmé tout au long de son heure et demie et parvient rarement à nous ennuyer. Les scènes sont également peu répétitives, et il y a une progression constante de l'intrigue qui fait en sorte que l'on a envie de connaître la suite, si bien sûr nous n'avons pas été rebutés dès le départ.
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L'immoralité quant à elle sert plus la production qu'elle lui nuit, car elle n'est pas montrée dans de longs plans insoutenables ou dans des scènes qui dépassent l'entendement. Ceux qui savent avoir affaire à des acteurs et qui ne sont pas choqués par les nudités partielles s'en tireront somme toute assez bien.
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Tout est poussé à l'extrême, et de cela résulte plusieurs moments absurdes, presque surréalistes, bref, assurément divertissants. C'est très caricatural, mais le ton du film reste conséquent tout au long en ne dérogeant pas de cet extrême et de ces exagérations.
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Il y a un bon potentiel de réécoute puisque je pourrais me voir le révisionner demain. Ceux qui ne l'aiment pas au départ ne l'aimeront pas mieux la deuxième fois, mais ceux qui ont apprécié l'expérience y reviendront sans problème.
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Comme plusieurs oeuvres de Miike, le tout peut être indigeste pour certaines personnes, particulièrement celles qui ressentent déjà des malaises lorsqu'il y a des scènes relatives à la vie sexuelle des personnages de cinéma. C'est également un très mauvais film à montrer aux gens habitués à la normalité, et définitivement une nuit à passer seul si vous l'utilisez comme appât lors d'une première rencontre avec une fille rencontrée dans un bar... sauf si c'est un bar de danseuses nues adjacent à une "piquerie".
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Comparativement aux déboires sexuels étranges, la violence prend une place plutôt réservée dans cet opus. Tant qu'à vouloir tout pousser jusqu'au bout, pourquoi pas cet aspect également? Cela parviendrait peut-être à pimenter quelques longs segments sans action!
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Ne plaira pas à tout le monde, mais si c'est dans vos cordes, vous serez probablement divertis du début jusqu'à la fin. Un des bons efforts de Takashi Miike au cours de sa carrière.
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Résumé: Une attaque aux pétards à mèche sensationnellement narrée.

Commentaires
Despote
06 Oct. 2008, 00:47
Juste spécifier rapidement que ce n'est pas parce que le nom du site est
"Cinémarde" que tous les titres sont forcément merdiques. Visitor Q et The
Evil Dead sont deux excellents exemples de films de qualité critiqués ici.
Tu peux te référer à la section Répertoire, Mandat de Cinémarde pour peut
être mieux saisir notre approche.
Zub
05 Oct. 2008, 23:25
Vous avez une idée vraiment merdique de ce qu'est le cinéma merdique.
Séb
04 Mai 2007, 11:21
Ma curiosité est assurément piquée.
Johnny Jazz
03 Mai 2007, 13:59
J'ai bien aimé, j'aime Miike en général et ce film ne fait pas exception.
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