Vous pensiez connaître Star Wars? Vous pensiez avoir tout vu, tout lu et tout entendu à ce sujet? Comme moi, vous aviez l’arrogance de croire qu’Épisode 1 était la pire chose arrivée à la franchise depuis son existence?
Eh bien détrompez-vous, car le succès fulgurant que fût l’original engendra la naissance d’un monstre encore pire que vos plus atroces cauchemars. Mais comment est-ce possible? Prenez une troupe de danseurs costumés avec des froufrous à paillettes pour drag-queens pauvres, une bande de simili-chanteurs qui feraient pâlir de honte Michel Louvain, un dessin animé trouvé dans le fond d'une boîte de Cracker Jack moisie et ajoutez au mélange une dose plus ou moins généreuse de Star Wars. Passez tout ça au blender et vous obtiendrez alors une bouillie indigeste vomie sur le monde pendant la période des fêtes de 1978.
Tristement célèbre pour le degré de déception qu’il procure aux fans non avertis et détesté avidement par George Lucas, qui n’a pourtant pratiquement rien à voir avec sa création, voici pour vous l’infâme, le cruel, le déstabilisant et le puissant hallucinogène qu’est le Star Wars Holiday Special.
Vous ne le saviez pas et vous ne vouliez pas vraiment le savoir, mais le Star Wars Holiday Special vous le confirme quand même… Chewbacca a une famille. En voici les (pitoyables) représentants...
Mala, la femme de Chewie: Prenez le chanteur de Twisted Sister, mettez-le dans un costume de guenon, ajoutez un tablier et ça vous donnera un aperçu du personnage.
Lumpy: Ce petit bâtard velu qui court partout et qui énerve tout le monde n'est pas une moppe hyperactive vendue à rabais sur la Boutique TVA. Il s'agit du fils de Chewbacca et nous devrons malheureusement endurer ce petit déficient jusqu'à la toute fin. Soulignons également l'apport de sa voix, aussi mélodieuse qu’une tondeuse ou qu’une vieille crécelle rouillée… Ou qu'une vieille crécelle rouillée emprisonnée sous une tondeuse...
Itchy: Non il ne s’agit pas du père Fouras empaillé ni de l’Abominable homme des neiges à la retraite, mais bien de Itchy, le père de Chewie, dans toute sa splendeur édentée. Ce vieux grincheux passe ses journées à sacrer en wookie au sujet de son insupportable petit fils.
J'avoue que j'aurais moi-même le goût de frapper ce dernier jusqu'à ce que la DPJ spatiale intervienne...
Chewbacca: Enfin! Il était temps, j’ai à peine commencé ma chronique et j'ai déjà mal à la tête… Bref, pas besoin de présentation, la carpette ambulante est toujours aussi sympatique. Heureusement!
Mais que serait Star Wars sans ses autres héros? Ils sont au rendez-vous et je me dois donc de vous les présenter quand même, ne serait-ce que pour le plaisir.
Han Solo: Charmeur de ces dames et amateur de gros nounours intergalactiques, Solo est
personnifié par un Harrison Ford qui se demande manifestement ce qu’il fout là. J’espère pour lui que le chèque de paie en valait la chandelle, mais j’en doute! D’ailleurs, interrogé par Conan O’Brian, Ford avouera ne pas trop se souvenir du tournage et que, par conséquent, le Special « n’existe pas ».
Luke Skywalker: Le jeune héros de la rébellion fait un caméo par le biais d’un écran de communication. Le look plastifié de Mark Hammill est dû à l’épaisse couche de maquillage qui couvre les cicatrices héritées lors de son accident de voiture de l’été 1978…

Ha, désolé! Je me rends compte que j’ai mis la photo de la figurine de Luke à la place de ce bon vieux Mark! Voici la bonne:
Voilà qui est mieux...
Princesse Leia Organa : Le trio ne saurait être complet sans la présence de la bienveillante (mais ô combien sexy en bikini) Princesse Leia. Remarquez comme Carrie Fisher prend son rôle terriblement à coeur. On voit bien sur la photo qu’elle semble réellement planer dans une galaxie très très lointaine. Oups, on me souffle à l’oreille que ce regard vide et ce sourire niais seraient dus à l’abus de drogues… Dommage. Je crains malheureusement qu’elle n’ait pas été la seule à en abuser pendant ce tournage. Haaaaaaa les seventies!
Bien sûr, on verra brièvement les droïdes C-3P0 et R2-D2, ainsi qu’une pelletée d’aliens tous plus bizarres (et traumatisants) les uns que les autres. Cependant, je ne m’y attarderai pas tout de suite afin de vous garder de bonnes surprises pour plus tard. Pour l’instant, continuons sur une note plus positive en vous présentant les équivalents animés de nos héros, car bien sûr, le Star Wars Holiday Special ne saurait être complet sans un dessin animé conçu pour l’occasion!

Nos amis de chez Nelvana Animation on fait du beau boulot. Ils ont même réussi à transposer l’air absent de Carrie Fisher sur celluloïd! Mention spéciale pour le regard de zombie de Luke.
Tout commence à bord du Faucon Millennium dans lequel Han et Chewie prennent place pour rentrer sur Kashyyk, la planète natale de ce dernier. Ils doivent être présents pour le Jour de la Vie (traduction libre de Life Day), le subtil équivalent Star Warsien de Noël. Mais voilà, à force de se faire poursuivre par des vaisseaux en stock shots tout droit sortis de l’ Episode IV, notre duo est très en retard. Han enfonce donc les gaz et passe en hyperespace afin d’échapper aux poursuivants.
S’ensuit une brève présentation des personnages. Jusque là, le spectateur non initié ne se doute de rien et pense encore qu’il passera un bon moment en compagnie de ses héros favoris. C’est là que le piège se referme avec une force impitoyable sur la pauvre victime, tel un Sarlacc affamé.
Pendant les dix prochaines minutes, les seuls mots qui seront entendus seront en langage wookie… Sans traduction et sans sous-titre. Dix minutes à entendre des grognements interminables et pénibles. Il est bien sûr facile de comprendre par les gestes que la famille de Chewbacca se prépare activement à son retour et s’inquiète de son retard, mais après deux ou trois minutes de grognements qui rappellent parfois un groupe de mourants trachéotomisés, on a tendance à avoir hâte que la torture s’arrête.
Heureusement, Mark Hamill, alias Luke Skywalker, mettra fin momentanément à nos souffrances. Appelé sur une fréquence rebelle secrète tenue par la famille de poilus, Luke ne perd pas de temps pour les envoyer poliment paître puis retourne à sa réparation de décor cheap. Heureusement pour lui, Mark Hamill aura encore deux films complets avant de sombrer dans l’oubli.
En mal de nouvelles de son homme, Mala contacte un marchand local nommé Saunn Dann, qui est justement occupé avec un officier impérial moustachu. Dann avertit discrètement Mala que Han et Chewbacca sont en route et retourne s’occuper du méchant officier qui part sans payer, comme quoi l’Empire est définitivement le mal absolu.

- Vader : « …et coupez-moi cette moustache ridicule. L’Empereur n’est pas aussi indulgent que moi… »
Pendant ce temps, à bord de son vaisseau, Darth Vader est informé que le Faucon se dirige vers Kashyyk et ordonne que la planète soit entièrement fouillée. Il sait que ce sont les rebelles qui ont détruit l’Étoile Noire et il est bien décidé à ne pas les laisser s’enfuir une seconde fois. Malgré la perte soudaine de leur congé de Noël, les membres de son personnel obéissent, de peur de servir de chair à canon éventuelle.

Prenez une scène d’Episode IV, changez le dialogue, et voilà! Une toute nouvelle scène à bas prix! Ce concept sera usé à la corde pendant la prochaine heure.
Après cette brève apparition de Vader (la seule hormis un autre 30 secondes dans le dessin animé), nous retrouvons la petite famille qui se fait contrôler par les soldats de l’Empire. Heureusement, Saunn Dann est arrivé à temps pour distraire les deux figurants costumés afin d’éviter qu’ils ne tombent sur le poste émetteur réglé sur la fréquence rebelle.
Alors que les soldats foutent un bordel incroyable dans la maison, Lumpy décide qu’il est temps de regarder la télé, comme ça, en plein milieu de nulle part. C’est alors qu’on a droit à la super séquence de dessin animé mentionnée plus haut. Malgré le fait que son rapport avec l’histoire est assez ténu et que la qualité de l’animation est au mieux discutable, le cerveau appréciera tout de même la détente que procure ce petit dix minutes de quiétude.
Ce petit moment de répit aura au moins la qualité de contenir la première apparition du chasseur de primes préféré de tous, j’ai nommé Boba Fett, oui monsieur! Rien de moins
Celui-ci se fera passer pour un ami de la rébellion et, oh surprise, se révélera être un traître à la solde de l’empire. Bien sûr, tout finira bien pour nos héros et Boba nous reviendra par la suite dans The Empire Strikes Back pour sa première fois au cinéma.
Si après ce dessin animé vous êtes encore présents devant votre écran, c’est soit parce que vous avez le courage d’un wookie, soit parce que vous vous êtes bêtement endormis, car malgré le fait que ce métrage ne dure qu’une heure et demie, vous aurez déjà l’impression d’avoir perdu deux heures de votre vie. Je vous épargne donc les menus détails de la suite du récit car à ce stade, ce qui reste digne de mention sera relaté plus bas dans la chronique.
Tout ce que vous devez savoir, c’est qu’il s’ensuit d’autres mésenventures soporifiques au possible et d’autres numéros dont l’intérêt frôle le zéro absolu. Han et Chewie arrivent enfin sur Kashyyk saints et saufs, Han pousse un
stormtrooper en bas d’un arbre géant puis tout le monde festoie. Quand l’Empire s’enquérera de l’état du trooper disparu, Saunn Dann leur fera croire qu’il s’est sauvé avec les cadeaux. L’officier gobera l’histoire puisqu’il a hâte de finir son shift. De toute façon, avec Vader dans les parages, on se dit qu’un trooper de plus ou de moins…
Bref, par la suite, tout le monde se retrouve dans un lieu enchanté où Carrie Fisher chantera (ou faussera?) une chanson quétaine sur l’air du Star Wars Theme. C’est ainsi que s’achève ce monument du kitsch qu’est le Star Wars Holiday Special: dans la honte, le dégoût et la déception. Vous ne viendrez pas me dire par la suite que je ne vous avais pas avertis.
Maintenant, prenez une petite pause pour aller vous doucher, changer vos vêtements souillés et remplir vos verres de lave-glace à l’arsenic "on the rocks", je vous attends pour la suite!
Les bars de l’univers de Star Wars sont bien connus pour leur manque de diversité musicale. Évidemment, celui-là ne décevra pas l’habitué en réutilisant le même band et la même chanson que dans la scène de la Cantina de l’Episode IV.
La technologie est ici à son meilleur avec des ordinateurs dignes du Commodore 64 et de l’Atari 2600.
Les alcolos de l’espace ont bien compris le sens de l’expression «boire pour oublier», puisqu’ils ont littéralement un trou dans la tête pour boire.

Faut le boire pour le croire.
Le groupe Jefferson Starship exploite l’idée des lightsabers en utilisant des instruments de musique au laser.

Fais attention pour pas te blesser ti-gars!
La planète des wookies est composée principalement de peintures trompe-l’oeil et d'effets "spéciaux" de qualité douteuse.
Me semble que ça avait l'air plus solide dans Episode III...

Quand Saunn Dann apporte des cadeaux à toute la famille, il donne au vieux bougon de Itchy une machine de réalité virtuelle qui carbure au LSD. Le vieux pervers en profitera pour flirter avec une petite jeune qui l’excitera au point de lui faire oublier sa prescription de viagra. Cette scène est anthologique et je vous conseille fortement de vous la taper en extrait à la fin de la chronique.
Un autre des fameux cadeaux est une table holographique. La même qui sert au jeu d’échecs en 3D dans l’ Episode IV. Cependant, cette fois, cette table sert à faire apparaître la troupe de danseurs la plus douteuse de l’histoire, plumes aux fesses incluses.

Après ça, les gars de la parade gaie peuvent bien aller se rhabiller!
Méfiez-vous de la cuisinière qui enseigne à Mala comment faire son souper, car malgré ses manières frivoles et son goût certain pour la bonne bouffe, il s’agit du premier spécimen de travelo intergalactique connu!
La compagnie Apple n’a qu’à bien se tenir car il est désormais prouvé qu’ils ont copié le concept des publicités de iPod dans le clip de Jefferson Starship. Ça sent la poursuite…

Notez la forme phallique du micro. Ce band est définitivement très louche.
Une des scènes les plus troublantes se trouve à la toute fin... Afin d'aller chanter leur chanson ennuyeuse dans un nouveau décor, les producteurs ont choisi la transition la plus logique possible... Tout le monde MARCHE DANS L’ESPACE vêtu de toges rouges vers une explosion de lumière blanche. Faut le voir pour le croire et c’est à se demander si Raël n’est pas derrière tout ça.
La séquence titre du dessin animé ressemble à une pub épileptique pour manga. Encore une fois, c’est à n’y rien comprendre.
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Les producteurs ont eu la bonne idée d’inclure des bouts de scènes d’Episode IV coupées au montage et jamais vues auparavant. Ces éléments sont des indispensables pour les fans finis. |
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Éventuellement, le Special se termine. |
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Après la grande finale remplie d’amour et de quétainitude, on nous ressasse des passages de l’Episode IV en stock shot. Vraiment, mais vraiment cheap. |
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On croit que c’est enfin terminé après le power-montage de stock shots, mais à la place on retrouve nos wookies autours de leur table démontrant leur bonheur d’être enfin réunis pendant tente longues secondes supplémentaires. En plus d’être inutile, cette deuxième finale échoue lamentablement sa mission de nous faire croire que ces personnages étaient attachants. |
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Trop long pour maintenir l’intérêt avec ses numéros musicaux mous et ses trois tonnes de nouveaux persos bidons, le Special a quand même le mérite de contenir quelques éléments intéressants pour le fan hardcore qui désire vraiment tout connaître. Cependant, ces éléments sont trop rares pour soutenir un rythme inexistant et des acteurs obligés d’y être par contrat.
Si vous êtes comme moi un fan intense qui croit que le Holiday Special sera la pierre angulaire de sa collection, inutile de débourser une fortune sur eBay pour vous en acheter une copie, vous risquez seulement de regretter chacune de vos cennes et de passer pour un crétin congénital parmi vos amis.
Quand même George Lucas, l’homme qui nous a donné l’Episode I, affirme : « Si j’avais du temps et une masse, je détruirais toutes les copies existantes de ce désastre. », c’est qu’il n’y a plus rien à sauver…
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Résumé: Le Kama-Sutra spatial pour les nuls: édition gériatrique.

Commentaires
Cacamou
04 Mars 2010, 16:17
Il y eu aussi des téléfilms de Star Wars avec des ewoks et une tite-fille
perdue sur la planète qui trouve un vieux câliss et un zoune poilu qui
court vite.
qkceitrcyt
07 Jan. 2010, 06:53
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