Critiques




   SANTO IN 'THE TREASURE OF DRACULA'


   24 JUILLET 1969


   RENE CARDONA


   SANTO, ALBERTO ROJAS


    1H21


   SANTO ET LE TRÉSOR DE DRACULA


   SANTO EN EL TESORO DE DRACULA


    SANTO/HORREUR/LUTTE





 

 

 







Comme cette critique constitue la première entrée de Santo sur Cinémarde, une petite introduction sur le genre (et sur le personnage) s'impose.

El Santo (le saint) est le pseudonyme d'un lutteur mexicain né en 1917. En 1942, il entre dans une équipe de lutteurs qui requiert le port d'un masque argent et le choix d'un nom entre "le diable", "l'ange" ou "le saint". Dès lors, en optant pour "le saint", Santo a forgé sa personnalité sur le ring comme étant l'ultime détenteur du bien, et est devenu, au cours des années 50, un personnage plus grand que nature en entretenant des rivalités sur le ring qui ont décuplé sa cote de popularité.

Puis, avec une série de bandes-dessinées ainsi qu'avec son avènement sur le grand écran, Santo est devenu un personnage du folklore mexicain hissé au stade de légende, jouissant d'un statut jusqu'ici quasi inégalé dans son pays d'origine. Il jouera, à partir de 1958, dans une cinquantaine de productions cinématographiques où il affrontera tour à tour Frankestein, la momie, Dracula, le loup-garou, des agents secrets et des criminels de tout acabit. Lutteur, policier, défenseur du bien et des moins bien nantis, scientifique de renommée mondiale, Santo multipliera les rôles dans des films pourtant naïfs mais toujours porteurs de la même éthique.

C'est ainsi que l'iconique homme masqué a laissé son héritage cinématographique, composé de films burlesques mais attachants, dont celui-ci, ponctué de voyages dans le temps et d'apparitions de chauve-souris en caoutchouc!





Santo: Sympathique scientifique à la fine pointe de la technologie qui met au point une machine à voyager dans le temps. Malheureusement, personne ne veut croire en son potentiel, car ils ont le caprice d'obtenir une preuve que celle-ci fonctionne! Pourtant, il y a une spirale qui tourne et des émissions de fumée, comment pourrait-il y avoir anguille sous roche?


Perico: Trouillard maigrichon qui fait vraiment contraste avec Santo, ressemblant davantage à un Trekkie qu'à un physicien travaillant sur le nucléaire. C'est par lui que sont insérés les moments "comiques" du film, qui tombent tous sans exception à plat.


Dr. Sepulveda: Homme de laboratoire vieillissant qui prête ses installations et sa fille à Santo afin qu'il expérimente à sa guise sur les vortex temporels, probablement par peur de se faire faire un marteau-pilon au travers d'un ordinateur.

Luisa: Fétichiste vampirique par excellence, Luisa accepte de se faire distiller les cellules afin de se rendre dans une vie antérieure, où elle portera le très tendance "collier de gousses d'ail".


Comte Dracula: Le comte Alucard (très subtilement Dracula à l'envers...) s'immisce avec subtilité dans la maisonnée afin de sucer le sang des jeunes filles. Il laisse des marques manifestement faites au crayon et s'envole avec la grâce d'une marionnette tendue au bout d'un fil par la main d'un parkinson sévère.


Homme masqué: Avec sa cagoule en tissu étrange qui lui donne une tête de cône, l'homme masqué est un maître du crime bien énigmatique. Seulement dommage que son rejeton, qu'il appelle "mon fils" en public, ne soit pas également caché, car ça cultiverait le mystère un peu plus efficacement...






Bienvenue chez Santo, un lutteur masqué 24h sur 24 (on le voit d'ailleurs toujours masqué au beau milieu de la nuit avec sa robe de chambre carrotée) qui cumule les fonctions d'héros national, de robin des bois des temps modernes et de scientifique! Il met ici au point une machine qui permet d'aller vivre une de nos vies dans le passé dans un laboratoire parsemé d'antennes et de grosses consoles à boutons et leviers qui doivent sembler "futuristes".

Devant l'absence de volontaires, ce sera une femme qui décidera de faire le grand voyage. Malheureusement, elle choisit bien mal l'époque et l'endroit et se retrouve au prise avec Dracula lui-même. Deux docteurs d'époque tenteront d'élucider le mystère (en regardant les marques avec une loupe, comme si ça allait changer quoi que ce soit...) et parviendront à la tanière du seigneur des ténèbres afin d'enfoncer des pieux dans le coeur de ses esclaves.

Pendant ce temps, Santo et ses amis voient tout de ce voyage dans le passé... à travers une télévision! Eh oui, le tout est retransmis dans un écran à boutons, avec des angles de caméra et tout, comme si un être invisible suivait Luisa dans tous ses déplacements! Complètement ridicule, mais définitivement hilarant.

Enfin, toujours est-il qu'ils découvrent à travers cela que Dracula a un énorme trésor qui ne peut être découvert qu'en déchiffrant sa bague et son médaillon. Santo profite de l'occasion pour proposer qu'ils le rapatrient afin de distribuer l'argent aux familles pauvres.

Le tout ne sera évidemment pas facile, puisque en plus d'avoir le comte Alucard dans les jambes, nos héros auront maille à partir avec des criminels au code d'éthique surprenant qui voudront leur part du butin.

Comment régler le tout? Eh bien de la manière la plus civilisée qui existe: un match de lutte!






  • Le club de la physique nucléaire du Mexique ne contient que sept membres, dont l'un est un nerd à grosses lunettes qui préférerait lire des bandes-dessinées Archie plutôt que d'assister aux réunions.

  • Annoncer d'emblée la réussite de la construction d'une machine à voyager dans le temps ne provoquera aucune surprise dans votre auditoire, surtout si vous êtes un lutteur masqué.

  • Les atomes de femme se décomposent quatre fois mieux que ceux des hommes.

  • Les invités qui arrivent à un endroit pour la première fois connaissent instinctivement les lieux et peuvent guider les ménagères qui travaillent là depuis des années à emprunter le bon couloir.

  • L'hypnose s'accompagne d'effets sonores agressants.

  • Étrangement, les miroirs reflètent tout, sauf ce qui n'est pas dans le bon angle pour être reflété.

  • Lorsqu’un homme agresse une femme, il n’a qu’à lui dire de se la fermer pour qu’elle cesse de crier et se laisse attaquer en silence.

  • Le bégaiement est contagieux.

  • Personne n’huile les gonds des portes des endroits lugubres.

  • Les policier vident leurs armes à tirer dans les airs pour calmer les ardeurs des criminels, sans se soucier du potentiel danger de ne plus avoir de balles si ceux-ci sont armés…





  • Constatez tout le raffinement de l'humour mexicain lorsque Perico avale un sifflet et se met à sibiler comme un imbécile en essayant de parler... Hohoho, que c'est drôle, sa voix siffle, je n'en peux plus, arrêtez de me torturer avec cet humour incisif!

  • Soyez témoins d'un combat de lutte à stipulation libre alors que Santo affronte divers malfrats dans une crypte et leur sert un éventail de prises molles sur terre battue! En plus de les humilier physiquement, il salit leurs costards, ce saligaud!

  • Voyez la plus horrible des machines temporelles en pleine action: un tapis roulant d'exercice menant à une spirale à qui on donnera l'illusion de tourner en faisant virevolter la caméra elle-même, et bien sûr, l'indispensable brume épaisse, viendront ceinturer une pauvre femme en proie à des effets spéciaux virulents!


  • Assistez à une scène finale magistrale avec le vampire qui déclenche un filet en faisant claquer son bâton, ce qui prend au piège Santo, Sepulveda et Perico, qui semblent complètement ineptes à simplement passer le filet par-dessus leurs têtes pour se déprendre... Ensuite, la stratégie de Santo sera d'attendre que le soleil se pointe et d'appeler un commando dynamiteur de toit avec sa montre!





  • Ce qui aide réellement l'univers de Santo à prendre son effet est son ambiance sympathique un peu ridicule qui charme le cinéphile et qui aide même les plus abominables longueurs à bien se passer, car un lutteur masqué est présent à l'écran, quoi qu'il arrive. Peu de trucs font réellement du sens dans le scénario, mais on embarque et on passe un petit moment agréable!

    Dracula est totalement divertissant, que ce soit lorsqu'il se crispe exagérément pour faire peur et qu'il amplifie son jeu sans bon sens ou bien lors de ses transformations absurdes en chauve-souris s'agitant frénétiquement au bout de son fil.

    Évidemment, comme tout film se voulant sérieux et qui a des moyens limités, le rythme est plutôt lent, et même lorsque ça décolle, ça reste assez mitigé du côté de l'action. Le ridicule du film en est un qui se joue bien au-delà des scènes explicitement drôles, donc plutôt globalement, sans grosses tapes sur les cuisses.

    La première partie sans Santo est un peu plus pénible que le reste, car elle se joue en typique film de vampire vieillot mal foutu.

    Ce film manque cruellement de segments de lutte contre des vampires! Les options les plus stupides sont rapidement écartées, à notre grand désarroi.

    Un film certes oubliable, souvent lent et monotone, mais qui contient plusieurs éléments déconcertants capables d'accrocher les fans les plus chevronnés! Pas nécessairement une perle dans la collection de Santo, mais pas une des pires entrées non plus. Quelques moments de génie, un déroulement somme toute passable, mais tout de même une expérience plus amusante que pénible!





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Les voûtes de grottes explosent toujours au mauvais moment.




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