
Les récits de l’écrivain américain H.P. Lovecraft possèdent une aura à ce point insaisissable que les adapter au grand écran fut de tout temps un tour de force... d’ailleurs trop demandant pour la plupart des réalisateurs. Mais Stuart Gordon est aux adaptations lovecraftiennes ce que Michael Jackson est aux accusations de pédophilie: il n’en rate pas une. Collaborant ici pour la première fois avec son acolyte Brian Yuzna, le désormais mythique duo nous livre avec style et humour la première transposition pleinement réussie d’un conte de Lovecraft au cinéma (il y a bien eu quelques essais potables dans les années 70, mais aucun n’arrive vraiment à la cheville de Re-Animator).

Herbert West: Jeune scientifique à l’avenir prometteur, Herbert West disjoncte lorsqu’il met au point une solution permettant de ranimer les morts. Lorsqu’une de ses expériences tourne mal, il se voit forcé de fuir le pays et d’interrompre ses recherches… pour mieux les poursuivre ailleurs.
Daniel Cain: Autre jeune médecin à l’avenir prometteur (puisqu’ils se doivent de tous l’être), Daniel Cain accepte Herbert West comme colocataire et, après l’avoir surpris en train de se livrer à des expériences douteuses sur son chat, risque sa carrière, sa vie et la vie de ses proches pour aider West dans ses sinistres recherches. Il s’applique cependant à répéter incessamment que « ça doit cesser », tout en continuant à se faire manipuler sans peine pour que ça ne cesse jamais.
Megan Halsey: Fiancée de Daniel Cain et fille du doyen de la faculté de médecine où ce dernier et West étudient, Megan Halsey est spécialiste dans trois domaines majeurs : être là quand il ne faut pas, ne rien comprendre à rien et avoir les seins à l’air. Sa relation avec Daniel ne semble apporter que malheur et complications au pauvre futur médecin.
Dr. Carl Hill: Professeur réputé de l’Université de Miskatonic, le docteur Hill éprouve un amour obsessionnel pour Megan Halsey, fille de son grand ami le doyen. Plagiat éhonté, il abhorre West et tente malhonnêtement de lui subtiliser le fruit de ses recherches.
La meilleure façon de cacher son amour pervers et interdit pour une demoiselle est de la courtiser langoureusement devant son père et de laisser traîner sa collection de mèches de cheveux dans les tiroirs de son cabinet de travail.
Les Etats-Unis sont la terre d’accueil par excellence des scientifiques névrosés ayant été surpris à injecter une substance douteuse dans le cadavre de leur professeur. La prison n’est évidemment pas considérée et aucune question n’est posée aux douanes.
Il est de première importance d’inspecter les organes génitaux d’un mort avant de le ramener à la vie. Il ne faudrait quand même pas qu’il se réveille castré, de quoi le mettre encore plus en colère!
Les chats meurent régulièrement de s’être coincé la tête dans un pot.
Attention aux intestins, ils sont méchants quand ils sont pas de bonne humeur.
Oui, ce boyau gargantuesque est un intestin.
Pour qu’une tête puisse survivre séparée de son corps, il suffit de lancer du sang à sa base. Le cœur est un organe tout à fait inutile.
Le Dr. Hill, décapité puis ramené à la vie, s’infiltre dans la morgue de l’hôpital avec sa tête dans une valise. Le garde se laisse facilement duper par l’espèce de tête en papier mâchée avec des yeux peints à la « botch » qui sert de nouvelle caboche au docteur, puis ne se demande pas pourquoi la voix de ce dernier est étrangement étouffée.
Ce même garde, employé modèle s’il en est un, en plein milieu de son quart de travail, se retire pour aller se crosser en laissant l’endroit sans surveillance.
Après avoir kidnappé et attaché Megan Halsey, dans une scène désormais culte, la tête coupée du Dr. Hill tente de faire un cunnilingus à sa pauvre captive. Oui oui, une tête coupée qui fait un cunnilingus.
Remarquez le mamelon habilement censuré par une tache blanche.
À la fin du sanglant échauffourée contre les zombies aux cerveaux lavés du Dr. Hill, Herbert West subit l’attaque brutale d’intestins visiblement irrités.
West ré-anime le cadavre du « stunt double » de Arnold Schwarzenegger qui se met à courir tout nu partout en émettant des bruits voisins d’un porc qui se fait égorger. Je sais pas pourquoi, mais le fait que ce soit le « stunt double » d’Arnold rend le tout plutôt hilarant.
|
Tous les ingrédients du bon vieux film de genre sont au rendez-vous, avec de surcroît un scénario solide et original. Mention spéciale au talentueux Jeffrey Combs qui fait un Herbert West complètement cinglé, mais ô combien attachant.
|
|
Définitivement un incontournable de l’horreur de série B.
|

Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.
Résumé: Ne regardez pas de plus près les cadavres qui palpitent...

Commentaires
Despote
09 Avr. 2007, 01:27
Ce film fait sans conteste mon top 5, tous genres confondus, et ce n'est
pas peu dire. Il y a un peu de tout ce que j'aime: un scénario à la fois
ridicule et solide, des personnages irréels mais bien rendus, une ligne
scénaristique qui reste en ligne droite et qui va à son but malgré les
cabotinnages qui viennent entraver sa route.
Bref, tout simplement excellent!
Bloodyroots
07 Avr. 2007, 13:47
C'est vraiment sans conteste mon film préféré. Il y a juste trop de trucs
hot dedans, la tête coupée qui parle, west qui teste son sérum sur à peu
près nimporte qui au passage et l'autre docteur totalement névrosé qui agit
comme une marionnette dont on peut tirer les fils sans remord.
Il faut vraiment voir ce film, cest tout bonnement génial!
Chuck-Y
05 Avr. 2007, 18:46
Vraiment écoeurante ta critique! Je me suis plié en deux à plusieurs
endroits. Surtout pour le cascadeur d'arnold et la tête à la botch! c'est
tellement vrai en plus...
|