Alors que la période juvénile de Troma est à son comble, la compagnie produit Poultrygeist: Night of the chicken dead, un film de comédie musicale bien trash prenant place dans un contexte de restauration rapide. Ironiquement, le film lui-même a des allures de fast-food cinématographique, avec ses numéros musicaux ennuyants, ses personnages superflus et son unidimensionnalité crasse.
Heureusement, le film viendra tout de même satisfaire le besoin grandissant de sang, de merde et d'humour de bas étage que tout fan contemporain de Troma redemande avec de plus en plus d'insistance.

Arbie: Jeune homme excentrique qui décidera de se chercher du travail au restaurant de Denny afin de se venger de son ex-copine nouvellement lesbienne qui proteste contre le meurtre de jeunes poulets innocents.
Wendy: L'ex copine en question, dont le rôle assez minimaliste consiste à jouer toutes ses scènes exagérément et à montrer ses seins au public le plus souvent possible.
Denny: Gérant de la nouvelle succursale de poulet frit qui semble un peu trop intense pour son emploi, privilégiant le service rapide au détriment de l'hygiène et de la salubrité de l'endroit. Pour lui, des oeufs étranges qui palpitent dans des boîtes, des morceaux humains mélangés à la mixture visqueuse du burger au ragoût et des murs tapissés de sang ne constituent pas des raisons suffisantes pour cesser la production.
General Lee Roy: Gros albinos fétichiste des couches qui sert d'équivalent au colonel Sanders pour la chaîne de restauration ACB. Sans scrupules, il ira même jusqu'à camoufler la mort de quelques employés pour éviter d'alerter la presse sur le problème de possession du cimetière indien. Les choses vont cependant aller trop loin lorsqu'il mangera un morceau de poulet parsemé de pustules qui le transformera éventuellement en oeuf géant (ainsi qu'en gigantesque poulet).
Humus: C'est sous une scintillante burka rouge que se cache Humus, une femme arabe en
costume de bain qui menace à tout moment de se faire sauter. Travaillant également dans le nouveau American Chicken Bunker, elle sera aux premières loges pour assister à l'invasion des poulets. Grâce à sa force spirituelle, galvanisée par le pouvoir libérateur d'Allah, elle aidera nos héros à se tirer d'affaires en ingérant des stéroïdes à bétail et en se ressuscitant.
Paco Bell/Burger parlant: Employé mexicain modèle allant même jusqu'à rajouter sa sauce spéciale au poulet, Paco Bell finit malheureusement broyé au fond d'un pulvérisateur à viande et termine sa course entre deux tranches de pain! Malgré qu'il soit sérieusement blessé, il est toujours vivant et semble détenir la clé de l'infestation de volaille. Il sera cependant dévoré avant d'avoir livré ses secrets...
Vieux Arbie: Personnage inutile servant à illustrer dans un long et pénible numéro de comédie musicale ce qu'attend Arbie s'il reste travailler chez American Chicken Bunker. Il vient également gâcher tout notre plaisir en exterminant les zombis poulets d'une seule (mais interminable) salve de mitraillette. Bref, c'est un enfoiré.
Un nouveau American Chicken Bunker ouvre ses portes un beau matin devant une
horde de manifestants extrémistes de gauche. En plus de protester contre les méthodes d'abattage et le cannibalisme outrancier des clients, ceux-ci condamnent la violation de propriété à l'endroit d'un vieux cimetière indien passé au bulldozer, vestige d'une époque où nos compatriotes des premières nations ne passaient pas leur temps à boire outrageusement des bières sans taxes.
Ayant récemment découvert que son grand amour est devenu une lesbienne végétarienne faisant parti de ce regroupement, Arbie, notre héros, décide donc de s'engager comme caissière en jupon chez ACB afin de faire affront à ce nouveau mode de vie. Il ne sait malheureusement pas dans quoi il s'embarque...
Rapidement, les oeufs de poulet seront possédés par les esprits errants du cimetière et seront ingérés par quelques clients stupides, qui se transformeront ensuite en poulets zombis, capable d'infecter les autres et surtout de découper les récalcitrants en rondelles pour les offrir à la masse grouillante de monstres-poulets qui parsèmera bientôt l'espace du restaurant!
Les scènes gore hilarantes et les segments de comédie musicale lamentables se succèderont à bon rythme pour nous amener au final aux tréfonds d'une bouillie de n'importe-quoi très inégale mettant en relief les moeurs des poulets géants, des femmes arabes à la force herculéenne et des porte-paroles vedettes de Subway qui sont boulimiques des intestins...
Il suffit de donner un burger gratuit à un client qui a trouvé un pénis coupé dans sa nourriture pour étouffer ses plaintes potentielles.
L'anus contient des muqueuses qui neutralisent la décomposition, ce qui en fait donc un endroit idéal pour entreposer un doigt de cadavre que l'on voudrait conserver pour usages ultérieurs.
Mourir d'un saignement de nez est possible même s'il s'écoule moins d'hémoglobine que durant une prise de sang de routine.
Pour faire taire les critiques à propos du déplacement d'un cimetière pour permettre l'implantation d'un commerce à sa place, rien de mieux que de jeter les dépouilles dans le container durant la première journée...
Les prophètes de malheur hystériques ont un appétit comme tout le monde.
Le poulet frit est composé presque exclusivement de parties non comestibles, notamment de pattes et de têtes, qui ajoutent leur croustillant naturel à la préparation.

Un film récent de Troma n'est pas complet sans une présence scatologique remarquée! C'est ce qui nous procure le personnage de Jared, joué par le lard légendaire Joe Fleishaker, qui est victime d'une indigestion magistrale durant laquelle il se vide carrément comme s'il était rempli d'excréments. Il ressort de la toilette maigre comme un clou, après être incompréhensiblement sorti de ses propres entrailles.
La plupart des scènes impliquant Carl Jr., un raciste adepte de bestialité, sont poussées à l'extrême. C'est lorsqu'il décide de faire l'amour à un poulet que les choses s'enveniment vraiment une fois pour toutes et que le jus rouge et vert vient éclabousser murs et plancher dans une longue scène juteuse mémorable, qui se terminera par l'enfoncement d'une vadrouille dans le rectum et une transformation en vilain poulet.
Vous ne savez pas quels plans machiavéliques peuvent bien mijoter ces oeufs sournois... Vont-ils vous pousser sur le torse et vous forcer à nourrir des oisillons-mamelons par vomissements successifs? Attendront-ils votre visite dans les toilettes pour sortir sournoisement des profondeurs et fondre sur vous dans une attaque inopinée?
N'oublions pas non plus quelques gags de dialogue bien réussis, surtout de la part de l'acteur principal, même si on pousse le bouchon un peu loin vers la fin.
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Les effets sanglants, les mutations et les zombifications subites sont pratiquement tous d'excellente facture! Du beau travail a été fait dans le département des effets spéciaux pour les prothèses latex, les marionnettes et le maquillage, donnant un résultat certes exagéré et ultimement "cheesy", mais également agréable à regarder à l'écran. Un bon dosage entre le drôle et le bien réalisé.
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Le concept (je parle ici des poulets revenant à la vie) est bien pensé et surtout bien exploité. De plus, le jeu de quelques-uns des acteurs semble beaucoup moins atroce que dans certaines autres productions récentes.
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Malheureusement, le film est aussi très bien nanti au niveau des bémols. Les parties de comédie musicales sont toutes sans exception longues et pénibles à l'excès. Il n'y a rien de drôle qui soit émis, aucune situation qui pourrait provoquer le sourire, ni même de bonne chorégraphie ou une modulation intéressante du côté du chant. Ce n'est qu'un échec à tous les points de vues, et ça vient briser les reins au film, casser son rythme. On en vient presque à paranoïer et à redouter à tous moments qu'une nouvelle chanson ne se mette en branle et vienne nous ennuyer à nouveau pour de longues minutes. Quelle idée stupide!
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Quelques situations s'éternisent, et certains personnages ne sont également qu'un ramassis de platitudes! C'est le cas de la manifestation qui traîne en longueur et des personnages du vieux Arbie et du général qui n'amènent pas d'amusement et qui ne font que réduire la qualité du visionnement à chacune de leurs présences.
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Les exagérations pourraient inconvenir à plusieurs spectateurs, tant au niveau de l'humour pipi-caca, de la nudité (ça peut être bien d'en mettre, mais à un certain moment, ça ne fait que prendre de la bobine au détriment de l'histoire, des scènes sanglantes ou bien punchées) et du jeu d'acteur inégal (Wendy l'héroïne est particulièrement atroce en voulant être drôle avec ses moulinets de bras pour amplifier ses fuites).
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Les fans déjà établis de Troma seront un peu déçus mais tout de même ravis de voir un parcours trash et ridicule de qualité avec un humour dosé à travers une foule de poulets géants qui font du fast-food humain, mais certains autres peu familiers ou déjà froids aux oeuvres de Kaufman ne seront guère impressionnés. La comédie musicale n'en sera que plus douloureuse et leur donnera probablement l'envie de se pendre sur le champ.
Tout de même, chaque présence de volaille morte-vivante vaut le coup d'oeil, qu'on haïsse ou qu'on aime...
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Résumé: À venir.

Commentaires
Despote
19 Jui. 2007, 17:34
Le film n'est pas sorti en DVD. C'était la première Canadienne, au festival
Fantasia, dans une pseudo salle de cinéma avec projection sur grand écran.
Et oui, Ron joue dans ce film, dans un petit rôle comparable à plusieurs
autres qu'il a déjà tenu avec Troma, notamment dans Toxic Avenger IV et
Terror Firmer.
Cappie
19 Jui. 2007, 10:04
Selon imdb, Ron Jeremy joue dans ce film.
Pat
19 Jui. 2007, 07:17
ah bon, c'est déjà sorti? good^^ va falloir que tu drop chez nous ASAP pour
qu'on se tape ça mec^^
le dernier troma... oooh boy ça promet^^
Johnny Jazz
17 Jui. 2007, 22:28
Pareillement, j'ai apprecié le visionnement, mais comme tu le dit, les
chansons sont vraiment redondantes et ennuyantes. Kaufman se donnent un
rôle inutile et trop important pour son talent. Il à du vouloir se sentir
important.
Séb
17 Jui. 2007, 22:15
Ben d'accord. Ben, ben d'accord.
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