Dario Argento est considéré par plusieurs comme l’un des pères de l’horreur moderne, pilier du cinéma giallo italien et incontournable absolu en matière de film de terreur en tous genres. Son statut de réalisateur culte ne fait toutefois pas l’unanimité. Cinéaste de films respectables comme Profondo Rosso (Deep Red) et The Stendhal Syndrome, il a également commis les pitoyables Phantom of the Opera et Card Player. Certains de ses classiques, comme Tenebre et Suspiria, demeurent sujets de controverse : certains les encensent, d’autres ne peuvent comprendre en quoi réside leur intérêt. Opera fait partie de cette dernière catégorie. Vous en entendrez beaucoup de bien, vous en lirez d’élogieuses critiques, mais pourtant, lorsque vous aurez terminé de le visionner, vous vous surprendrez à essayer de trouver quelque magouille pour vous faire rembourser le coût de votre location. Après tout, Argento lui-même a qualifié son travail sur Opera d’« expérience fort déplaisante »… Certainement pas aussi déplaisante que de le regarder.

Betty: Jeune nymphette à l’avenir prometteur, Betty est engagée pour reprendre le rôle de Lady MacBeth laissé vacant lorsque la star de la pièce est frappée par une voiture.
Constamment poursuivie par le meurtrier, elle fait preuve d’une époustouflante lenteur à assimiler la notion de danger, et malgré les attaques répétées du psychopathe, s’entête à s’enfermer seule dans des pièces sans surveillance. Bref, une héroïne stupide comme on les aime.
Marco: Metteur en scène de la pièce, il semble avoir également réalisé plusieurs films d’horreur et se fait un honneur de réconforter Betty en la caressant subtilement et en lui parlant de cul lorsqu’elle vient d’être témoin d’un meurtre.
Inspecteur Alan Santini : Policier et tueur sadique qui se fait un plaisir de forcer Betty à regarder les meurtres de ses proches en lui attachant des aiguilles sous les paupières.

Les corbeaux: Meute de corbeaux lancés sur les comédiens lorsqu’ils jouent dans le but de créer une ambiance artistique fuckée. Ils en ont personnellement contre le meurtrier après que celui-ci ait effrontément assassiné trois d’entre eux. J’en connais un qui est dans la marde.
Gars: Un gars dans l’assistance sur lequel on insiste plusieurs fois mais qui n’intervient à aucun moment dans l’histoire. Ah bon!
Lorsqu'une chanteuse d’opéra célèbre est malencontreusement heurtée par une voiture, le metteur en scène d’une production du MacBeth de Verdi décide d’engager en remplacement une parfaite inconnue. Celle-ci, convaincue que l’illustre pièce de Shakespeare porte malchance, est d’abord réticente à accepter le rôle, mais après s’être fait rassurer par les murmures et les caresses douteuses du metteur en scène, décide finalement d’aller de l’avant. Malheureusement pour elle, aussitôt sa première soirée terminée, un psychopathe auquel elle rêve depuis son enfance semble être sorti de ses cauchemars et s’amuse à assassiner son entourage en la forçant à contempler ses actes.
’écoutant que son prodigieux sang froid, la jeune diva continue tout de même ses représentations. Elle ne va quand même pas se laisser intimider par quelques gorges tranchées, tout de même. Dans un interminable et répétitif ramassis de scènes fadasses, des meurtres ont lieu, toujours de la même façon, avec la même foutue chanson agaçante de power metal pour agrémenter le tout. On découvre finalement, ô surprise, que le policier responsable de l’enquête (qui n’a pas lieu, mais ça, personne ne s’en rend compte...) est en fait le meurtrier! Après s’être rassis sur notre chaise, on peut assister avec ravissement à un dénouement bâclé digne de... de... de pas grand-chose finalement. Ça vous semble plat et décousu? C’est que vous avez tout pigé!
Alors que son petit ami vient de se faire brutalement assassiner sous ses yeux, Betty s’échappe, est retrouvée au coin d’une rue par son metteur en scène qui passait par-là en voiture et, sans scrupule ou égard particulier pour son copain mort, se met à parler de cul sous les regards impudiques du conducteur. Appeler la police, c’est pour les tapettes!
Plus tard, de nouveau témoin d’un meurtre sanglant, Betty décide d’en venir aux grands moyens : elle retourne chez elle, s’enferme dans sa chambre et, sans hésiter un instant, se met une cassette de relaxation. Tu l’avais pas vue venir celle-là, hein mon vieux malade? On ne la fait pas à Betty. Mets ça dans ta pipe.
Lorsque le meurtrier se fait publiquement arracher un œil par les corbeaux en furie, personne ne considère la possibilité qu’il soit tout de même vivant, et on commence à se donner des belles tapes dans le dos en se félicitant de s’être débarrassé de lui. Or, consternation, il n’est pas mort, enlève Betty, l’emmène dans une chambre et la force à lui tirer une balle dans la tête alors qu’il s’auto-immole!
Quand on croyait que le facteur « What the fuck!? » avait atteint son apogée, on est surpris par une finale des plus grandioses. Quelques semaines plus tard, Betty et Marco se trouvent maintenant dans une maison de campagne pour s’y reposer. Tandis que Betty gambade dans le pré, Marco est surpris par une terrible annonce à la télévision : le meurtrier n’est pas mort. Les autorités ont découvert que ce qu’on a d’abord pris pour son cadavre était en fait un pantin que l’habile tueur avait lancé dans le feu avant de disparaître magiquement! Quel renversement!
Le psychopathe, qui attendait sans doute caché dans un mur que la nouvelle soit diffusée, sort soudainement de nulle part et il n’est pas content. Marco passe alors sa tête par la fenêtre et hurle : « Attention Betty, il n’est pas mort! ET IL EST ICI! ». S’ensuit une poursuite dans les prés et une bagarre entre Marco et le meurtrier, qui se termine lorsqu’une troupe de policiers allemands débarquent avec des chiens et attrapent le tueur! Le film se conclut sur un touchant monologue de Betty qui clame son amour pour la faune et la flore.
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Les mouvements de caméra sont très habiles et certains plans sont magnifiques.
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Le scénario est pauvre et décousu, bourré de trous et d’invraisemblances insoutenables.
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La trame sonore power metal gâche le peu de plaisir que l’on pouvait tirer des scènes de meurtres.
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Voici le responsable de la bande sonore du film lors de l'éclatement de ses tympans.
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Le jeu des acteurs est d’une médiocrité sans nom, rehaussée par un doublage sans émotion et visiblement fait à la sauvette.
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Qu’Opera soit considéré par certains comme un classique me laisse sans voix. Cet inqualifiable navet ressemble davantage à un suicide artistique qu’à quoi que ce soit d’autre. Il semblerait d’ailleurs marquer le déclin d’Argento. À fuir absolument, même si vous êtes à la recherche d’un mauvais film qui vous fera rire. Celui-ci vous donnera plutôt envie de pleurer.
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Résumé: Ouch.

Commentaires
Despote
09 Nov. 2007, 02:53
Je crois qu'il m'a confondu avec toi!
Pour ce qui est de la critique, c'est dommage, mais elle est si efficace
qu'elle m'a convaincu d'éviter ce film comme la peste. Il est fort probable
que j'aille jusqu'à éviter du regard et tenter d'oublier l'existence
d'Opera chaque fois que je croiserai le boîtier.
Merci donc pour ce sacrifice altruiste, Bloom.
Leo Bloom
02 Jui. 2007, 10:39
On se connaît?
Pat
01 Jui. 2007, 16:32
donne envie de pleurer??? oooh boy ça sent le 24 heures ça mec :P
en passant, shootes-moi un mail avec tes dispos, ça fait un bout qu'on a
rien fait mesemble
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