Quatrième film de Clive Barker (Hellraiser), ce Nightbreed représente le plus cuisant échec commercial du fameux auteur. L'histoire douteuse, combinée à certains effets spéciaux dérisoires et à une trame narrative si éclatée qu'on a peine à en retrouver les morceaux, a contribué à amener ce projet plein de potentiel à un statut officiel de "bas de gamme". Pour plusieurs, cet opus n'est qu'une bouillie infâme qui refuse de prendre forme.
Par contre, pour d'autres, c'est un chef d'oeuvre. Sont-ils toqués? Probablement.

Aaron Boone: Dur au coeur tendre habillé d'une camisole blanche et d'un manteau de cuir qui rêve chaque nuit à des démons en latex. Suite à sa rencontre avec son psychiatre, il s'interrogera inlassablement à savoir s'il est le meurtrier qui a massacré 15 familles en banlieue. Entre vous et moi, c'est quand même pas quelque chose qu'on oublie comme un trousseau de clés dans une craque de divan, mais lui semble vraiment incapable de déterminer s'il est un psychopathe ou pas.
Lori: Copine fidèle de Boone qui continuera à l'aimer malgré qu'il se soit réincarné en monstre après sa mort. Elle ira même jusqu'à le poursuivre dans un labyrinthe souterrain infesté de créatures immondes à un certain moment, mais refusera toutefois de lui faire une fellation. Il y a quand même une limite à tout.

Decker: Psychiatre fou (eh oui...) qui a une irrépressible envie de tuer. Il aura même un masque de meutrier personnifié construit avec l'entrejambe d'une paire de jeans.
Narcisse: Démon recrue des Nightbreed qui semble le seul à avoir l'intelligence de penser à survivre.
Peloquin: Créature rouge avec des "dreads" de tentacules derrière la tête qui mordra Boone à Midian. Il est à l'origine de l'intégration de ce dernier avec les Nightbreed.
Les Nightbreed: Peuplade d'abominations de la nature qui réside dans un repaire creusé sous le cimetière de Midian. Malgré leur aspect horrifiant et hostile, ils se révèleront comme incroyablement moumounes lorsque attaqués par les humains.

Chez cette vieille dame, il n'y a pas seulement les seins qui pendouillent avec l'âge... La tête aussi!
Aaron Boone n'a pas de chance dans la vie. En plus de subir les affres de la nuit avec des cauchemars incessants à propos de monstres étranges, il tombe sur un bien mauvais psychiatre qui utilise ces rêves comme modèle pour commettre des meurtres! Le tout retombe évidement sur le dos de Boone, qui est accusé sans preuves et flingué par des policiers qui le croyaient armé.
Boone découvrira cependant que la mort n'est qu'une renaissance. Il rejoindra les rangs des Nightbreed, le peuple de ses rêves, qui habite les catacombes de Midian. Seulement, le psychiatre Decker ne peut pas laisser celui sur qui il a mis le blâme de ses meurtres aller et venir en "vie". Apeuré à l'idée d'être découvert, il parvient à convaincre les policiers et une bande de fermiers armés jusqu'aux dents d'attaquer ces ignobles Nightbreed. Le tout se conclura par un affrontement sanglant ponctué d'explosions, de gaz fumigènes, de femme porc-épic et de tentacules arrache-yeux.
Rêver à des gens qui revêtent des costumes de monstre en caouthouc et qui sont à la poursuite d'un grillage est fréquent chez certains individus.
Il arrive qu'un obèse en vienne à vouer un véritable culte à sa graisse, vantant les vertus de sa confortabilité.
Notre gorge contient trois balles qui roulent sur le sol en laissant des sillons rouges lorsque nous sommes assassinés d'un coup de couteau dans le cou.
La meilleure manière de convaincre quelqu'un de nous guider vers un quelconque endroit est de s'arracher la peau du visage.

Voilà comment agiront les enfants-roi plus tard dans leur vie.
Les gens naturels sont de la viande.
Si vous voulez être jugés par les dieux, foutez-vous la main dans l'eau bouillante.
Les chiens apeurés émettent des bruits d'oiseau de proie.
Restez complètement muets devant la laideur grotesque du Nightbreed à face de croissant de lune. Non mais, un véritable toboggan à liliputiens!
Soyez stupéfaits devant une séance de violence gratuite contre un pauvre animal empaillé, alors que Decker veut impressionner son ennemi en décapitant le loup-bibelot prenant place sur un bureau! Voilà qui suffira à metre en colère tous les cinéphiles taxidermistes.
Assistez à des leçons musicales à partir de tam-tams muraux en pierre. Fascinant à quel point une personne qui fait à peine 200lbs peut faire vibrer la croûte terrestre en appliquant la paume de ses mains sur un rocher.
Découvrez toute la beauté de l'illogisme: des créatures nommées "Berserker", incontrôlables, indomptables, infatiguables, perméables à toutes stratégies, qui sont cependant enfermées dans des cages. Attendez. Parce que si ces choses sont parfaites et intuables, comment se fait-il qu'on les ait capturées et maîtrisées au départ, avant de les relâcher?
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Le maquillage et les prothèses latex, bien qu'inégales en qualité, sont souvent de très bonne facture, surtout dans le village souterrain. Nous pouvons voir de nombreuses créatures originales et bien modelées, ce qui agrémente la visite et intensifie l'effet freakshow.
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Le rythme du film est excellent. On s'ennuie rarement, les choses s'enchaînent sans cesse, sans trop de répétition. Peut-être que ça s'enchaîne un peu trop, justement.
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Il y a une multitude de trucs qu'on ne comprend pas. Boone est Nightbreed car il a une morsure, mais pourquoi Narcisse, qui n'est pas mordu, en devient un? Et comment est arrivé le premier de cette race (Baphomet)? D'autre part, quelles sont les motivations de ce foutu psychiatre haineux, et pour quelle raison est-il aussi porté sur le meurtre? Pourquoi n'explique t-on jamais rien? Pourquoi y a t-il autant d'élipses? Pourquoi ai-je acheté ce film?
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Certains effets spéciaux et masques de monstres sont totalement ratés!
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L'histoire est vraiment trop éclatée. Un slasher avec le psychiatre, un film d'horreur avec Boone, un drame métaphorique sur l'ostracisation, la ghettoisation, la peur de l'autre et la haine inconsciente avec les Nightbreed... Bref, un peu trop chargé, avec des liens mal tissés, ce qui fait que la mixture se digère mal.
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Malgré une faiblesse scénaristique évidente, le film est suffisamment habile pour nous captiver. De plus, le temps passe très rapidement pendant le visionnement. Un divertissement facile, mais qui manque franchement d'éclat.
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Résumé: Viser avec un bazooka: une tâche ardue.

Commentaires
LiE
15 Déc. 2008, 22:19
Moi aussi j'aime beaucoup ce film! Je crois qu'il aurait au moins mérité un
caca typique! Pfff!
BrYaN
14 Avr. 2007, 08:17
Ce que j'aime pas de Nightbreed, c'est que le rassemblement de monstres me
fait penser à un gros party d'Halloween.
Et des bouts tu te demandes si tu es dans Hellraiser ou dans Labyrinthe
avec Jennifer Connely et David Bowie.
Elfie
13 Avr. 2007, 08:21
Heille!
Ris pas de mon film!
J'avoue que j'ai pas vu ça en 2007, mais au cinéma lors de sa sortie.
C'est peut-être plus impressionnant sur le gran écran et ok, je sais, je
suis vendue à Clive Barker. Peut-être que ça a mal vieilli. J'avoue que
la fin m'avait complètement déçu n'étant même pas la fin que Clive Barker
nous raconte dans son roman. Lisez le livre c'est vraiment mieux. Clive
Barker n'est pas différent de Stephen King, leurs histoires vivent mieux
sur papier que sur pellicule.
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