Critiques




   MASTERS OF THE UNIVERSE


   7 AOÛT 1987


   GARY GODDARD


   DOLPH LUNDGREN, COURTENEY COX,
   FRANK LANGELLA


    1H46


   MAÎTRES DE L'UNIVERS


    SCI-FI/FANTASTIQUE/ENFANTS





 

 

 







Le projet Masters of the universe est né d'une ligne de jouets (de figurines, pour être plus précis) de la compagnie Mattel dont chaque personnage était accompagné d'une petite bande-dessinée pour expliquer ses origines. Le produit a littéralement fait fureur et est rapidement devenu une BD régulière chez DC Comics, puis un projet de série animée, toujours au cours des années 80.

Avec cette progression de popularité fulgurante, il était logique de toujours voir une étape au-dessus, et c'est ainsi que dès 1987, une traduction de l'univers de Masters of the universe était proposée pour le grand écran. Malheureusement, la compagnie de production qui a acquis les droits était loin de pouvoir investir le budget nécessaire à la réussite et aussi loin de posséder le talent pour tourner le manque d'argent en ingéniosité...

Le résultat? Une bouillie exécrable mettant en vedette Dolph Lundgren et souhaitant séduire les enfants avec des personnages grotesques, des stormtroopers débiles et une grosse mascotte rousse appartenant probablement à David Bowie dans Labyrinth! Bref, de l'excellent matériel...





He-Man: Gros paquet de muscles huilé au sourire béat qui a l'audace de se battre à l'épée contre des gardes armés de pistolets laser. Il est l'incarnation ultime du bien et semble attiré vers les jeunes filles, alors qu'il tient à constamment presser la figure de la jeune héroïne du film contre ses abdos suintants sans qu'elle n'ait réellement l'air d'avoir besoin d'être réconfortée.


Skeletor: Vilain incroyablement diabolique qui cabotine allègrement sous son masque de latex mal chié (on voit clairement la démarcation des yeux...) et qui s'amuse comme un petit fou à faire résonner son grand bâton sur le parquet.


J'ose tout, je suis Skeletor!

Gwildor: Nabot échevelé qui a comme boulot d'inventer des trucs (c'est commun, ne vous en faites pas). Il met au point un instrument de musique qui téléporte en deux exemplaires, dont l'un servira à contre-carrer les plans des méchants qui ont dérobé l'autre pour s'introduire dans le château de CrâneGris. Bref, tout est de sa faute, il mériterait bien d'être pendu par les pieds et brûlé avec des cigarettes!


Duncan et Teela: Deux acolytes de Musclor (He-Man) qui ne servent à rien sinon à faire jaillir du laser dans tous les sens.


Les humains: Deux adolescents énervants qui viennent gâcher l'histoire de la transposer en autre "influence des humains sur des personnages fantastiques qui vont aider la spectateur à s'identifier aux personnages". Y'en a marre.


Evil-Lyn: Femme au teint blême et probablement hémophile qui a des yeux particulièrement écoeurants. Elle vit une idylle avec Skeletor, ce qui n'empêche pas ce dernier de l'envoyer à mort et de lui vociférer des insultes sans raison apparente. C'est comme ça qu'on traite les femmes, à Eternia.


Mercenaires: Un homme lézard, un Yéti, un gladiateur avec une patch de pirate en métal et un monstre perruqué style renaissance forment une escouade aussi hétéroclite que ridicule qui va à la poursuite de He-Man et de la clé cosmique sur la terre. Ils ne parviendront cependant qu'à tuer un minable concierge et à foutre le feu à des instruments de musique.


La sorcière: Femme supposément puissante qui passe tout le film coincée dans un champ d'énergie à rider de plus en plus. Sa crinière de cristal reste toutefois bien énigmatique.






Rien ne va plus dans le fantastique monde d'Eternia. Le château Grayskull est maintenant assiégé par l'armée de Skeletor, qui possède également les deux épées de pouvoir. Il ne lui reste plus qu'à attendre la lune pour accéder à la source ultime et devenir maître de l'univers!

Heureusement, quelques héros plus ou moins habiles tentent par tous les moyens de l'empêcher d'accéder à cet état. He-Man, qui en veut personnellement à Skeletor, trouvera sur son chemin Gwildor, qui l'informe sur le moyen qu'a pris son ennemi juré pour pénétrer à Grayskull: une clé cosmique, qui se joue comme un instrument de musique. Car l'univers tient complètement sur la musique (la galaxie du silence étant donc un sale outrage!).

C'est ainsi qu'He-Man parvient à accéder à la salle du trône de Skeletor, où il est cependant vaincu. Devant retraiter en vitesse, Gwildor compose des coordonnées au hasard sur son instrument, ce qui les fait atterrir sur Terre!

Ce sera donc avec l'aide des terriens (et plus précisément de deux enfants stupides) que notre bande tentera d'empêcher l'inévitable. Et puis, comme dans tout bon film pour enfants qui se respecte, les gentils vont l'emporter... Pour voir ensuite Skeletor sortir son visage affreux d'une flaque d'eau et lancer un "Je reviendrai" diabolique à peine copié sur la menace du Terminator de Cameron...

Fait particulièrement hilarant, le film ayant financièrement foiré, le script pour le deuxième ne fut jamais mené jusqu'à sa consécration, mais changea quelque peu pour se transformer en un autre film... Cyborg, avec Jean-Claude Van Damme!





  • Ne vous bouchez jamais les deux narines en vous mouchant, car un torrent de mucus s'expulsera violemment de vos oreilles.

  • Les accidents d'avion, ce sont des choses qui arrivent.

  • Les micro-ondes brouillent les fréquences radio.

  • Il est possible de rire de bon coeur d'un nain qui tombe face première dans un lac alors qu'il reste 24 heures avant le jugement dernier et que nous avons la vie de chaque être vivant entre nos mains.

  • Les gentils utilisent des pistolets à laser bleu, et les méchants à laser rouge.

  • La musique de synthétiseur ouvre des portails dimensionnels.

  • Les coordonnées entrées au hasard dans un système de transport intergalactique mènent invariablement sur terre.

  • Il est possible de gruger de la viande sur un bâton et de s'étonner que ce soit un os.





  • Composer une scène de torture futuriste est d'une difficulté sans précédent, puisque nous ne pouvons quand même pas nous servir d'une simpliste cravache ou d'un fouet en cuir démodé. Non, ces choses sont d'un temps révolu!... Euréka! Utilisons un fouet... un fouet LASER.


    *Bzzzz* *Ke-tish* *Bzzzz*

  • La confrontation finale entre Skeletor et He-Man a de quoi nous faire rouler sur le sol, pas seulement pour le cri "I have the power" de notre pauvre Lundgren dont les lèvres ne concordent pas avec le son (il maîtrisait encore bien mal l'anglais à l'époque), mais surtout pour le sublime accoutrement du seigneur des ténèbres! Ce n'est plus un sombre individu à la Darth Vader, mais plutôt une mascotte de char allégorique de la parade gai d'Hawaï!


    Dale a tu cuerpo alegria Macarena, Hey Macarena!

  • Craignez le courroux de Skeletor! N'importe qui pouvant faire une annonce machiavélique en se projetant en hologramme hideux en plein milieu d'un terrain vague sans réel passants est à prendre au sérieux!

  • Gwildor, l'élément humoristique du film relégué au rôle de bouffon pour enfants nous amène à nous interroger à de nombreuses reprises... Que ce soit lorsqu'il parle le langage vache avec un bovin qui n'en a visiblement rien à foutre, quand il joue à se déguiser avec un chapeau de plumes et des lunettes de zèbres alors que sa bande est poursuivie par de dangereux mercenaires ou même lorsqu'il pense à dérober du poulet frit avant de sauver l'univers, ses scènes sont toujours d'un discutable légendaire!





  • Même si l'ambiance de science-fiction garrochée est une coche en bas de Krull ou Flash Gordon, on sent très bien l'amateurisme, les décors rapiécés à la dernière minute et les costumes assemblés à prix modiques. Le tout est évidemment bien sympathique aux yeux de quiconque aime le kitsch.

    Les effets spéciaux à la limite du supportable, le jeu très "bon enfant" de Dolph Lundgren qui n'a pas vraiment l'air de comprendre ce qu'il fait là-dedans et le peu de cohérence avec les réelles histoires de Masters of the universe font de ce film un candidat de choix au niveau des adaptations foireuses!

    Le fait que le film soit détourné très rapidement vers la Terre est très décevant. Tout ce qu'on en tire, c'est des longueurs et des personnages dont l'on se sacre complètement. Probablement changée faute de budget, c'est ici que la formule achoppe, car il aurait été immensément préférable de garder le tout dans le monde d'Eternia et d'enchaîner les décors surréalistes pour émerveiller le cinéphile.

    En terme de films pour enfants, j'ai déjà vu une meilleure cohérence! C'est tellement n'importe quoi et peu structuré que le bambin moyen s'y perd facilement, tandis que les adultes sont simplement déconcertés tout en étant très peu divertis. Bref, ça cible du néant, et ça atteint pas mal du néant également...

    Un film raté sous plusieurs plans qui a un énorme potentiel pour devenir une bombe du film mauvais mais qui rate également cette cible là en stagnant dans des décors terriens et en oubliant de continuer à surprendre le cinéphile avec de nouveaux éléments tout au long du film. Le tout devient rapidement ennuyant et donc dispensable. Pour amateurs de Dolph huilé seulement!





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Voici comment téléporter une moitié de voiture et un mur de briques dans un monde peuplé de semi stormtroopers.




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