Critiques




   MARS MEN


   1976


   CHENG HUN MING


  - GLI UOMINI DI MARTE (ITALIE)
  - LES HOMMES D'UNE AUTRE PLANÈTE (FRANCE)


    1H24


   MONSTRES GÉANTS/SCI-FI



 

 

 







Mars, cette belle inconnue, fascine l'homme depuis le début de l'aventure spatiale. Sa proximité avec la terre, la présence d'eau gelée et les conditions de son atmosphère ont amené de nombreux individus à spéculer sur les diverses formes de vie qui pourraient s'y trouver. Certains ont même cru que cette planète pouvait abriter une race de bipèdes supra intelligents au crâne bombé qui viendraient quelquefois sur terre pour faire des lignes dans les champs de maïs (et pour jouer dans Indiana Jones 4).

Mais vous et moi savons en tant que logiques hommes modernes que ces croyances sont farfelues et infantiles. Car tout le monde sait maintenant que Mars n'est pas habitée par cette risible race extraterrestre mais qu'elle constitue plutôt le repaire maudit d'un homme géant à la crinière chevaline armé d'un oeil abdominal qui lance des lasers magentas.


Ce vil Martien de trente étages de haut attendrait, tapis entre deux montagnes immenses et subtiles, que le moment soit parfait pour lancer son attaque sur les pauvres Terriens asiatiques que nous sommes.





La statue du temple: Découverte dans des catacombes situées entre deux fondations de bloc-appartement, la statue devient la meilleure défense des humains contre l'envahisseur. Elle se défend avec un gigantesque parchemin en caoutchouc dur et s'envole avec toute la grâce qu'un fil de pêche peut donner.


Jumborg Ace: Pilote de vieil avion des années soixante complètement sorti de nul part qui arrive en plein milieu du film et se transforme en robot géant en exécutant un mirifique 360 devant un décor en tourbillon animé.


Le roi Martien: Le souverain de la planète rouge semble déterminé à détruire la terre pour se venger de tous ceux qui ont osé rire de sa coiffure hippie! Possédant un arsenal de haute technologie et maîtrisant la magie noire martienne, notre loufoque personnage au masque de carton débarque sur nos terres en interrompant nos programmes de télévision et faisant écumer quelques passants épileptiques pour une seule raison: retrouver la pierre qui pourra activer le rayon de la mort Martien, qui servira ensuite à faire exploser la Terre d'un seul tir!


Après Jean-qui-rit et Jean-qui-pleure, voici Jean-qui-a-pris-un-cap-d'acide

L'acolyte robotique: Sous-fifre lopette toujours à se faire malmener par l'ennemi qui se retrouve plus souvent qu'autrement à se cacher dans les jupes de tonton maître Martien. Il perd tous ses combats, s'exprime avec une voix nasillarde et bat sans cesse en retraite. Bref, c'est un plouc.


Il est tellement minable que sa seule photo potable est celle où il reçoit un coup de parchemin en pleine tronche

Le pilote: Casqué d'un somptueux couvre-chef où figurent notamment l'embout rond d'un combiné de téléphone peinturé d'un fini doré cheap et une "vitre" en plastique manifestement non-étanche, le pilote humain sert surtout d'investigateur pour la première portion du film, où il remplit le mandat de personnage pseudo principal ennuyant qui nous empêche de voir les monstres géants.



Ling: Petit morveux un tantinet trop curieux qui n'a jamais été éduqué sur les trois dangers récurrents qui guettent les enfants: les étrangers en imperméable qui distribuent des bonbons empoisonnés, les automobilistes qui aplatissent tout piéton qui ne regarde pas des deux côtés avant de traverser et les grottes secrètes habitées par une pierre hypnotique hautement radioactive.



Le grand-père: Fumeur de pipe invétéré qui passe ses après-midis à fantasmer devant de vieux films romantiques en italien. Il finit mort à l'hôpital, irradié jusqu'à l'os par un objet que son petit fils avait ramené de la grotte. Ça lui apprendra à ne pas le surveiller lorsqu'il joue dehors.


Les dinosaures: Quels beaux spécimens préhistoriques! Assurément fidèles à ce que les dinosaures ont vraiment été à une certaine époque (c'est à dire en caoutchouc, grotesquement malhabiles et capables d'user de prises de soumission au besoin sur les adversaires trop coriaces), ces animaux à la gueule légendaire (dignes de vieux costumes de mascotte défraîchis sortis d'un hangar d'une fête de mardi gras) n'en finissent plus de beugler et de se jeter à qui mieux-mieux dans le décor!








Par un beau matin relativement nuageux (enfin, si l'on en croit la toile de fond en carton), une soucoupe volante en plastique survole la ville dans une courte séquence ponctuée d'effets spéciaux en dessins animés. Instantanément, la terreur s'empare de la population. Un simple cycliste traumatisé chute hors de son bolide et se met à faire des faces convulsées, avant de se mettre à quatre pattes et tenter de détaler dans une marre de boue. Les gens courent, sans raison. Le vaisseau passe et ne tire sur personne, en plus d'être toujours présenté dans la même séquence qu'au début à chacune de ses apparitions. Malgré tout, les habitants n'y voient que du feu. Une femme brise son talon, un vieux sénile se fait transporter par ses proches et les femmes et les enfants pleurent en position foetale, espérant que cela constitue une forteresse de chair suffisamment puissante pour repousser les éclats de pierre, les briques, les bâtiments effondrés et les lasers à 2000 degrés.


Avoir su, j'aurais pris un taxi...

Pendant ce temps, la NASA chinoise tente de trouver des moyens pour empêcher toute attaque éventuelle. Lors d'une réunion politique et scientifique à ce sujet, le Martien apparaît entouré de nuages épais et d'une ribambelle d'épouvantails hostiles (???) pour annoncer qu'il s'attaquera à la Terre de manière immédiate, envoyant du même coup un puissant tremblement de terre et des attaques de laser géant qui font exploser une kyrielle d'immeubles en papier.

Un citoyen en particulier connaît beaucoup de difficulté lors de ces attaques. Dans un premier temps, il reçoit divers décombres sur la tête et le corps mais continue d'avancer sans broncher, le visage défiguré par la peur. Plus tard, nous le revoyons, assommé par terre, couvert de suie, à recevoir des briques, des gravats avec le même air désespéré. Et comme si ce n'était pas assez, il est toujours là lors d'une troisième attaque, où il finit enseveli sous une pile de poutres et de planches de bois, le visage tuméfié et manifestement dans le coma. C'est pas sa journée.


En voilà un qui y pensera deux fois avant de ressortir de chez lui!

Voyant que les choses deviennent hors de contrôle, les hommes politiques se retirent du dossier et laissent la situation entre les mains d'individus beaucoup plus qualifiés: un robot géant et une figurine de statue en pierre qui fonctionne avec deux batteries AA. Les deux sortiront avec fulgurance dans l'espace afin d'empêcher les Martiens de réutiliser leur laser géant!


S'en suit alors la dernière demi-heure du film, qui rachète toutes les longueurs que l'on a pu subir jusque là. Boules de lumière, dessins animés, lasers fous, prises de lutte interminables, mitrailles luminescentes, batailles d'épées et de parchemins, les monstres géants s'en donnent à coeur joie pour notre plus grand régal!






  • Il est tout à fait convenable pour un joueur de baseball de deuxième but d'intégrer des notions de lutte greco-romaine à son arsenal afin de contrecarrer les coureurs.

  • L'élite scientifique d'orient se résume à deux chinois consanguins enfermés dans une pièce remplie à ras-bord de magnétos.

  • Il est possible d'avoir l'air crédible tout en portant un suit one-piece en satin doré, à condition que ce soit dans un laboratoire sous-terrain ne lésinant pas sur les artifices futuristes en plastique.

  • Le premier réflexe de tout pêcheur encore sur les quais devant l'apparition d'une soucoupe volante est de se jeter à l'eau et de nager peureusement en surface à la manière d'un petit chien.

  • La radioactivité plonge instantanément tous ceux qui y sont exposés dans un profond coma durant lequel la peau bleuit jusqu'à ce que mort s'en suive.

  • Il n'y a rien d'anormal à voir un vaisseau transporter plusieurs individus qui font environs vingt fois la taille dudit vaisseau.

  • Les machines qui font un "bip, bip, bip, bip" strident et continuel se taisent stratégiquement lorsque les personnages du film veulent se parler.

  • Les ballons égarés tombent inévitablement dans des tunnels secrets menant à un temple enfoui où personne n'a mis les pieds depuis 3000 ans.

  • La population chinoise se met instinctivement à faire mine de souffrir devant des lignes de feu ou des écrans de fumée dès qu'une attaque de monstre survient, ne prenant pas le temps de vérifier s'il y a eu des explosions ou des effondrements.

  • Certaines attaques au laser sont si imprévisibles qu'elles causent des effets secondaires s'apparentant à une surdose de lumière de Noël ou à l'explosion d'un light-brite court-circuité.


    Then I get night fever, night feveeeeeer!!! We know how to do it!




  • Assistez à une invasion de monstres géants venus d'ailleurs qui se mettent dès leur arrivée à rouer un immeuble de coups de canne en bois (géante) pour effrayer la populace, en plus de pousser l'audace jusqu'à tenter de piétiner ce qui semble être des containers miniatures en plastique qui ne font que rouler sous le pied sans s'aplatir (c'est du plastique dur quand même...). Au plus fort de leur folie meurtrière, ils déracinent un arbre sans raison, en le brandissant avec rage jusqu'à ce que les branches et la terre tombent. L'effet est cependant un peu cassé par le fait que c'est manifestement une plante.

  • Émerveillez-vous devant la splendeur d'une attaque de paille laser (vous avez bien lus; de la paille laser) venant du ciel qui se transforme en sorte de paille/guirlande qui ligote le pauvre Jumpborg en un tournemain. Tout en exécutant cette prodigieuse magie, notre Martien s'amuse comme un petit fou à pousser des "mouhahaha" sans arrêt tout en exécutant une vingtaine de mouvements de bassin déchaînés. En voilà un qui a trop syntonisé Josée Lavigueur avec son satellite espion.

  • Tombez en pâmoison devant la beauté divine de deux dinosaures sortis des abîmes qui peinent à se déplacer avec leurs costumes en caoutchouc épais, puis écoutez la merveilleuse mélodie de leurs borborygmes affreux s'apparentant à des ronflements d'éléphants nauséeux. Voyez-les ensuite émettre de la vapeur (damné sois-tu, mortel poison!) sur Jumpborg qui se prend frénétiquement la gorge, en typique victime de la condensation d'eau.


    Je suis invincible! Personne ne peut me vaincre, si ce n'est que déshumidificateurman!

  • Frôlez l'anévrisme en voyant se succéder les prises de lutte style WWF entre le Martien et Jumpborg, qui finissent par mener à une série de backflips pour ce dernier pendant que l'autre le mitraille de feux d'artifices en débile, faisant exploser les collines environnantes. Pourquoi simplement courir quand on peut exécuter moult acrobaties qui finiront par nous faire perdre l'équilibre et rouler sur le sol sous la pétarade?

  • Restez menottés sur votre siège devant l'implacable technique d'emprisonnement martienne qui consiste à invoquer un beigne rouge animé qui prend par surprise en volant par-dessus la tête de la proie et en venant ensuite lui lier les bras au corps.


    Non!, non!, lâchez-moi, j'exige un procès!





  • Les monstres géants sont d'un ridicule rarement atteint en terme de costumes et de concepts! Une statue géante qui se bat avec un parchemin? Un roi Martien qui multiplie les attaques de lasers animés, attaques qui ne sont jamais pareilles d'une fois à l'autre, changeant sans cesse de forme et de couleur de laser? D'où est-ce que ça peut bien sortir? Et que dire des dinosaures et de leur mort en fast-forward psychotique, qui se font transpercer par le parchemin et finissent en amas de caoutchouc fumant... Du grand art!

    Pour rester dans le même créneau, les attaques sont toujours très variées et surprenantes. Il est rare de voir la même magie débile deux fois, ce qui aide à garder l'intérêt.

    L'aspect très infantile du film l'aide à sombrer un peu plus bas dans le cabotinage. Les moments où les géants gentils regardent la caméra en pointant un méchant qui a mal pour qu'on glousse avec lui, où la musique tonitruante et joyeuse accompagne une scène qui bénéficierait de musique dramatique (quand des humains se crashent sur Mars et finissent abominablement brûlés par exemple) et la fin stupide avec les géants qui se font des tatas devant le mauvais décor étoilé nous découragent autant qu'ils nous font rire.

    Cela prend beaucoup de temps avant d'arriver aux confrontations hilarantes entre les bêtes venues d'ailleurs. Il aurait été bien d'ajouter au moins une autre attaque physique des Martiens pour ajouter un peu d'action aux premières cinquante minutes.

    Justement, tout ce qui concerne les investigations des humains est un peu ennuyant, surtout qu'ils sont présumés morts mais qu'on ne revient jamais sur eux, comme si c'était... tiens tiens, un film 2 en 1.

    Malgré les parties qui s'étirent, les aspect crétin sont d'une si grande qualité que de passer à côté de ce divertissement serait honteux. Dans le pire des cas, abusez de l'avance rapide sur votre télécommande, vous ne le regretterez pas!





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Ne provoquez pas une statue avec un humour enfantin!




    Commentaires

    Séb
    12 Août 2008, 22:53
    Puis c'est bien mieux qu'Independence Day.
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