J’ai déniché ce film sur eBay, car il est à peu près introuvable ailleurs. Il n’est jamais sorti en DVD (hormis quelques éditions étrangères douteuses et illégales), jamais sorti au cinéma, bref, pour plusieurs personnes, il n’est tout simplement jamais sorti.
Pourtant, il fait partie de la « vague H.P. Lovecraft », dont l’essor s’étend plus ou moins de la fin des années 80 jusqu’au milieu des années 90, alors que moult réalisateurs s’adonnaient à l’adaptation libre d’un conte de l’illustre maître de l’horreur. Il aurait donc dû, comme ses compatriotes Re-Animator, From Beyond, The Unnamable, Castle Freak et cie, avoir droit à un traitement un peu plus prestigieux.
Or, il n’en est rien. Lurking Fear est probablement la moins connue de toutes les adaptations lovecraftiennes. Le boîtier, présentant une vieille maison de laquelle s’éloignent des tunnels, au bout de l’un desquels on aperçoit une créature mi-humaine mi-zombie qui nous foudroie du regard, a tout pour plaire. Qu’en est-il du film lui-même?

Bennett: Gangster à la virilité discutable dont le seul but est de parler avec un accent britannique en donnant des ordres à des gens qui pourraient lui briser aisément tous les membres du corps. D’une intelligence incomparable, il prend soin d’attacher solidement quiconque pourrait stopper la montée des étranges créatures cannibales, en déclarant constamment qu’il « ne veut que son argent », alors que personne ne sait de quoi il parle.
John Martense: « Bad boy » au cœur tendre et au visage mal rasé. Fils d’un gangster réputé et ennemi de Bennett, il excelle dans l’art de pousser des one-liners pseudo-intelligents à des créatures qui savent à peine articuler une phrase et qui visiblement se contrefoutent de son verbe poétique. Seul à connaître l’emplacement exact de l’argent de Bennett, il continue pourtant de glander et de mettre en péril la vie de tout le monde.
Cathryn Farrell: Intello coincée au début du film, elle devient, suite à l’assassinat de sa sœur par l’une des créatures, une experte en explosif et en kung-fu qui se promène en habit noir moulant et qui n’a comme unique dessein que de venger la mort de sa sœur bien-aimée.

Doctor Haggis: Joué par nul autre que le talentueux Jeffrey Combs, Dr. Haggis fume une cigarette par minute, au travers de sa grosse barbe. Acolyte de Cathryn Farrell, il prouve son indiscutable efficacité en se soûlant la face alors que des créatures mangeuses d’hommes tentent de s’infiltrer dans la bâtisse et qu’une clique de gangsters menace tout le monde avec des mitrailleuses.
Father Poole: Vieux prêtre sec qui s’entête à tout relier à la religion et à prier inutilement au lieu de bouger son gros cul.
Mrs. Marlowe: Spécialiste du judo, elle épaule Bennett dans sa quête pour le trésor caché par le père de John Martense. Elle est aussi connue pour se battre dans la boue avec Cathryn en lançant des one-liners à connotations sexuelles.
Créature: Membre quelconque de la famille Martense, il s’est, pour une raison qui demeure inexpliquée, transformé en clone de Jim Corcoran et se cache sous la terre pour surgir quand survient un orage et manger les habitants du village. Il a aussi mystérieusement perdu l’usage de la parole.
Dans un village obscur dont tout le monde se câlice, des monstres cannibales se cachent dans le sol et sortent lors des nuits d’orage pour dévorer les habitants. Un docteur alcoolique, un mexicain low-profile et une enragée au décolleté plongeant entreprennent de mettre un terme à ce règne de terreur.

Se tromper dans les caculs de sortie: le cauchemar du creuseur de tunnel.
Leur plan est interrompu lorsqu’un ex-prisonnier au bon cœur, poursuivi par une bande de bandits multi-ethnique, débarque dans la place. À cause d’une vieille histoire d’argent caché quelque part dans le ventre d’un cadavre, enterré dans le cimetière de ce même bled inconnu, il met en danger la vie de tout le monde.
La meilleure manière d’assurer son respect et son autorité est de se promener le poignet cassé avec une boucle d’oreille de femme en criant aux oreilles de ses amis, respectivement un gros russe avec un huzzi et une judoka aux ongles acérés.
Il est préférable d’être dans un costume moulant et d’avoir la moitié des seins à l’air pour combattre une horde de monstres sanguinaires. Question de flexibilité.
Vivre sous terre donne une voix gutturale, enlève la capacité de faire des phrases complètes, engendre une inaltérable soif de sang, change les yeux en boules blanches proéminentes et donne droit de se promener nu sans aucune dignité. On conserve toutefois sa capacité à construire un réseau de tunnels complexe qui s’étend sous tout un village.
Tout le monde sait se battre, sans exceptions, sauf les femmes enceintes.
Les créatures cannibales aiment se regrouper autour d’un corps fraîchement capturé et respirer fort en bougeant bizarrement la tête avant de dévorer leur victime.

Des créatures aveugles qui éclairent leur tanière avec des chandelles... Hum...
Pouvoir arracher un coeur à main nue ne garantit pas la force nécessaire pour se défendre contre une femme armée d’un bâton.
Ça ne garantit pas non plus la force nécessaire pour arracher trois planches de bois retenues par des clous de trois centimètres de long.
Lorsque l’on entend un bruit, il est préférable de décharger son arme au complet dans une direction aléatoire pour s’assurer de sa propre sécurité.
Il n’y a pas de forces policières dans les villages aux États-Unis.
Alors que John Martense arrive en ville, il aperçoit au bord de la route une jeune fille défigurée (pour une raison complètement inexpliquée) et vêtue d’une robe noire, et poursuit son chemin sans rien faire de plus qu’être un peu surpris.
Après la mort de sa soeur, Cathryn Farrell, au lieu de tout simplement changer de ville comme une personne saine d’esprit, décide plutôt de jouer du fusil et de s’habiller sexy afin de combattre tout à fait inutilement les créatures mangeuses d’hommes, alors que la simple logique indiquait que les six habitants n’avaient qu’à déménager et laisser mourir de faim leurs tortionnaires.
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On parle tout de même d’une trame de fond lovecraftienne. L’histoire en soi est intéressante, mais le traitement qu’en a fait le réalisateur manque un peu de finesse. Toutefois, pour un film du genre, on a vu pire.
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Avec sa maigre durée de 76 minutes, on en vient rapidement aux faits et on ne trouve pas le temps de bâiller. À la limite, c’est peut-être trop court, mais le rythme est assurément fluide.
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Ce film est presque épuré de gore, à l’exception de quelques griffages de cou et d’un cœur arraché. Les amateurs de pur gore n’y trouveront pas leur compte.
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Malgré quelques coins coupés ronds et certains détails qui font sourire, Lurking Fear n’en demeure pas moins un divertissement honnête et une adaptation correcte d’H.P. Lovecraft. Vivement une sortie DVD pour ce titre qui se fait de plus en plus rarissime.
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Résumé: Jim Corcoran n'est jamais bien loin!

Commentaires
Séb
18 Avr. 2007, 23:52
Je me suis tapé ce film hier soir, qui m'a déçu par la molesse des efforts
déployés pour exploiter le concept pourtant riche en originalité et en
possibilités.
Bref, je ne savais pas qu'un vidéoclip pouvait être aussi long que celui-ci
de Jim Corcoran.
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