J'ai longtemps repoussé l'instant fatidique du visionnement de Krull. Ramassant la poussière dans les étagères, le disque laser s'est un jour retrouvé seul, m'acculant au pied du mur et m'obligeant à obtempérer à ses vains désirs d'être regardé! Paniqué devant l'implacable pochette ringarde maintes fois évitée, je suis allé jusqu'à tenter de me débarrasser du film, en le jetant carrément par la fenêtre, espérant qu'il se brise ou reste perdu à jamais.
Plus tard, à l'heure du lunch, j'entendis un carreau éclater. Enfer et damnation! C'était le film, qui, toujours dans l'impulsion de mon lancer hors de la maison, était revenu, tel un boomerang d'or risible (vous me voyiez venir). Découragé par la fatalité, je me suis décidé à me taper cet exécrable moment d'heroic-fantasy à saveur de Star Wars en puissance, car je ne suis pas de ceux qui résistent effrontément au destin.
En somme, malgré un budget en apparence considérable, ce film est un flop et a les allures d'un flop: histoire qui ne prend pas, personnages stupides, latex grotesque, imitations peu subtiles de d'autres films à succès et utilisation abusive de décors burlesques!

Colwyn: Héros candide et lanceur de boomerang émérite qui n'a aucun remord à sacrifier tous ses loyaux sujets pour se mettre avec trente kilogrammes de cheveux roux.
Ynyr: Vieux redneck moustachu qui se désiste à la bataille initiale pour pouvoir jouer un pseudo rôle de sage auprès de Colwyn. Lorsqu'on lui confie les sables de sa vie, il se mettra à courir comme un imbécile en échappant la précieuse matière partout plutôt que de la foutre dans ses poches ou d'en malléer une boule en équilibre sur sa gigantesque moustache. Tant pis.
Ergo: Soulagement comique du film dont la mission consiste à avoir une perruque laide et à se transformer en divers animaux amusants pour les enfants.
Torquil: Cyclope errant qui se pointe périodiquement pour projeter sa lance sur des ennemis, Torquil fait parti d'un peuple niais qui a troqué son deuxième oeil contre le privilège de voir (mentalement) sa mort en boucle. Conséquemment, il est rarement de bonne humeur.
Les brigands: Hommes de peu de scrupules qui se laissent attendrir en l'espace de deux minutes par un discours royal malhabile et qui décident de soumettre leur vie à une quête dénuée d'apport monétaire.
The Beast: Empereur intergalactique despotique, ce lézard géant aux membranes fripées a bien l'intention d'épouser une simple humaine (la femme de Colwyn), et ce, malgré le fait que son membre viril fort probablement palmé ait plus de chance d'écrabouiller cette dernière que de pénétrer dans son intimité charnelle.
Une prophétie bidon
comme on en voit que dans les pires contes romancés par Disney voudrait que le fils de Colwyn (prince d'un royaume où on s'engonce dans des habits de velours mauve et où on revêt des capes avec des studs) et de Lyssa devienne un jour le chef de la galaxie. Cela est cependant mis en danger par l'arrivée impromptue de créatures d'outre espace à bord d'une forteresse-vaisseau qui fait craquer la croûte terrestre lors de son atterrissage.
Un carnage s'organise rapidement entre l'armée des Slayers (à la solde de l'empereur de ladite forteresse-vaisseau) et les gardes-royaux, qui, pour une raison obscure, n'ont que des costumes à épaulettes et des casques de motocyclettes pour se défendre contre les épées laser et les fusils d'électricité de leurs ennemis. Il n'est donc pas surprenant de voir que les Slayers ont tôt fait de ruiner la cérémonie de mariage entre Colwyn et Lyssa malgré quelques tentatives des gentils pour les assommer en usant de stratagèmes style Tarzan avec une corde au plafond.
Nos tourtereaux ont tout juste le temps d'échanger leurs voeux de mariage et de porter du feu dans leur paume (scène appuyée par des effets spéciaux risibles) avant de se voir séparés, alors que la princesse est kidnappée et emportée dans l'antre du monstre!
C'est ainsi que commence la quête de Colwyn, qui doit traverser monts et vaux pour retrouver sa belle, ainsi que s'allier à quelques singuliers personnages (dont un misérable qui se sert de son pouvoir de téléportation pour voler des tartes).

Sa belle, qui a dû scalper vingt renards pour ériger sa chevelure
Colwyn devra traverser maintes épreuves (dont de grandes bastons en forêt avec des Slayers électriques qui sortent de sous l'eau, des sables mouvants, des couloirs lisses ornés de pois ou de rayures qui s'ouvrent et font tomber dans des toboggans, des endroits parsemés de pics en bois qui sortent des murs et des explosions inutiles en série lorsque le moment sera venu de clore le film) s'il entend triompher et ENFIN se servir de son maudit boomerang magique!
Les toiles d'araignées émettent des bruits de grelots lorsqu'elles tanguent.
Les sables mouvants sont en fait de l'eau avec deux pouces de cochonnerie par-dessus.
L'escouade du roi de la plus grande cité de la planète ne compte que vingt individus et tend à disparaître sans raison lors des missions dangereuses.
Il vaut la peine de sacrifier trois cents soldats pour escorter quelqu'un à son mariage.
Les blessures à l'épaule provoquent un évanouissement immédiat.
Vous savez que vous êtes vraiment vieux lorsque vous dites "J'ai déjà été jeune, tu sais?" et que votre interlocuteur semble sceptique.
S'enfoncer dans le sol et tenter de catapulter une lourde charge avec les bras sont deux actions qui sont difficilement viables lorsque exécutées au même moment.
Se tenir la tête en bas une heure ou deux favorise l'apprentissage des bonnes manières.
Les oies sont capables de tirer la langue, de lire, de parler et de se déplacer sous forme de comète.
Il vaut mieux étrenner désespérément un frêle arbuste de trente centimètres pour empêcher une chute plutôt que de se risquer du côté du tronc d'arbre enraciné.
Les émeraudes se transforment en pierre au contact de gens considérés comme malfaisants.
Émerveillez-vous devant un éventail d'épreuves qui imitent la légende d'Excalibur mais qui consistent cette fois-ci à mener le héros vers un boomerang en or tapis au fond d'une rivière de magma froid, à travers divers éboulis d'éclats de roche en styromousse.
Désespérez de voir la reine sortir du repaire maudit de la bête alors que deux murs mous de couleur rose se referment sur elle, dans un mouvement qui rappelle une paire de fesses qui se serre!
Restez stupéfaits devant la substitution du sage fétichiste des émeraudes contre un faux sage aux yeux noirs dont les ongles poussent continuellement et qui fond du visage, s'enfonce dans le sol et pousse un cri de sorcière en chaleur au moindre contact avec un objet coupant!
Découvrez que toute femme qui trucide son chérubin à la naissance devient LOGIQUEMENT prisonnière d'une boule de toile illuminée d'où elle tue les hommes en leur envoyant une grosse araignée de merde en stop-motion.
Sentez votre sang se glacer d'horreur devant une scène de transport à cheval horrible! Crispez-vous sur votre siège en voyant ces fidèles destriers aux ronds de poil proéminents autour des sabots produire du feu vraiment mal rajouté au montage, le tout devant un décor enchanteur créé par ordinateur qui reste fixe devant les chevaliers en mouvement! Et dire que tout ça sert à légitimer des chevaux spéciaux qui peuvent galoper à 1000 kilomètres à l'heure...
Saisissez toute la puissance des griffes animales, alors qu'un tigre est capable de scalper aisément un robot métallique!
Assistez à un combat psychotique entre Colwyn qui garroche du feu de sa main comme un lance-flammes et The Beast qui vomit ses boules d'électricité en criant interminablement!
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Les décors et la musique sont plutôt réussis et savent nous immerger dans le monde de Krull, malgré le malaise relatif entre le médiéval et le futurisme à lasers qui nous laisse assis entre deux chaises. |
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Les acteurs se débrouillent pas mal, si on considère l'effort qu'ils doivent faire pour ne pas s'écrouler sur le sol en se tortillant de rire devant le ridicule de ce qu'ils doivent proférer. À cet effet, les effets spéciaux d'un ringard rarement atteint pour un "blockbuster" ne peuvent que servir à un amusement supplémentaire!
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Avec l'ambition d'un Star Wars, Krull ne pouvait que se planter lamentablement, et c'est ce qu'il fait! Les personnages sont peu attachants, les situations souvent copiées de légendes déjà existantes, et l'histoire en général tellement mal tissée que nous pouvons aisément s'imaginer un scénariste en panne d'inspiration qui panique à l'idée de devoir rendre le tout dans une semaine même si c'est encore tout croche.
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Le déroulement du film est lent et inintéressant, ponctué de moments d'ennui total et de revirements dont le spectateur se balance. |
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Le méchant... Oh, le méchant... Nous sommes loin de viser Darth Vader ici! C'est plutôt un gros imbécile en costume de lézard projeté sur écran qui gesticule avec sa grosse voix et qui tente de mimer les situations de danger. Complètement raté! |
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Un film de fantasy pour enfants et jeunes de coeur à éviter, sauf si vous avez envie de faire le plein de kétaine et de voir à quoi ressemble un film à gros budget où la sauce ne prend pas une seule minute!
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Résumé: Le boomerang reste pris dans les airs, et tout le monde semble se demander ce qui se passe...

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