Critiques




   KILLER CONDOM


   2 AOÛT 1996


   MARTIN WALZ


   UDO SAMEL et PETER LOHMEYER...


    1H47


    KONDOM DES GRAUENS


    COMÉDIE/HORREUR





 

 

 







D'abord conçu en tant que bande dessinée, Killer Condom doit sa naissance cinématographique à l'industrie du film allemand ainsi qu'à la compagnie de distribution Troma qui s'en est porté acquéreuse au cours des années 90.

Pour le scénario, au-delà d'une certaine étrangeté typique du produit que nous offre l'entreprise new-yorkaise depuis ses débuts, Killer Condom parvient à tirer son épingle du jeu en emprutant la voie de la sobriété, chose qui est plutôt rare pour Troma qui nous a par le passé habitué à des productions sanglantes, immorales, parsemées de gratuitées au niveau de la nudité et de la violence (cela est probablement dû au fait que le film a été acheté, et non produit/réalisé par Troma!). Ici, la trame narrative, bien que perçue comme primaire à prime abord, se révèle comme étant plutôt solide, ce qui lui donne incidemment une bonne longueur d'avance sur le film "typique" bien trash de la compagnie.

Cela donne au final un film sur des condoms tueurs avec une ligne directrice bien définie, un certain sérieux et beaucoup d'homoérotisme. Croyez-moi, celui-là a fait plus de tournées dans les festivals de films gais que dans les festivals de films d'horreur!





Luigi Mackaroni: Inspecteur d'origine sicilienne qui ne cesse de monologuer intérieurement sur ses racines italiennes et sur sa vie à new-york tout en étant accompagné d'un petit crescendo de guitare typique de son pays.

Billy: Jeune prostitué épilé qui tombera amoureux de Luigi. Il voudra notamment lui apporter des fleurs et lui tenir la main, ne cessant de se confondre en coquetteries.


Babette: Gros "drag queen" sans aucun attribut féminin qui ne cesse d'harceler Luigi car il est convaincu que ce dernier l'adore et qu'il veut lui faire l'amour en fantasmant sur sa mère.

Sam: Probablement un des seuls hétérosexuels du film, Sam est le partenaire de Luigi. Il refusera de croire à l'invasion des Killer Condom malgré l'insistance de Mackaroni à ce sujet (insistance qui poussera ce dernier à se baisser les pantalons en hurlant et en pointant sa bourse meurtrie au beau milieu du commissariat, d'ailleurs).

Dr. Riffleson: Docteur en chef qui analysera la plupart des pénis blessés. L'histoire ne dit cependant pas si elle en gardera quelques-uns pour sa consommation personnelle.

Les condoms tueurs: Vous vouliez empêcher votre sperme d'inséminer votre amante? Hordes impies, vous méritez le châtiment corporel génital ultime!


Enfiler ça est presque aussi rassurant que de débloquer le broyeur à déchets avec notre pénis...



Un drame prend place dans l'insalubre hôtel Quickie: des hommes se font castrer par ce qui semble être un condom animal doté de dents tranchantes comme des rasoirs. La police classe vite l'affaire en accusant les prostituées d'être des mangeuses d'hommes (au sens littéral du terme). Heureusement, un inspecteur marginal décidera de lever le voile sur ce qui se trame vraiment.


Son nom est Luigi Mackaroni. Affublé d'un pardessus beige, de lunettes noires, d'une cigarette et d'une absence de sourire, il partira étancher sa soif de vengeance en découvrant le cerveau démoniaque qui se cache derrière l'attaque des condoms.

C'est qu'il est personnellement impliqué: un de ces monstres caoutchouteux lui a arraché sa testicule droite, qui était d'ailleurs sa préférée. À travers ses pérégrinations à travers des dédalles de ruelles crasseuses et des hôtels de passe, il sera confronté à des préservatifs qui dérobent les pénis à une vitesse fulgurante, ainsi qu'à une adepte du christianisme anti-homosexualité qui veut assurer la pureté humaine, allant même jusqu'à concocter un condom sur mesure à Mackaroni à travers le scientifique cinglé qui travaille à sa solde...

Luigi parviendra t-il à surmonter sa peur de l'eunuquation? L'humain sera t-il à jamais privé de ces petites membranes chéries qui l'empêchent de voir ses organes génitaux développer des croûtes verdâtres qui suppurent? C'est à voir.




  • Les scientifiques fous arborent une couronne de cheveux blancs ainsi qu'une barbe postiche en brousaille, en plus de gesticuler sans cesse tout en hurlant des mots scientifiques incompréhensibles d'une voix dérangée.

  • La réaction typique d'un homme qui voit un passage secret se refermer devant lui n'est pas de tenter de s'y engouffrer à la dernière minute ou d'observer l'origine du déclenchement du mécanisme mais plutôt d'extirper une arme à feu de sa poche et de tirer dessus à bout portant à plusieurs reprises.

  • Être nourri de gelée rouge est une récompense suffisante pour travailler sans salaire.

  • Non seulement le président des États-Unis parle t-il allemand, mais l'entière population de New-York s'exprime aussi dans la langue de Goethe! Un petit fantasme sur la victoire de l'armée nazie?

  • Se promener avec un morceau de tissu jaune dans les poches pourrait amener de gros monsieurs à vouloir vous uriner sur la jambe.

  • Les gens qui formulent des sermons sur l'égalité entre les hommes sont nimbés d'une lumière blanche éclatante.

  • Lors d'un interrogatoire policier, il est inutile de taper sur un suspect pour le faire craquer: il suffit qu'une grosse femme qui produit du vent lorsqu'elle grogne vienne s'exécuter pour qu'il déballe son sac.


  • Le jour où nous devions fumer pour avoir l'air "cool" est maintenant révolu. Il est désormais possible d'avoir le même panache que jadis en se baladant avec une cigarette éteinte dans la gueule. Avertissement cependant aux gens qui ont les glandes salivaires prolifiques: votre clope risque de devenir dangeureusement molle et de se désagréger dans votre bouche, ce qui n'est pas tellement agréable.

  • Court-circuiter des ascenseurs est un méfait qui mérite des applaudissements nourris.

  • Il est logique d'entendre rire d'une voix de dessin animé une créature créée à partir d'un croisement entre un pirahna et un lombric géant. Il est reconnu que les vers de terre et les poissons sont habituellement dotés d'un grand sens de l'humour.





  • Laissez vous surprendre par deux hommages maladroits, un allant à Psycho avec une tentative de poignardage dans une douche de la part d'un transgenre sexuellement frustré, et l'autre prenant la direction de Jaws, alors qu'un condom malicieux dresse un schème d'attaque navale et s'embarque à bord d'un canard de bain afin de prendre d'assaut un prétendant à la présidence États-Unienne.

  • Assistez à une prouesse peu commune alors que Mackaroni parvient à boire de l'eau AVEC sa cigarette dans la bouche. Probablement la cascade la plus convainquante du film.

  • Devenez béats de terreur alors que l'ombre d'un pénis en érection de 32 centimètres se dresse sur le torse d'un prostitué mâle qui se demande probablement comment le monstre phallique pourra bien entrer en lui sans titiller les parois de son estomac.

  • Renouez avec le "image par image" à la vue d'une scène touchante où une procession de condoms s'échappe des profondeurs de la ville en surgissant dans la rue à travers les trappes d'égoûts.

  • Découvrez un vieillard tenancier d'hôtel qui trouve tout à fait normal de distribuer des condoms sans emballage qu'il a déjà tripotté et sur lesquels il a déjà éternué. Attention aux gripes de vagin.



  • L'histoire est très bien menée, crédible, plutôt drôle dans les dialogues, en plus d'être efficace dans sa finale. Bref, pour le scénario, malgré l'appréhension devant le sujet, c'est plutôt réussi.

    L'impression d'étrangeté, accentuée par la langue étrangère du film et par la communauté visée (les homosexuels), parvient à nous immerger dans un univers où le Killer Condom est possible, et vient ainsi crédibiliser le film au niveau de l'atmosphère.

    Il y a parfois quelques longueurs, qui sont endurables si c'est pour un premier visionnement. Par contre, le film possède très peu d'attrait pour ce qui est de le revoir une deuxième ou une troisième fois. Des scènes qui étaient amusantes à l'époque deviennent vite des endroits qui tombent à plat.

    Les monologues de Luigi sont longs, pénibles et inutiles. Ils s'inscrivent dans la tradition du film noir, mais le problème, c'est que ce n'est pas du tout dans ce type de film que nous évoluons depuis le départ. Personne n'a envie de l'entendre parler de trucs profonds sur le caractère intrinsèque de New-York, ce qu'on veut réellement, c'est des attaques de condoms cannibales, point barre.

    Le tout manque cruellement de "gore". Selon les commentaires sur le DVD, il semblerait même que la plupart ait été coupé par le patron du projet à l'époque, qui n'appréciait guerre les gros plans sur les pénis arrachés qui se faisaient traîner sur le sol en laissant des sillons de sang derrière.


    Ce n'est pas un visionnement essentiel, c'est certain. Par contre, l'atmosphère est admirablement bien ancrée, et les moments amusants sont bien rendus sans se jeter dans les excès. Par contre, je dois avouer avoir été un peu déçu par moments qu'on ne s'engouffre pas dans ces excès, qu'on ne m'offre pas un moment bien surréaliste, sanglant, de "slapstick horror" avec des membres qui revolent, du sang qui gicle, des choses qui explosent et des combats épiques avec une armée de condoms affamés. Je suis donc mitigé.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Le président des États-Unis jouait bien tranquillement avec ses canards de bain jusqu'à ce qu'il entende un "plouc" suspect...




    Commentaires

    Pat
    08 Mai 2007, 21:48
    le president des etats-unis, ainsi que... en fait.. 100% de la nation americaine... parle allemand????

    tk.... la scene de baise dans l'ascenseur etait de trop.... pour le reste... c'etait assez divertissant comme film :P

    "NEIN, Babette"
    Cookie
    24 Avr. 2007, 18:29
    Nous venons à peine de découvrir l'origine de ton aversion pour les femmes..
    Franco
    24 Avr. 2007, 12:48
    Ralf König, l'auteur de la bd d'où est tiré ce film, est un des mes auteurs de bd actuels préférés. Bien que son oeuvre tourne toujours autours du milieu homosexuel ça peut être marrant pour tout le monde.
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