Critiques




   INVASION U.S.A.


   27 SEPTEMBRE 1985


   JOSEPH ZITO


   CHUCK NORRIS


    1:50


    BOUM! TAKATAKATAK! BOUM!


    ACTION





 

 

 







Sortez vos "coat jeans" tout le monde, voici un classique Chuck Norrisien des années 80' qui prend place à l'époque où notre vedette moustachue était à son apogée! Probablement un des meilleurs efforts mettant en vedette Chuck, Invasion U.S.A. est un plaisir coupable.

Incroyablement loufoque, cliché jusqu'à la moelle, ponctué de sous-entendus politiques pathétiques et comprenant assez de concepts inconcevables pour court-circuiter n'importe quelle activité neuronique de notre cervelle, Invasion U.S.A. est un divertissement garanti pour tous ceux qui aiment les explosions, les armes ainsi que Chuck Norris!

 



Matt Hunter: Évidemment, avec un nom pareil, ça ne peut être que le personnage de Chuck Norris! Hunter est un policier à la retraite (à ce propos, avez-vous remarqué à quel point tous les meilleurs assassins des forces de l'ordre sont toujours retraités ou suspendus pour techniques inorthodoxes, et ce, même à 30 ans?) qui se voit réintégré à la brigade pour une dernière mission: arrêter son vieil ennemi Rostov. Dans ce film, Hunter a toujours la même expression faciale. Il ne connaît pas non plus la douleur ou la peur, et même qu'il ne se tient pas sur ses gardes, car, sûr de lui, il paraît invincible. Il a des yeux tout le tour de la tête, il sent l'ennemi arriver, il voit au travers des murs, et il est toujours le premier à tirer. Bref, c'est le héros typique de films d'action.

Ah oui, et il habite dans un marais où il lutte avec des crocodiles.


Mikhail Rostov: Méchant russe communiste buveur de vodka (l'époque se prêtait bien à ce type de d'opposant caricatural) qui décide de mettre l'Amérique à feu et à sang. Cependant, il sait bien qu'il devra se frotter à Hunter, qui l'obsède jusque dans son sommeil et qui fait perler de la sueur sur son front à chaque évocation de son nom.


McGuire: Journaliste louche qui est sans cesse sur les lieux des crimes avant les policiers. Au départ, c'était tellement impossible que je croyais qu'elle finirait pas trahir Hunter et se révéler comme une espionne russe, mais finalement, c'est seulement une autre incongruité du scénario.


Nikko: Acolyte de Rostov en Amérique qui a comme hobby de tuer des amoureux lors de ses visites à la plage. Beaucoup moins sadique que son compère russe, il connaîtra une fin hâtive lorsqu'il pointera son arme vers la journaliste et qu'Hunter sera là pour faire dévier un peu sa trajectoire...


Terroristes: Armée de figurants (faisant une entrée théâtrale sur une quelconque plage dans un style proche du débarquement de Normandie) qui sème la zizanie dans la ville avec de nombreuses attaques sur les citoyens. Ses membres parviennent également à infiltrer la police et l'armée à quelques reprises, avant d'être démasqués par Chuck!




Le film débute avec une scène d'anthologie dans laquelle des émigrés illégaux cubains flottent à la dérive sur un radeau de bois. Un cargo vient à leur rescousse, mais ce n'est pas un équipage ami, mais plutôt les hommes de Rostov! Ceux-ci abattent tous les réfugiés avant de s'emparer de la drogue que transportait la faiblarde embarcation.

Cela n'a aucun rapport avec le reste du film, mais je présume que c'est une bonne entrée en la matière...

Pour la suite, pour faire une histoire courte, Rostov a l'intention de prendre le contrôle des États-Unis. Cependant, il sait d'avance que Matt Hunter (Chuck Norris) se dressera sur sa route. C'est pourquoi il loue une flotte de petits bateaux pour aller faire sauter la maison des marais de Chuck, qui se sauve in-extremis en se passant par une fenêtre avant l'explosion.

Jurant vengeance sur ces salauds, Hunter décide de se faire justice en sabotant les plans de Rostov et en tuant tous ses hommes!

D'abord, il tente de collecter des informations auprès d'un noir moustachu à qui il plante un couteau dans la main en ne cessant de tourner la lame et de s'asseoir sur le manche pour l'enfoncer plus loin. Voyant sa tentative se révéler comme un échec, Hunter frappe un culturiste de 300lbs qui passait par là avec une brillante savate et laisse un cadeau dans la main du moustachu: une grenade. Celui-ci finira par réussir à la lancer par la fenêtre, où elle fera exploser une voiture coruscante fraîchement passée au chamois.

Malgré tout, l'attaque aura son effet, Rostov se fâchant contre le moustachu toujours vivant en lui crachant au visage et en lui flinguant les testicules (on voit une récurrence, ici...), invitant ensuite ses hommes à intensifier leurs attaques. Certains d'entre eux iront notamment tirer des fêtards au "shotgun" déguisés en policier...

D'autres s'occuperont de cibles à faire exploser, notamment à l'église (projet qui sera contre-carré par Hunter qui dérobera la bombe sous les yeux des terroristes, avant d'apparaître sur le toit, de connecter les fils et de leur balancer en pleine gueule) et sur un autobus scolaire (où Chuck opérera encore une manoeuvre de sauvetage en ramenant la bombe vers la voiture des méchants en leur lançant "C'est pas à vous, ça?").

Cependant, plus loin, les choses s'envenimeront pour Hunter. Il sera rejeté par la journaliste qui sera fâchée d'avoir été secourue et qui lui lancera un couvercle de poubelle et sera arrêté par les autorités pour avoir fait sa propre loi alors qu'il regardait Earth vs the flying saucers dans sa chambre d'hôtel.

Rostov verra cela comme une excellente occasion d'éliminer sa dernière menace et enverra tous ses hommes vers l'endroit où est emprisonné Hunter.

Ce qu'il ne sait pas, c'est que c'est en fait un piège dans une tour à bureaux où Chuck, secondé par l'armée, est armé jusqu'aux dents et attend l'arrivée de ses ennemis pour les éliminer tous, jusqu'au dernier.




  • Le goût des grenouilles BBQ devient lassant après de trop nombreuses ingestions.

  • Les abus de vodka font rêver à Chuck Norris.

  • On peut cribler un radeau chambranlant de projectiles d'arme à feu pendant plus de 30 secondes et envoyer des salves partout sur son plancher et tout de même trouver de la drogue intacte dans la cale. C'est de la cocaïne par balles?

  • Les russes modulent leur voix différemment d'une langue à l'autre.

  • Ouvrir notre main dans les airs pour signifier "stop" ne suffit pas à arrêter une escouade de 50 terroristes armés jusqu'aux dents.

  • Les policiers de Miami portent des lunettes fumées la nuit pour conduire. Ils aiment vivre dangereusement.

  • Les délinquants et les prostituées regardent les conducteurs de chaque bagnole à la recherche d'un visage déplaisant à qui ils pourraient balancer insultes et cannettes de bière vides.

  • Écraser un sceau d'eau sale en voiture est une offense disgracieuse qui mérite des représailles violentes.

  • Le permis de conduire américain est un pistolet.

  • Il est pertinent d'ériger d'immenses défenses anti-char en métal si c'est pour laisser une section en bois assez grande pour faire passer n'importe quel véhicule.

  • Les matelas ne brûlent pas et sont blindés contre les attaques au lance-roquettes.

  • L'animal de compagnie qui constitue le meilleur ami de l'homme dans les marais est le tatou.



  • Les scènes mémorables sont évidemment multiples, mais il faut se concentrer sur la crème! D'ailleurs, dès le début, nous avons droit à un des moments les plus hilarants du film alors que Rostov s'en prend gratuitement à un trafiquant de drogue. Il tape sur le crâne d'une femme testant la cam (qui se retrouve avec la paille enfoncée dans le nez et qui se met à pisser le sang), tire dans les parties génitales du dealer à l'intérieur de ses pantalons, avant d'agripper ladite femme et de l'envoyer voler par la fenêtre! Totalement délirant.

  • Lors d'une attaque sur sa maison, Hunter voit un de ses meilleurs amis être tué. Plutôt que de restituer le corps à la famille pour qu'elle lui donne des funérailles convenables, il couche le corps sur un matelas poisseux et s'empresse d'y mettre le feu. Incroyablement égoïste, ce Chuck.

  • Entendez de drolatiques craquements d'os alors que deux cadavres sont piétinés par une foule de terroristes enragés!

  • Dans la foulée des attaques terroristes sur la population, un des méchants laisse un paquet à la bombe dans un centre d'achat. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'un bon samaritain a décidé qu'il ne laisserait pas le sac devenir orphelin, décidant de se mettre à courir derrière le transporteur du colis pour lui restituer sa bombe! Évidemment, les méchants parviennent à s'en tirer, alors qu'ils sortent de nul part et flinguent l'homme trop gentil ainsi que quelques innocents dans la foule.

  • C'est à ce moment qu'Hunter, sans informations sur l'emplacement des attaques, arrive miraculeusement en défonçant un mur avec son pick-up! Il extirpe ses Uzis et abat les mécréants, avant d'être confronté aux deux seuls survivants qui dérobent un véhicule de présentation de centre d'achat avec la bonne vieille technique des deux fils. Chuck s'empresse de s'agripper sur le côté du quatre par quatre et sacre des coups de poings en-dedans pendant que les méchants emboutissent des kiosques de Noël devant les clients apeurés. Tout simplement classique!

  • Un peu plus loin dans le déroulement de l'histoire, Hunter participe à une poursuite avec ces mêmes criminels qui tiennent une femme par les cheveux à l'extérieur de leur véhicule. Plusieurs moments loufoques se succèdent, alors que des gens sur un terrain de baseball qui ne savent rien de la situation se plaquent sur le sol sans raison apparente, que Chuck parvient invariablement à secourir la femme et que les méchants sont facilement vaincus lorsqu'ils échappent une grenade dégoupillée dans le fond de leur propre voiture avant d'aller exploser plus loin. Bravo!

  • Apprenez de nouvelles expressions avec professeur Chuck, qui profère des énormités à un type qui lui tombe sur les nerfs, en l'accueillant d'abord avec un "Si jamais tu reviens ici, je te mettrai la bite dans un tupperware!" ainsi qu'en lui déclarant "Toi, tu commences à me baver sur les rouleaux" lors de son retour.

  • Puis, ma scène favorite, c'est lorsque Rostov et Nikko se rendent dans un quartier paisible décoré pour noël et qu'ils font sauter une demi-douzaine de maisons au bazooka! Malheureusement, comme tout film à grand déploiement qui se respecte, nous ne voyons pas d'enfants mourir explicitement. Malgré tout, cette technique d'élimination des innocents reste drôlement efficace!


  • Chuck Norris est ici au sommet de son art et il livre une interprétation d'icône d'action invincible à la perfection. Il défend les enfants, l'église et le drapeau américain comme un vrai patriote!

    Le scénario mi-bidon aide à obtenir un effet hilarant à presque chaque scène, ce qui agrémente évidemment le visionnement. Chaque segment a son lot d'aspects nouveaux et rafraîchissants, et on ne s'ennuie jamais!

    C'est complètement "over the top", c'est à dire exagéré jusque dans les extrêmes. Les explosions sont trop nombreuses, il y a trop d'armes, on peut tirer une dizaine de fois avec un lance-roquettes sans recharger, Hunter semble tout à fait impossible à tuer ou à surprendre. On régurgite tout le réalisme à l'extérieur, pour ne laisser qu'un puissant concentré de n'importe-quoi!

    Malheureusement, le film est issu de l'époque où Chuck Norris a troqué ses arts martiaux pour les fusils. Il y a donc beaucoup moins d'athlétisme et de cascades (rappelons que c'est quand même un élève de Bruce Lee) que dans ses premiers films.

    Le rythme est aussi parfois un peu laissé en plan. Le film est plutôt long, et il aurait été facile de couper plusieurs minutes au montage sans toucher aux pièces maîtresses. C'est un peu comme un diamant que l'on aurait omis de polir.

    Malgré un manque évident d'efforts pour faire un "bon" film, Invasion U.S.A. vient trouver sa niche du côté des films involontairement drôles, qui alignent les moments clichés et exagérés au point de saturer le cinéphile de niaiseries. Un des meilleurs de son genre, sans contredis.




    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Vous ne devriez jamais coller une bombe sur un autobus scolaire lorsque Chuck Norris se tient dans les parages...


    Commentaires

    GAB
    15 Déc. 2007, 18:01
    haha je croyais être le seul à avoir savouré le fameux "tu commences à me baver sur les rouleaux"
    Franco
    03 Sep. 2007, 14:42
    Ha ha ha j'avais vu ce film dans mon adolescence et je l'ai acheté récemment dans un walmarde à 8$. Quel classique de cinéma de série B. C'est pathétiquement amusant. Et ça montre à quel point les USA sont un pays fragiles quand un albinos décide de s'en prendre à eux.
    Pat
    25 Juin 2007, 12:15
    non mais come on... ya UNE scène que t'as oublié mec.... les roquettes lors de la finale... c'est un must see.... deux gars qui se chassent dans un building avec des rocketlaunchers....

    ou la partie ou le groupe de 60 terrorristes tirent sur des papiers et, ne pouvant trouver chuck, sentent un piège....

    TROP BON
    Séb
    10 Juin 2007, 23:47
    Je savais que tu allais adorer. Un vrai petit bijou (de famille dans un tupperware).

    Voir Chuck dégainer ses deux uzis s'avère quasi jouissif.
    Leopold
    10 Juin 2007, 21:55
    Je l'ai presque acheté à 5$ l'autre fois. Je regrette d'avoir choké.
    Twizz
    09 Juin 2007, 15:12
    J'ai trippé comme un débile en voyant ce film. C'est tellement exagéré, tellement redneck, que j'en avais la larme à l'oeil. La grande finale est tout simplement délirante, surtout quand on remarque que le même hostie de gun ne troue pas les murs de la même façon dépendament s'il est opéré par Chuck ou par le méchant.

    C'est long, et comme dans tous les films de Chuck Norris, la mise en contexte est interminable et totalement impertinente, mais lorsque l'action commence, on en a pour notre argent.

    Le bout de la paille dans le nez est effectivement un des grands moments du cinéma américain.
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