Critiques




   GYMKATA


   MAI 1985


   ROBERT CLOUSE


   KURT THOMAS, RICHARD NORTON


   BOBSLEIGHKATA


    1H30


    ACTION



 

 

 







Qu'est-ce que le Gymkata? La réponse est fort simple: c'est une discipline alliant le karaté et la gymnastique olympique qui utilise l'environnement naturel de l'athlète (ruelles sombres, villages des fous, manoirs appartenant aux chefs de la mafia arabe) pour effectuer ses multiples pirouettes et arabesques inutiles. Se battre avec cette technique constitue également une avancée en terme de mouvements superflus, d'abus de backflips et de surutilisation de roulades.

Cette description de notre sujet, pourtant amusante, ne laisse pas entrevoir à quel point l'ensemble de ce film est débile. On nage en pleine absurdité contrôlée, et l'on s'y noie allègrement jusqu'à la fin, qui célèbre en grandes pompes le projet Reagan d'envoyer des satellites de Guerre des Étoiles au-dessus du Parmistan dans un des gels d'écran les plus laids de l'histoire du cinéma. Malgré une relative lenteur d'action, y jeter un coup d'oeil est nécessaire, croyez-moi!





Jonathan Desmond: Avec le profil ingénu d'un Luke Skywalker, Jonathan a tout à prouver, d'autant plus que sa coupe Longueuil frise particulièrement mal et que ses pantalons de coton "jogging" sentent l'urine à un kilomètre à la ronde. C'est (malheureusement) notre héros.


Princesse Rubali et le Khan: Avec autant de traits en commun qu'un chameau et une bouteille de lave-vitre, la très asiatique et sexy princesse Rubali et le clone arabe moustachu de Mel Brooks forment tout un duo père-fille! Alors que la première s'éprend rapidement du bel américain gymnaste, le père préfère organiser un mariage forcé avec Zamir, son pire ennemi. L'intelligence règne.


Zamir: Commandant d'une armée de ninjas qui patrouillent "le jeu" et chef secret de l'opposition au Khan qui décide de tricher et de tuer tous les concurrents alors qu'il n'en a pas le droit. Un coup d'état avec un arc à flèches et des ninjas alors que nous sommes au 20ième siècle, ça ne manque pas d'audace!


Thorg: Gorille au coton ouaté gigantesque qui fait office de brute parmi les concurrents du "jeu". Son foulard hideux et son visage huileux plutôt amusant jouent un peu contre son look, mais le fait qu'il se ballade avec une flèche plantée dans le coeur pendant la moitié du film compense amplement.


Flag Ninja: Il y a certes les combattants ninjas, mais qu'en est-il des ninjas à drapeau? Ces anciens guides taciturnes sont au poste depuis la nuit des temps pour donner la direction à maintes âmes esseulées ainsi qu'à quelques hydravions en péril.


Être flag ninja est très stressant et provoque des sudations abondantes: une ventilation adéquate des aisselles est donc conseillée

Gens du Parmistan: Édentés, aveugles, impotents, ratatinés à l'extrême ou simplement hideux de naissance, les habitants de ce petit pays font sérieusement mal à tout oeil recherchant un certain esthétisme facial. Outre obéir aveuglement à leur roi et scander son nom sans retenue, ils passent le plus clair de leur temps à condamner des gens à mort et à regarder leurs congénères mourir pendant "le jeu".


Oh... Ça... Ça coule...





Nous sommes servis dès le départ avec un traumatisant entrecoupement de séquences de gymnastique et de ruades chevalines, qui nous laissent deviner que quelque chose se trame entre des hommes à cheval et un expert en pirouettes qui s'exécute devant une foule record de quinze personnes.

Lorsque ce gymnaste est amené à l'écart par un agent du gouvernement, il comprend et accepte d'emblée une terrible mission: participer au jeu mortel du Parmistan avec ses habiletés naturelles, et remporter la mise contre ces mêmes hommes à cheval pour exaucer son voeu le plus cher, qui est d'envoyer un satellite dans le ciel pour positionner avantageusement les États-Unis sur l'échiquier mondial de la défense des étoiles.

Le jeu, quant à lui, consiste à courir frénétiquement dans un champ avec cinq minutes d'avance sur une horde de ninjas en rut, monter une corde de soixante mètres (ça doit être une erreur de traduction...), passer par dessus un ravin et y jeter un ninja qui se transformera pour l'occasion en mannequin, courir encore un peu plus dans la forêt, passer au travers du village des damnés, puis courir un peu plus, jusqu'au fil d'arrivée. Apparemment, personne ne serait parvenu à rester en vie durant ce processus depuis plus de 900 ans.


Et pour cause! Le village des fous regorge de dangers absolument déments! L'épais brouillard artificiel, un piège de porte avec des piques, des rires de démons à l'ordinateur, un fou qui se bat avec une serpe en gémissant comme une poule qui se tranche la main sans raison, des femmes obèses en tunique qui tripotent et projettent des cris psychédéliques en écho, une vieille qui imite une corneille, un prêtre barbu qui se promène nu-fesses et l'homme aux deux visages sont autant d'éléments redoutables et périlleux qui tapissent les murs de l'enceinte maudite. Les paysans ridés et les matrones aux visages amollis et barbouillés de crasse nous évoquent un village de la poune hanté!

Jonathan Desmond réussira t-il à surmonter tous ses dangers et à gagner la course contre la montre, en plus de se taper l'asiat' en chaleur, et ce malgré le fait qu'il semble embrasser comme une marmotte? Nous expliquera t-on un jour pourquoi il y a autant d'instruments de gymnastiques qui traînent en pleine nature et qui n'attendent que notre protagonistes pour servir d'arme contre quelques durs à cuire à turban?





  • L'entraînement olympique, c'est du petit lait.

  • Si les armées ne peuvent rien faire sur un territoire, envoyez un homme seul: il sera bien meilleur!

  • Vous savez qu'il reste plus qu'un zeste de sentiment anti-américain dans une ville arabe lorsque vous recevez une flèche dans le ventre sans raison apparente.


  • Le sel doit être ramollit à coups de pioche avant d'être mis en salière.

  • Ne faites pas confiance à quiconque s'arme d'une corde et d'une panoplie de couteaux dans le but vous enseigner à rester sur vos gardes.

  • Les champs de blé d'inde séchés se confondent aisément avec des marécages.

  • Les gros chandails de laine rouge pétant sont tout indiqués comme vêtements de camouflage en forêt, surtout s'il s'agit d'y mettre sa vie en jeu.

  • Faire la fête au Parmistan consiste à se transpercer les joues avec des aiguilles et à faire ses katas sur des cymbales de carnaval.

  • Les paumes des gymnastes se poudrent instantanément dès que ceux-ci s'approchent d'un instrument d'entraînement.

  • Les morts respirent, même s'ils essaient tant bien que mal de le cacher.

  • Envoyer des gens en mission avec des traîtres avoués est fort acceptable, mais seulement dans le cas où on vient les sauver à la dernière minute avec une salve de mitraillette entre les omoplates du Judas.





  • Cessez de craindre le courroux des hommes borgnes en apprenant que leur sens qui détecte les mouvements dans l'espace est gravement déficient et qu'il confond aisément le chandail de l'ennemi avec un extincteur lorsque vient le temps d'asséner un coup de hache!


  • Subissez un entraînement d'enfer visant à optimiser le combattant en vue des combats corps à corps qui consiste à monter des escaliers sur les mains, écouter le bruit de l'air fendu par une arme, se battre avec des bambous et se faire malaxer les jambes en ayant la tête en bas par un asiatique surexcité sortant tout droit d'une scène étrange d'un film fétichiste japonais.


  • Apprenez les désagréments du GHB Parmistanais qui nous amène plus souvent qu'autrement dans le lit de mégères obèses aux yeux cernés et aux dents pourries qui nous rappellent avec horreur le plus épouvantable membre de la famille Adam's.


    Si t'essaies encore de m'embrasser pendant mon sommeil, je te momifie avec ça

  • Voyez l'homme Gymkatien encerclé par une horde de paysans pouilleux armés de fourches se hisser vers la solution salvatrice: trouver un cheval d'arçon et passer un segment interminable à abattre tout le monde en virevoltant dans tous les sens! Classique, tout simplement classique!






  • L'histoire du film est vraiment composée d'un ensemble de n'importe quoi! Il n'est donc guère surprenant que le cinéphile dérouté s'amuse à profusion à décoder tous les éléments de réalisme que l'on tente d'infuser à un scénario dont la toile de fond ne parvient jamais à tenir debout!

    Les personnages sont tous joués de manière convaincante mais sont plongés dans un univers aux confins de la niaiserie. Regardez les segments de gymnastique pour réaliser à quel point cette mixture est improvisée! Voir Kurt Thomas sautiller partout alors que rien ne s'y prête et le voir évoluer dans un jeu où aucunes des parties de son entraînement sont mises à l'épreuve démontre à quel point les ingrédients sont jetés un peu au hasard dans la marmite.

    La recette peut ainsi devenir légèrement infecte par moments, notamment lors des moments de course sans réels évènements dignes de mention et durant les super ralentis interminables. À ne plus savoir quoi faire, on s'égare.

    Également, soulignons plusieurs temps morts entre les scènes d'action, qui ne viennent jamais ajouter de la substance, du suspense ou même enrichir l'atmosphère ambiante. C'est clairement du rembourrage.

    Même s'il n'est pas un incontournable, Gymkata sait se démarquer par son univers déviant s'accrochant très mal à toute conception de film d'action moderne (qui souhaite émuler une réalité ou du moins une réalité future possible). Ici, le but du film est difficilement discernable, ce qui rend le régal ridicule encore plus alléchant.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Dommages collatéraux en turban.




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