Critiques




   DEATH RACE 2000


   27 AVRIL 1975


   PAUL BARTEL


   DAVID CARRADINE, SYLVESTER STALLONE


   LA COURSE À LA MORT DE L'AN 2000


    1H24


  FUTURISME ILLOGIQUE



 

 

 







Il fut un temps où les années 2000, encore lointaines, étaient perçues comme fécondes en nouveautés technologiques (de préférence énormes et en plastique), en gadgets à ondes courtes, en excès de violence de toute sorte ainsi qu'en cruauté télévisée. Entrevoyant d'un oeil visionnaire le concept de la téléréalité, quelques scripteurs et réalisateurs se sont penché sur ce sujet dans un contexte de sport ultraviolent.

Rollerball, avec un budget un peu plus intéressant, prit l'affiche seulement deux mois après Death Race 2000 et aborda les mêmes thèmes: avilissement de l'homme, politique asservissante, relâchement des instincts primaires et discipline sportive frôlant les confins du risible.

Notre opus présent se distingue cependant par ses personnages débilos, ses voitures aux designs de carrosserie inesthétiques qui feraient honte même à un manège cheap de foire de carnaval municipal, son maigre budget forçant l'abus de séquences en accéléré, ainsi que son personnage principal, qui sera probablement retrouvé 34 ans plus tard mêlé à un sordide accident de pénis encordé dans le garde-robe de sa chambre d'hôtel.





Frankenstein: De cuirette fagoté (par l'entremise de la boutique sado-masochiste du coin), notre sombre héros est le roi inconstesté de la course à la mort. Brûlé, démembré, mutilé, il se cache maintenant sous un costume merveilleux muni d'une somptueuse cape que notre homme s'amuse à faire voler dignement dans tous les sens chaque fois qu'il quitte une pièce avec prestance et panache.


"Machine gun" Joe Viturbo: Dans son seul rôle d'envergure avant Rocky, Sly joue une caricature de lui-même, toujours à maugréer avec sa bouche crochie et à piquer des crises de colère avec sa mitraillette des années 30 (ça reviendra à la mode en 2000, vous verrez bien).


Argggggh, j'vais tous vous buter, enfoirés de Viêt Công!

Calamity Jane: Conductrice d'un taureau mobile à la solde de la rébellion qui apprendra à ses dépends que ce n'est pas le temps d'apprendre à se stationner en parallèle quand il y a une mine antipersonnelle prête à exploser sous les pneus arrières.


Mathilda the Hun: Néo-nazis très populaires avec la foule qui auraient peut-être eu intérêt à regarder davantage d'émissions de Will E. Coyotte étant jeune plutôt que de se masturber devant des vidéos de camp de concentration.


Nero the Hero: Cet abruti congénital découvrira rapidement que les bébés du futur sont furieux et qu'ils n'hésitent pas à utliser une grappe de bâtons de dynamite en guise de hochet...



Thomasina Pain: Grande manitou de la rébellion qui n'a à peu près aucun contrôle sur ses membres qui se confondent en plans foireux afin de stopper la course. Elle semble ne servir que d'épouvantail à paroles et de chef factice qu'on peut se permettre de voir exploser en miettes dans une attaque du gouvernement sans subir le moindre remord.


Junior Bruce:
Après avoir consommé vingt cafés et visionné des vhs d'abattoirs, notre descripteur de course énergique se rend vers la station, prêt à applaudir frénétiquement chaque mort de femme, d'handicapé ou d'enfant!


Le président: Assurément le plus chétif et faiblard des présidents des États-Unis, notre vieil ami parvient miraculeusement à décéder quasi instantanément d'une incroyable chute d'un demi-mètre sur un hood de char, sans qu'il ne reçoive ne serait-ce qu'un seul débris. Je le hais.


Je me suis cassé trois côtes ce matin en m'échappant une taie d'oreiller sur la poitrine. C'était horrible.





L'an 2000. Pas de voitures volantes. Pas de paix entre les humains. Pas même de petits enfants de toutes les cultures qui gambadent main dans la main. Plus simple. Plus humain. Plus viril. Une course... À LA MORT! C'est dans un périple absolument dément que Frankenstein, Joe Viturbo, une nazi, l'incarnation futuriste d'une légende de l'ouest et un espèce de César pédé tentent de franchir l'Amérique dans un tracé les menant de la Nouvelle-Angleterre jusqu'en Californie. Par contre, dans le simple but de rehausser l'intérêt des spectateurs qui se complaisent dans la banalité depuis vingt-cinq ans, un ingrédient se rajoute: tuer d'innocentes victimes.


À bord de ces fabuleux bolides! Remarquez le bel embout "canif plastique"...

C'est alors qu'un simple combat entre le bien et le mal devient une espèce d'allégorie à la médecine homéopathique: combattre le mal par le mal, quoi qu'il en coûte. Si chacun prend parti, toute personne sensée choisit toutefois le même camp: le célèbre Frankenstein, vainqueur de la course à la mort dans pratiquement toutes ses éditions, tentera d'arracher un autre titre, cette fois dans le but avoué de se rapprocher du président. Mais que donc peut-il créer une telle envie?

Thomasina Pain, visiblement propriétaire d'une espèce d'usine électrique, rend son équipement de turbines utile à une bande de révolutionnaires qui ont bien l'intention d'en finir avec cette ridicule course à la mort. Trop ont péri pendant ce massacre sur roues au cours des dernières années. C'en sera fait, une fois pour toutes, de Frankenstein, de Joe Viturbo, de cette enfoirée de Nazi, de Calamity Jane, mais pas de l'espèce de César pédé. Lui, on l'aime bien.

Après de multiples tentatives, la révolution n'arrive pas à freiner le dangereux Frankenstein. De ces adversaires, seul Joe Viturbo semble suffisamment coriace pour lui sacrer son poing en pleine poire. C'est ce qu'il fera, lors d'un furieux combat qui ne mènera pratiquement à rien. Fort d'un massage et d'une querelle avec sa co-pilote, "Machine Gun" se lance dans un combat tout sauf épique avec Frankenstein, qui pour sa part vient de profiter des splendeurs de la vie en dansant en bobettes avec sa cagoule de face. Match nul!


Le temps file, alors que nos deux protagonistes reprennent la route, une dernière étape se dresse sur leur chemin: le grand désert de sable! Qui franchira la ligne d'arrivée? Qui sera félicité par le président en personne?  Vous n'avez d'autre choix que d'ATTENDRE L'AN 2000!  Mouhahahahahaha! Euh...





  • Sylvester Stallone a beau avoir fait une multitude d'exercices de biceps et d'abdominaux, il ne parvient pas à contrôler la direction de son crachat.  Comme quoi on peut manquer de visou à bien des niveaux.

  • Si vous dressez un piège à une voiture moyennant l'utilisation d'une barricade, assurez-vous de ne pas attendre du mauvais côté de celle-ci en gloussant comme des imbéciles...

  • David Carradine a perdu sa mâchoire en '91, son oeil droit en '95, son gauche en '97, et s'est pendu par la graine en 2009.

  • Faire rouler un pneu en le poussant avec un bâton est une activité très prisée chez les enfants.

  • Si une voiture fonce sur vous à toute allure, DE GRÂCE, méfiez-vous des trapes d'égoûts.  Il ne s'agit pas, quoiqu'on puisse en penser, de la meilleure manière d'éviter la carrosserie d'une bagnole.  Crissez-vous donc plutôt sur un des deux côtés de la route, faites une roulade spectaculaire, et reprenez votre souffle en arborant une mine victorieuse.

  • Visiblement, en 1975, on croyait qu'au 21e siècle, un seul détonnateur pourrait servir à faire exploser plusieurs bombes différentes à intervalles réguliers.

  • Les cagoules semblent avoir plusieurs fonctions.  En plus de stimuler les plaies de visage, elles donnent à leur propriétaire un look viril qui fait craquer les femmes... et également leur fait omettre de braquer leur regard sur votre magnifique slip blanc souillé d'une radieuse trace de brakes.

  • Si la femme qui vous accompagne vous manque de respect, punchez-la en plein visage sans retenue. Cet acte somme toute normal n'offensera personne.

  • Il est nécessaire de se travestir afin d'attirer les voitures vers un bébé explosif.


  • S'enfarger en accéléré dans ses poissons mène irrémédiablement vers un déchiquetage par spinnage de pneu.

  • Si vous aspirez réellement à fonder une rébellion, discutez de vos futurs actes ailleurs que sur un rack à turbines, de grâce...




  • Soyez témoin d'un événement grandiose alors que l'on célèbre dans la première demi-heure de la course à la mort, LE JOUR DE L'EUTHANASIE!


  • Découvrez les réelles origines de l'expression anglaise hand grenade...


    -Carradine: Suffit seulement de ne pas la dégoupiller en se crossant...
    - Fille: ...dans un garde-robe avec un noeud coulant autour de...?
    - Carradine: Avez-vous finis avec vos blagues plates!!??

  • Soyez fier de Sylvester Stallone qui semble, tout comme vous, être répugné par la trame sonore débile de ce petit chef d'oeuvre, alors qu'il entarte un homme louche habillé de mauve et s'attaque à un orchestre nullissime.  Kin, mon hostie de violon de marde.

  • N'imitez jamais les pièges automobiles lamentables de Viturbo, car répandre de l'huile sur la chaussée à raison de quelques timides gouttes n'ayant aucunement la consistance d'une flaque ne provoque aucun dérapage. Même un aéroglisseur n'y glisserais pas.

  • Apprenez les rudiments de l'esquive de projectiles (infinis) d'avions en empruntant des routes sinueuses tout en mettant à profit la conduite exceptionnelle de votre voiture dotée d'un Power Steering!  Ne faites toutefois pas attention à une voiture blanche qui pourrait éventuellement vous pourchasser, puisque vous n'aurez qu'à l'éviter pendant quelques secondes avant qu'elle ne se renverse sur la première butte de terre qui se dressera sur son chemin!

  • Appréciez la vision futuriste d'Yvon Pedneault, alias l'analyste-holograme le plus populaire du vingt-et-unième siècle!  Dommage toutefois que les créateurs de Death Race 2000 n'aient pas prévu le renvoi soudain de notre héros à tous pour le remplacer par... Benoît Brunet...





  • Le concept de la course (avec le système de points pour les vieux, les bébés, etc) est fort bien pensé et offre plusieurs scènes hors de l'ordinaire au spectateur.

    La performance furieuse de Sylvester Stallone qui n'hésite pas à rudoyer sa navigatrice (ainsi qu'à la puncher en pleine face) et le douteux du personnage principal offrent une dynamique aussi louche que divertissante à l'ensemble.


    L'action de la course elle-même, c'est à dire les scènes avec les voitures qui dérapent ou se dépassent, sont toutes, TOUTES en vitesse accéléré, ce qui donne un résultat pour le moins dégueulasse, emmerdant et ridicule.

    Le budget manifestement maigre oblige le rythme du film à baisser en intensité dans la deuxième moitié du film, laissant davantage d'espace aux scènes de danse cagoulée.

    Sans être excessivement bon ou divertissant, Death Race 2000 se rattrape par son scénario bien mené dans le domaine du bizarre, par ses acteurs d'une certaine qualité et ses moments de course futuriste étranges!





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Doutons à l'unisson de la qualité de ces pilotes...




    Commentaires

    gwimhm
    07 Jan. 2010, 06:24
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    cvgill
    15 Nov. 2009, 12:08
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    Tonton Ed
    06 Août 2009, 23:32
    Très bonne chronique, mais un peu courte pour un si bon film! Oui, j'avoue que j'ai adoré ce film qui m'a fait pleurer de rire à plusieures reprises par son ridicule, mais aussi par sa cruauté sans borne!

    Il est bien de savoir que c'est ce film qui a inspiré le jeu CARMAGEDDON, sorti en 1997. D'ailleurs le lien est évident quand on remarque le design de l'auto vedette de Carmageddon II, clairement inspirée par le véhicule de Frankenstein. Que de temps perdu sur ce sanglant jeu!!!
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