Critiques




   DEAD HEAT


   6 MAI 1988


   MARK GOLDBLATT


   TREAT WILLIAMS, JOE PISCOPO ET VINCENT
   PRICE


   FLIC OU ZOMBIE


    1H26


    BUDDY COP/ZOMBIE/COMÉDIE NOIRE





 

 

 







Rarement avons-nous entendu parler d'un mélange aussi hétéroclite: un film "buddy cop" à la Collision Course, Rush Hour ou Lethal Weapon, mêlé avec des zombies, des truites mortes réanimées par impulsion électrique et quelques moments de comédie noire bien juteux!

C'est Mark Goldblatt, surtout connu pour ses montages sur de grosses productions (Robocop, Starship Troopers, Terminator 2 et Armageddon en tête) qui nous livre cette bouillie surprenante et tout de même originale, sans penser que sa carrière de cinéaste prendra vite le bord lorsqu'il enchaînera ensuite avec Punisher, mettant en vedette le sémillant Dolph Lundgren, qui le coulera à jamais et le fourguera définitivement dans le domaine du montage.





Roger Mortis: Policier à l'allure sérieuse qui n'hésite pas à emboutir des suspects avec sa voiture ou à tirer sur tout ce qui bouge sans se poser de questions. Hormis le jeu de mot très peu subtil dans son nom (rigor mortis...), Roger n'a rien de vraiment spécial, jusqu'à ce qu'il devienne le premier policier zombie de l'histoire. On le voit ici tenter d'avoir l'air vivant en s'appliquant un peu de rouge vif sur les lèvres.


Peu concluant, ma chouette.

Doug Bigelow: Élément "comique" du film (remarquez les guillemets), Doug enchaîne les blagues plates, les jeux de mots et les citations semi bad-ass à un rythme effarant. Partenaire de Roger et compatissant envers son récent décès, il fera équipe avec lui dans la mort pour trouver qui a attendu une semaine de temps devant une console pour dépressuriser diaboliquement la pièce où il se trouvait à l'instant même où il y a mis les pieds.


Tu sauras que les gilets de cuir et les coupes longueuils sont très à la mode, chintoque!

Randi: Jolie jeune femme (ça ne paraît pas sur la photo, mais je vous l'assure) servant de porte-parole pour la société menée par Arthur Loudermilk. Lorsqu'elle décidera de se joindre aux deux policiers, elle attisera la colère de ceux qui détiennent les moyens de préservation des zombis et finira éventuellement par fondre.


Docteur Ernest Mcnab: Machiavélique docteur (et admirable comédien) qui a découvert comment ressusciter les morts. Il s'en sert à des fins très utiles, notamment pour l'implantation d'un dôme de ressuscitation au plafond d'une boucherie de china-town, pour la création d'une créature immonde à trois visages et ainsi que pour le dévoilement de son invention secrète à de vieux riches récalcitrants qui iront probablement tout raconter à la police.

Rebecca: Coroner manifestement en amour avec Roger qui tente de la convaincre tout au long du film qu'elle peut trouver l'antidote à son mal. Elle finira par échouer et explosera en miettes dans une ambulance.


Arthur P. Loudermilk: Joué par un vieillissant Vincent Price, Loudermilk fait le pont entre le docteur Mcnab et les clients potentiels qui voudraient acheter leur immortalité. C'est cependant un bien piètre comptable, alors qu'il vend des parts pour "la moitié d'une fortune", se foutant éperdument qu'elle fasse 50 millions ou 15 000 dollars.






Lorsque des voleurs de bijoux pris en flagrant délit par une horde de policiers figurants se font transpercer d'une centaine de balles sans broncher, les inspecteurs Roger et Doug commencent à se poser des questions. Y allant d'une hypothèse de prise de drogue abusive qui donne des super pouvoirs à la Scarface, ils en viendront plus tard à une conclusion beaucoup plus réaliste: ces voleurs étaient des zombies-test envoyés par un quelconque maître machiavélique!

C'est par des investigations dans les locaux d'une compagnie aux pratiques illégales que le tout se confirme, alors qu'une table de résurrection est découverte, et même utilisée, car Roger perd lui-même la vie dans les combats menant à cet important indice!

S'apercevant qu'il ne lui reste que 12 heures avant de complètement se décomposer, il devient déterminé à résoudre son propre meurtre!

S'en suivra alors une course folle pendant laquelle les blagues macabres, les confrontations avec les sbires zombis et les gros chinois se succèderont, jusqu'à une bataille finale épique où Doug aura tout le loisir de nous montrer qu'il sait gonfler ses gros biceps.


Pouvoir rester caché 10 minutes sous l'eau pour surprendre son ennemi, l'avantage zombi.





  • Les demi-cagoules en cuir procurent un panache peu commun, surtout si elles sont trop serrées.

  • Quiconque échappe une grenade dégoupillée préférera s'exclamer "Uh-Oh!" en se laissant exploser plutôt que de tenter de sauter à l'abri.

  • Les commissaires de police noirs se doivent de parler fort, d'être fâchés et d'avoir les yeux exorbités.

  • Conserver son aquarium gelé en permanence procure une bonne économie sur la nourriture à poissons.

  • Le code de bienséance pour les gardiens de sécurité affectés au service à la clientèle ne proscrit pas la lecture de revues porno en public.

  • S'empêcher trop longtemps d'uriner peut nous faire flotter les dents.

  • Il suffit d'insérer un quelconque embout de métal dans un glissoir de carte d'accès pour faire ouvrir instantanément une porte électroniquement verrouillée.

  • Une tête de canard qui vit branché sur l'électricité constitue un superbe bibelot pour un buffet chinois.

  • Il est possible de parler sans poumons ni cordes vocales si c'est pour proférer un message d'adieu.





  • Lorsque Roger et Doug vont inspecter les coulisses d'une compagnie qui s'est procuré une cargaison complète de médicaments cellulaires louches, l'atmosphère lugubre et la tension narrative nous laissent présager qu'on trouvera notre premier réel zombie. Mais rien ne nous préparait à ça! Doug entre en douce dans une pièce de remisage et découvre un putain de gros viking-motard à trois faces qui l'attaque aussitôt!


    GWAAARRRR

  • Décidément, être mort, ça a ses avantages, notamment celui de pouvoir se canarder à bout portant avec un autre zombie tout aussi armé d'un semi-automatique et ce, pendant d'interminables secondes! Après avoir bien troué son ennemi dans ce segment hilarant, Roger ira le pousser dans la chambre qui asphyxie. Évidemment, il lui balancera une grenade et une dernière salve de balles dans l'entrebâillement de la porte, juste pour avoir le dernier mot.


  • Fondre est un art subtil, visiblement bien maîtrisé par Randi. Il n'y a pas de véritable bonne raison pour qu'elle se transforme aussi subitement en bouillie, mais on savoure chaque seconde de sa liquéfaction, qui est tout de même bien juteuse! Les membres s'arrachent, la peau moisit, et le tout se change en liquide ou en gruau visqueux. Même la tête, trop fringante, s'auto-décapite! Délicieux.

  • À la toute fin, pour enlever la satisfaction de son meurtre aux policiers zombis, le docteur Mcnab s'explose la cervelle. C'était cependant oublier que la machine à ressusciter était toujours fonctionnelle! Son corps est donc placé de force sur la plate-forme et ramené à la vie, et pas seulement une fois, mais jusqu'à ce que la pression soit trop forte et que le corps explose.

  • S'introduire dans un bâtiment en ouvrant les portes est d'une simplicité un peu enfantine. Rentrer à 90 km/h dans une chaîne qui nous propulse dans ses dites portes pour les défoncer en grande pompe, voilà qui sied mieux pour une entrée remarquée.

  • L'attaque d'un foie, d'un cochon braisé, de truites et de canards, mais surtout, d'un boeuf de boucherie en furie constitue LA scène culte du film, que vous pouvez d'ailleurs visionner en bas de page!


    Plus un geste sale porc, sinon je fais des confettis de bacon!





  • Malgré qu'ils soient encore une fois extrêmement stéréotypés, les personnages savent tirer leur épingle du jeu. Doug est irritant avec ses commentaires mais nous a à l'usure. Ses citations ringardes finissent par faire mouche, et ses expressions faciales, ses moues de débile, parviennent inévitablement à le rendre sympathique. Roger quant à lui devient assez crédible dans son rôle de zombi dément.

    Le rythme trouvé au film sait nous faire traverser ses 86 minutes d'une manière fort agréable. Le scénario, une mixture bien étrange, et les nombreuses situations inusitées travaillent aussi en ce sens.

    Le scénario est assez inventif dans le sens où il n'hésite jamais à nous surprendre en tuant des personnages principaux de manière subite ou en bifurquant vers une défaite inévitable des héros. Ainsi, la comédie et le "drame" viennent se mélanger et créer une atmosphère teintée de rebondissements.

    Du côté des effets spéciaux, les créatures et les moments sanglants sont généralement satisfaisant, bien rendus. Les moments qui se doivent d'être drôle sont également appuyés par des effets à leur mesure, aux extrêmes limites du ridicule.

    Malgré tous ces points positifs, parfois, la sauce ne prend tout simplement pas. Quelques instants décousus, des moments manqués, où l'absurde aurait pu être poussé plus loin et qui s'expliquent difficilement.

    Un bon film pop-corn qui mélange les genres et qui saura donc plaire à tous. Malgré tout, si le genre "enquête" vous ennuie, il se peut que le tout vous semble un peu long ou dénué d'intérêt. Dans la plupart des cas, Dead Heat touchera sa cible.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Quand la boucherie attaque....




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