Critiques




   THE CRIPPLED MASTERS


   1982


   JOE LAW (PAS JUDE)


   TIAN CAN DI QUE (TAÏWAN)


   MAMAN J'AI RATÉ LE MOIGNON


    1H29


    KUNG FU DÉBILE





 

 

 







Exploitation des infirmes ou mise en valeur des habilités de deux individus particuliers? Il s’agit là de la question d’éthique qu’un enseignant de philosophie se poserait au visionnement de The Crippled Masters. Un « freak show » ? Non, pas assez d’inertie devant des êtres louchement anormaux pour classer ainsi cette production. Un film de Kung Fu? Hmmm… On se rapproche. Un film de Kung Fu complètement fou où s’entremêlent chorégraphies de combat rigolotes, un duo de guerriers amputés et de stridulants bruits de coups divers à n’en plus finir? Oui! En plein dans le mille! C’est en majeure partie ce que vous retrouverez dans cette œuvre asiatique peu commune.





Lee Ho: Pas de bras, il doit sa récente infirmité à la bande de Ling Chang Kung, le sans pitié machiavel de ce film. Réduit ainsi à l’état d’handicapé, il veut se VENGER!!!


C'est moi, le blondinet frisé dans le Lagon Bleu.

Kung Suh Ching:: Il est en partie responsable des bras coupés de l’autre, et maintenant il n’a plus plus de jambes (en fait oui, mais elles sont rendues rabougries, inutiles et affreuses à cause du machiavélique Ling). Il veut se… bien oui… VENGER!!!


Gneuh!!!

Ling Chang Kung: Moustachu méchant très méchant qui semble vivre dans l’unique but d’être un méchant. Acrobatique dans ses combats kung-fuesques, il obtient notamment le respect en estropiant ceux qui l’importunent. Sans oublier qu’il passe l’entièreté du film avec une dégueulasserie de cicatrice en forme de papillon de nuit écrasé dans sa face.


Maudite lèpre asiatique...

A Pao: Gentil officier des autorités du coin. Plutôt doué au combat, il aime s’habiller en blanc.


Vieux maître: Vieux débile chauve à la figure incroyablement laide, on le découvrira caché tout croche à l’intérieur d’un panier (???) dans une grotte. Il apprendra à nos gentils moignons à combiner leur forces respectives (bras pour l’un, jambes pour l’autre) par des entraînements farfelus, originaux et, sans nul doute, efficaces (ouin…).


Vous comprenez maintenant pourquoi je me cache dans un panier?

Exécutant de Ling Chang Kung: Petit personnage trouillard sans quelconque crédibilité, il est directement au service de Ling Chang Kung, sans doute parce qu’il a peur de lui… Il finira étranglé entre le genou de A Pao et une branche d’arbre.


Faites-moi pas mal, je vous en supplie!





Le tout démarre en force alors qu’à la cinquième seconde, on nous balance un bras coupé qui terminera sa chute au sol, gisant. N’étant pourtant point quelqu’un de « facile », j’étais dès lors conquis. Agréable continuation, Lee Ho, désormais ancien propriétaire du bras en question, se fait aussitôt priver de son deuxième grâce à un joli coup de lame. Selon l’homme commandant cette boucherie, c’est là la punition pour ne pas avoir « respecté les règles »… Nous n’en saurons jamais davantage à ce sujet. S’en suit les déboires de notre nouvellement handicapé; il connaîtra rapidement les malheurs de la différence lorsqu’il subira les moqueries des occupants d’un restaurant où il finira même par se faire violenter par le gros lard de la place. Le souffrant malheureux, affamé, ira quelques instants plus tard se vautrer parmi des animaux de ferme afin de se sustenter dans l’auge des quadrupèdes. Le surprenant entouré de cochons et la bouche pleine, le fermier le prendra aussitôt comme main-d’œuvre sur sa propriété paysanne. Vaillant à ses quotidiennes occupations agraires, voilà donc que Lee Ho fait une rencontre inespérée lorsqu’il se retrouve face à face avec Kung Suh Ching, son usurpateur de membres. Kung Suh Ching a cependant changé; il n’est plus sous les ordres de l’ignominieux Ling Chang Kung, notamment depuis qu’il s’est fait acidifier les jambes par ce dernier.


Ah ben bâtard! Qui-c’est qui a mis de l’acide dans mon pepsi?! Bande de petits chenapans!

Peu importe ces détails, notre valeureux pas-de-bras s’empresse ici de libérer ses démons en heurtant abondamment de coups de pieds (quoi d’autre!?) le responsable de ses mutilations.

Heureux comme pas un, Lee Ho traîne sa prise de la journée à l’intérieur d’une grotte pour je ne sais quelle raison. Le boiteux duo y rencontrera, sorti d’un panier, leur futur maître, qui s’empressera de les concilier et de leur apprendre à transformer leur handicap en force bien à eux. Pour notre plus grand plaisir, les prochaines minutes nous montrent leurs entraînements loufoques complètement tordants, qui permettront par la suite au sans bras de ne plus se faire ridiculiser par le serveur quand il veut bouffer du poulet dans un restaurant.

Le coup fétiche du pas-de-jambe est d’infliger des coups de cul, ce qui semble faire plutôt mal si on se fit à la figure laidement crispée de ses adversaires.


C’t’idée aussi d’aller chez une moitié de kyro à moitié prix!

Le pas-de-bras, lui, s’amuse à plusieurs reprises à nous démontrer sa surprenante habilité à faire tournoyer un bâton autour de son moignon en forme d’aile de poulet, et ce assez souvent pour le soupçonner d’être l’individu derrière le costume de Donatello dans le film des Ninja Turtles.


Kowabunga!

Convenablement exercés, nos deux gentils incomplets iront subtiliser dans le domaine du gros méchant Ling Chang Kung de vertes et mythiques petites figurines d’animaux. Semble-t-il que ces bébelles recèlent le secret de techniques de Kung Fu imbattables! L’aide de leur nouvel allié de parcours, l’officier (ou quelque chose du genre) nommé A Pao leur sera utile lorsque ce dernier observera les figurines deux secondes seulement avant de confirmer qu’il a tout compris, pour ensuite pratiquer sans tarder avec eux les nouveaux exercices. Par contre, difficile pour nous de remarquer une quelconque différence dans la capacité de nos amis à combattre avant et après leur démystification de ces Ô combien fabuleuses (!) techniques… Mais bon, leur vieille tête laide de maître leur a dit qu’ils ne pourraient onques défaire l’infâme et craint Ling Chang Kung sans comprendre ces damnées techniques, ça fait qu’on va l’écouter...


La suite est la suite, la belle et jolie suite. Une bataille finale, de Lee et Kung contre le terrible Ling, plutôt démentielle et authentique de par les prouesses de nos héros et les pirouettes de Ling.


Rampe de lancement pour infirmes

La raclée victorieuse portée à l’endroit de Ling se conclura, entre autres, par deux « au ralenti » coups de cul provenant du pas-de-jambe. Ling s’affaisse au ralenti vers le sol, une petite fin de musique de victoire se déclenche, l’image s’embrouille et gèle et un fond rouge apparaît avec « The End » écrit dessus. Typique.


Voyons! C'est encore plus compliqué que de replier une map-monde!





  • Couper les bras d’un Taïwanais ne lui fait perdre pratiquement aucun sang, mais le fait par contre suer du visage comme un porc. Apparemment, démembrer ces gens s’avère aussi bénin que de dégarnir un Monsieur Patate.


  • Lorsqu’on vient de mordre la cuisse d’un serveur dans un restaurant, ne pas avoir de bras n’amène pas la moindre indulgence de la part d’un gros « doorman » asiatique; il vous fera des prises de lutte tout de même, qui que vous soyez. En passant, notre large bourru bridé finira par en manger une maudite, gracieuseté le duo des incomplets.

  • Plus besoin de feu camp pour en entendre les chaleureux crépitements, juste à se faire appuyer le poitrail par le pied d’un Taïwanais sans appendices brassiers.

  • Varger à grands coups de pieds de défoulement celui qui a ordonné la coupe nos bras est plutôt libérateur. D’autant plus quand notre cible a préalablement eu les jambes réduites en bouillie mollasse.





  • Apprenez à nager avec votre joyeux moniteur sans bras! La leçon d’aujourd’hui consistera à débouler comme une merde dans une rivière et partir couché dans le courant en roulant, tel un crayon dans une pente mouillée. (Un crayon pas de bras, bien entendu.)

  • Égratignez-vous les tympans à force d’entendre des bruits aigus de métal sur métal lors de coups de poing, de coude et d’arrière-train administrés à répétition contre un dos de méchant.


    "Ting!" "Ting!"

  • Gagnez en épatement devant les aptitudes qu’ont les deux amputés acteurs (davantage amputés qu’acteurs, en passant…) à user de leur situation pour réaliser divers tours d’adresse. Mentionnons de nouveau ici le maniement du bâton par le moignon du non-bras-munit-de. Décidément, Steven Seagal y chercherait quoi briser!


    La blanche au side. C'est de même qu'on joue au billard!

  • Sanglotez d’émoi devant l’entraide et la grandiose coopération de nos héros lorsqu’ils s’accrocheront littéralement ensemble (deux espèces de crochets de tôle sortiront ici du dos du pas-de-jambes (???) afin qu’il s’accroche aux épaules du pas-de-bras). Adossés ainsi l’un à l’autre, ils ne formeront pratiquement plus qu’un et deviendront REDOUTABLES en combinant leurs points (poings, pour un des deux seulement…) forts. Décidément, Ling Chang Kung est dans’ marde!


    Redonne-nous nos membres!

  • Gargouillez de joie de vivre et de surprise en voyant notre vieux maître surgir d’un panier (encore!?!) lors de l’amorce d’une simili intrusion embuscade dans le repaire des pas fins. Non mais, tout un cheval de Troie ce maître!





  • Les combats se révèlent tout aussi farfelus que divertissants (notamment dû à nos souriants démembrés). Les amateurs du genre sauront louer les drolatiques chorégraphies, aussi ridicules puissent-elles être.

    Original et efficace, on y apprécie également un rythme maintenu, éloignant de la sorte les possibilités d’ennui.

    On connaît nos limites dans ce film et s’en tient. Deux amputés, un sans bras, un sans jambes, ils se battent, et c’est parfait ainsi; on ne déborde pas vers diverses avenues d’où il serait difficile de revenir.

    Vides d’une quelconque profondeur, les dialogues émergeant de la bouche de la majorité des personnages laissent croire avec quasi certitude que ceux-ci ont le quotient intellectuel d’une marmotte. Une marmotte bridée.

    Il va sans dire que lors des nombreuses échauffourées, le spectateur se voit bombardé d’exécrables bruits tout aussi exagérés qu’improbables (bruits stridents de coup même quand les antagonistes ne font que de banals mouvement de pas). Bien que ceci ponctue l’action et le divertissement général, on peut se sentir agressé après quelques combats.

    Insolite de par les deux batailleurs infirmes siégeant aux premiers rôles du scénario, cette réalisation cinématographique se démarque de loin des autres films d’arts martiaux abracadabrants. Bien que les évènements se déroulent dans l’ordre convenu du bon vainquant le mauvais, on parvient toutefois aisément à oublier cet aspect, à la faveur du truculent agrément que procure le spectacle du rocambolesque duo de fractionnés.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Prendre des infirmes pour des chatons est apparement très drôle, même pour les chatons!




    Commentaires

    Despote
    19 Fév. 2008, 14:28
    Le concept est franchement génial, et l'extrait savoureux. Un infirme sans bras et un infirme sans jambe, ça se complète aussi bien qu'une truie de 400lbs avec un masque de zorro et une anorexique qui se nourrit de vapeur.
    Chardon purrulent
    11 Fév. 2008, 17:56
    Ce segment de chasse-à-la-laine est ma foie fort amusant. j'en veux encore.
    Elfie
    11 Fév. 2008, 09:29
    Je lève mes mains dans les airs en signe d'approbation. J'ai deux mains moi! AH!
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