Critiques




   CREEPOZOIDS


   SEPTEMBRE 1987


   DAVID DECOTEAU


   LINNEA QUIGLEY ET DES INCONNUS.


    1H12


    MOURRIR D'ENNUI: VOLUME 1


    HORREUR/SCIENCE-FICTION





 

 

 







Lorsque j'ai eu l'occasion d'acquérir ce film, j'ai tout de suite été séduit par le derrière de la boîte où figurent trois créatures grotesques et peu crédibles attaquant de pauvres humains sans défense. Cette démonstration de horrifiante m'avait inévitablement amené à déclarer "Oh, s'il prennent la peine de nous montrer trois monstres mutants à froid comme ça, c'est qu'il doit y en avoir encore plus dans le film!". Malheureusement, ma logique ne s'avèra pas implacable, loin de là!

Dans ce film, vous ne verrez que trois monstres, et ils auront tous l'air de marionnettes ridicules contrôlées manuellement par de gros monsieurs avec la tremblotte.

Et vous, de votre côté, vous aurez l'impression que vous venez de perdre 72 minutes de votre vie. 72 minutes qui vous ne reverrez jamais, qui sont perdues dans le néant.






Bianca, Butch, Kate, Jesse et Jake: Militaires fuyant la troisième guerre mondiale, ils se retrouvent dans un centre de recherche grouillant de monstres mutants! Bon... Le terme "grouillant" est peut-être un peu fort.


Rat mutant: Un gros rat particulièrement hideux ayant un inexplicable goût pour la chair humaine ainsi qu'un cerveau capable de stratégie. En effet, le rat semble avoir des tactiques d'attaque, contrairement aux humains stupides qui semblent vraiment vouloir se faire tuer au bout du compte, eux qui multiplient les décisions douteuses.


Grosse patente: Gros truc noir mutant avec des dents, mélange entre un insecte qui n'existe pas, un géant et un mammifère quelconque. Probablement créé par le scénariste alors qu'il était intoxiqué à l'alcool.

Le bébé: Résultat de l'accouchement de la grosse patente noire, le bébé semble déterminé à étirer ce film déjà pénible. Cela ne fait pas 20 secondes qu'il est né, il est déjà capable de sauter partout, de se cacher, et de décider qu'il veut assassiner les humains. Si nos enfants étaient comme ça, ils pourraient prendre leur retraite à 30 ans...


Les étagères : Les étagères sont une partie importante de ce film. Elles contribuent à continuer la torture cinématographique durant une bonne dizaine de minutes de plus, alors que le seul survivant du massacre se fait projeter dedans sans arrêt, ou lorsque le bébé s'y cache, en ressort, s'y recache, en reresort, s'y rerecache, en rereresort, et se rererecache! Tant d'actions prennent place autour des étagères! C'est palpitant.



Durant la troisième guerre mondiale, cinq déserteurs trouvent refuge dans un centre de recherche. Ce qu'ils voyaient comme une bonne idée au départ se retourne vite contre eux alors qu'ils sont attaqués par une grosse crisse de patente noire ainsi qu'un rat mutant, qui décimeront le groupe.

Un par un, nos militaires tombent au combat, pour ensuite "ressuciter" sous forme de zombie et attaquer leurs ex amis. En fait, ils ne ressucitent pas tous... Certains ressucitent, alors que d'autres entrent dans une rage terrible, fondent et crachent du jus noir. Et ils ne reviennent pas. Il n'est jamais expliqué pourquoi certains fondent et d'autres ressucitent. Mais bon, même si on le savait, je ne crois pas vraiment que ça rendrait le film moins pénible...

Enfin, toujours est-il que le groupe est vraiment stupide et qu'il persiste à rester dans le centre de recherche malgré les mutants qui les attaquent. Le tout se termine alors que le seul survivant se fait attaquer par le bébé qu'il croyait avoir tué en l'étouffant avec son cordon ombilical pendouillant et qu'il en meurt fort probablement (on ne le sait pas, mais assumons).

Vous devinerez le caractère épique de cette finale, qui ne tombe SURTOUT PAS à plat!




  • Dans le futur, durant la troisième guerre mondiale, le monde sera évolué à un point tel que les ordinateurs ne fonctionneront qu'avec des disquettes "floppy".

  • Les pluies acides auront pour effet de garnir les déserts de nomades mutants.

  • Alors que les humains doivent passer par des conduits de ventilation minuscules pour passer d'un endroit à l'autre dans les centres de recherche, les monstres de 3 mètres de haut, eux, semblent se téléporter de manière magique.

  • La mode du futur ressemble étrangement à la mode des années 80. Vous devriez penser à vous faire repousser la moustache.

  • Les étagères contribuent à augmenter considérablement la qualité des scènes de combat.

  • Le savon est érotique.

  • Il y a des conduits d'aération géants derrière les bureaux.

  • Les pluies acides font fondre les gens et provoquent des mutations. Malgré une corrosion capable de liquéfier les os, la pluie laisse toutefois intacts les bâtiments, qu'ils soient construits en béton ou en bois.





  • Premièrement, ce monstre hideux (vous saurez duquel je parle, il n'y a pas assez de créatures pour qu'on puisse se tromper) nous apporte de nombreuses minutes de non-divertissement et d'incompréhension. D'abord, il asperge ses victimes d'une sorte de jus noir, et on ignore vraiment quelle en est l'utilité. Ensuite, il semble pouvoir se téléporter partout à une vitesse incroyable, alors que lorsqu'on le voit devant la caméra, il avance aussi maladroitement que Martin Deschamps qui fait du ski nautique. Et le comble, c'est qu'il accouche d'un enfant avec une face HUMAINE. Là, je ne comprend vraiment pas. Comment peut-il accoucher, alors qu'il n'y a qu'UN monstre noir, et comment cet enfant peut-il avoir une putain de face humaine? Ce non-sens m'énerve... Un des pires scénarios que j'ai jamais vu de ma vie, et j'en ai vu de très mauvais, croyez-moi.

    = ?

  • La scène la plus insuportable du film est celle où une des filles, la blonde, se retrouve avec son amant sous la douche et qu'ils se savonnent en gémissant. Et là ils frottent, et y'a du savon, et ils se savonnent plus, et leur peau est savonneuse, et y'a des bulles, et ils sont haletants, se touchant toujours avec le savon! Procurez-vous tous de ces barres de savon, mais attention, vous pourriez vous retrouver sur le sol en vous tortillant de plaisir devant la cassière du magasin!


  • Sinon eh bien, il y a quand même deux ou trois scènes qui m'ont un peu fait sourire, notamment la scène du rat qui saute au cou de la fille aux cheveux noirs qui avait eu l'intelligence de regarder sous le canapé, la tête à l'envers, alors qu'elle savait pertinemment que le rat mutant était en dessous et que sa seule arme est la morsure. Tant qu'à vouloir mourir, pourquoi ne se met-elle pas nue en exigeant l'amour oral de la grosse patente noire?

  • Dans les scènes que j'ai trouvé pas si mal, il y a quand les gars "fondent" et crachent du jus noir. C'est plutôt bien foutu et suffisamment juteux pour que ça vaille la peine. Ce fut malheureusement un des seuls divertissements à tirer de ce film.

  • Cependant, il reste toujours LA pire scène du film, que je vais vous décrire rapidement. Le seul survivant, un des gars, est complètement seul. Il a tué le monstre noir, qui a accouché du bébé. Théoriquement, le film aurait dû finir, et il n'y aurait pas dû y avoir de bébé. Mais il y en a un. Le problème, c'est qu'on ne semble pas avoir de scénario déjà écrit sur ce qui va arriver, et on est probablement déjà hors-budget. Alors, la seule chose qu'on trouve à faire, c'est étirer le temps.

    Le bébé, caché dans les étagères, saute dans le visage du gars! Le type parvient à se déprendre, lançant le bébé dans les étagères. Malheureusement, il a perdu le petit de vue, ce qui fait qu'il le cherche à nouveau. Et là, sorti de nul part, le bébé lui resaute à la figure! Et notre gars, désespéré, le sacre au bout de ses bras, dans les étagères. Mais où est-il maintenant?

    Vous comprenez le principe? Le même manège se répète, encore et encore, et c'est interminable... Éventuellement, le gars finit par mettre définitivement la main sur le bébé, mais ce n'est qu'au bout de 5-10 minutes que l'action salvatrice se déroule! Quelle perte de temps épouvantable...



  • Mention honorable aux quelques créatures présentes dans le film qui parviennent quand même à nous divertir ainsi qu'aux explosions de jus noir qui apportent une petite dose d'action dans cet amoncellement de scènes amorphes. Mais la question est la suivante: ces segments sont-ils réellement bons, ou bien parviennent-ils à tirer leur épingle du jeu seulement parce qu'ils détonnent avec la médiocrité incroyable du reste du film?

    Le film est carrément une déception. Commençons par la boîte bien trompeuse (on commence à s'y habituer...) qui nous montre un type ultra musclé faisant face à une créature bien dessinée qui a une langue baladeuse, le tout sur un sol jonché d'os sur lequel prennent place deux femmes en brassière... Quelqu'un peut me dire de quel film ça vient, hein?

    Il y a quand même une certaine originalité scénaristique, mais elle est tellement mal rendue que ça étouffe les idées. Je ne comprend pas comment un gars sans aucun budget peut penser à filmer un truc qui se passe durant la troisième guerre mondiale avec des monstres mutants et penser pouvoir s'en tirer sans que ça ait l'air incroyablement stupide, surtout avec un aussi maigre budget.

    Plusieurs scènes nous font rire, mais la plupart du temps, le rythme nous tue, nous scie les jambes. C'est réellement dur à décrire, à quel point tout devient long, malgré la petite heure et douze que dure ce déchet. Il semble que chaque scène, chaque plan, chaque appréhension d'action, s'étire, s'étire et s'étire, inlassablement, pour meubler un peu plus de temps.

    Si vous êtes ce qu'on appellerait "maniaque" de films mauvais, et si les longueurs vous font rire, vous venez peut-être de rencontrer votre film idéal. Autrement, le tout n'est qu'un enchaînement atroce saupoudré de quelques moments potables, mais qui, lorsqu'on prend du recul, ne viennent rien changer. C'est un peu comme manger un tas de merde et trouver un biscuit intact au centre... L'arrière goût ne devient pas plus doux.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Voici LA MOITIÉ d'une des QUATRE attaques du bébé. Vous pouvez goûter à un soupçon d'éternité, savourez-le!




    Commentaires

    Séb
    05 Avr. 2007, 20:43
    J'ai également subi l'épreuve qu'est ce film. Selon moi, les seules copies vendues de Creepzoids ont servies aux propriétaires de club vidéo nécessitant un exemple à présenter de cassette VHS fondue oubliée au soleil. Il s’impose alors de supposer que la copie possédée par l'auteur de la critique a survécu grâce à (ou plutôt "à cause de"...) une journée nuageuse…

    À déconseiller à tous, malgré que si vous allez jusqu'à dénicher ce merdier audiovisuel, vous méritez sans doute de le subir vous aussi.
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