Critiques




   BLOODSUCKERS FROM OUTER SPACE


   1984


   GLEN COBURN


    1H19


    SUCEURS DE SANG


    COMÉDIE/HORREUR





 

 

 






Ce film est un classique du cinéma de série B. Non, le terme est trop faible: c'est l'archétype du série B, c'est l'emblème parfait, c'est ce que tout film sans budget et réalisé par des gens sans aucun talent ni oeil pour l'esthétisme devrait être. C'est l'ultime mauvais film, qui réunit tous les défauts charmants du genre, celui que vous recherchez sur e-bay, dans les marchés aux puces ou sur les tablettes de vidéoclubs de campagne. Combinant les dialogues douteux, les scènes risibles, les effets spéciaux manqués et une histoire sans aucun attrait, ce Bloodsuckers from outer space représente un coup de coeur personnel. Pour amateurs de médiocrité seulement!





Jeff : Photographe pour un petit journal de quartier, Jeff tente par tous les moyens possibles d'élucider une affaire de meurtre qui sévit dans son patelin.


Julie : En visite dans la campagne texane, cette femme de Dallas se cherche un prostitué masculin qu'elle pourra droguer et baiser tout en brisant des bibelots.


Oncle Joe et tante Kate : Couple de fermiers typique, avec la femme soumise qui ne doit pas dire un mot plus haut que l'autre en plus de faire office de servante, et avec l'homme dominateur et arriéré qui croit que la télé numérique mexicaine transmet des messages communistes.


Ralph : Frère de Jeff, c'est un scientifique très peu professionnel qui se défonce avec des médicaments expérimentaux dont il ignore les effets en compagnie de ses potes de laboratoire.


General Sanders : Gros américain caricatural qui adore les armes au point où il ne peut s'empêcher de sortir son pistolet pour pointer les gens lorsqu'il se met en colère.


Norman : Concierge du centre de recherche, Norman joue le rôle typique du personnage un peu sauté qui sait qu'un malheur va arriver. Seulement, dans ce cas-ci, c'est complètement raté car le concierge est inarticulé et doit utiliser le mot "étrange" au moins deux fois dans chacune de ses phrases, notamment lorsqu'il averti les scientifiques "que les gens sont étranges, qu'ils font des enfants étranges et que cela résulte en un cycle aussi infernal qu'étrange". Étrange, n'est-ce pas?







Allons-y en détails, car le film est très rare!

Dès le début, nous avons droit à un palpitant deux ou trois minutes de travail de la ferme de la part d'un type douteux portant une casquette filet de couleur jaune. Mais vraiment un deux minutes COMPLÈTES. C'est incroyablement pénible. Il installe une clôture, il nourrit les poules, il balance une plaque de tôle dans un tas de morceaux de tôle. Ça promet.

Finalement, de manière totalement innatendue, notre ami se fait percuter par une rafale de vent. Il retient sa casquette afin d'éviter qu'elle ne s'envole dans ce véritable typhon! Nous avons ensuite droit à des plans de caméra de tous les angles du type. À chaque dixième de seconde, on montre un plan différent, si bien qu'on s'y perd très rapidement. Fait à noter, tous les plans sont statiques (et de qualité d'image différents. Certains plans sont de moindre qualité, comme "jaunis" par l'utilisation d'une caméra de piètre qualité). À ce moment de l'histoire, nous imaginons qu'ils sont tout simplement incapables de faire des plans en mouvement, alors ils prennent tout les angles possibles pour nous donner une impression de progression dans l'espace. Très efficace...

Enfin, toujours est-il que le type, après la rafale, se met inexplicablement à vomir du sang sur le sol. Il tombe par terre et se plie en deux en offrant une panoplie de subtilitées dans son jeu d'acteur.

Puis, devant le pauvre cadavre, une terrifiante musique format MIDI, digne des plus belles sonneries de cellulaire, s'élève dans l'air et nous glace d'effroi. Le cadavre se relève, maintenant zombie, et se crochit les doigts maladroitement, avant de lancer un hésitant "arrr! ARRR!" afin de nous effrayer. Le maquillage bleu et les veines de cinq pouce de large au crayon de cire dans le cou du zombie nous montrent d'ailleurs à quel point le département des effets spéciaux était bien financé!


À partir de ce moment, nous savons que nous aurons droit à un navet d'une proportion jusqu'ici inégalée!

Au cours du film, nous verrons Jeff, un type quelconque originaire de la campagne, et sa nouvelle copine combattre une infestation de morts-vivants qui sont infectés par un vent venu de l'espace (ne me demandez pas comment). Ils finiront par triompher à la fin en découvrant le remède: une bombonne d'oxyde d'azote (qu'ils inhalaient jusque là pour se droguer) qui neutralise le vent! Pendant ce temps, des gens dans un laboratoire de recherche découvriront le phénomène mais seront infectés, et un général de l'armée lancera une bombe atomique qui atterrira malheureusement dans un camp de nudistes. Son acolyte manifestement homosexuel se fâchera de cette manoeuvre et l'étranglera pendant que Jeff et Julie s'embrasseront devant un coucher de soleil.

Quel film romantique!


BONUS: CITATIONS MÉMORABLES!

Joe: Je veux te parler de ton avenir, fils.
Jeff: Écoute, inutile d'en parler, je ne suis pas ton fils. Je m'appelle Jeff, mes parents sont morts.
Joe: Depuis que tes parents sont morts, je me sens responsable. Ton père était comme un frère pour moi.
Jeff: Mais c'était ton frère!
Joe: Hum, oui, c'était mon frère...

Gardien: Qu'est-ce qui me prouve que vous êtes bien de l'armée américaine, m'sieu?
Chauffeur: Nous roulons dans une grosse bagnole noire avec des drapeaux américains sur les deux ailes, ça vous suffit pas?

Général Sanders: Ça, c'est la plus grosse connerie qu'il m'ait été donné d'entendre.
Femme scientifique: Voulez-vous en connaître la suite?

Général Sanders: Les études c'est de la connerie! Moi je n'ai que des armes! (Il extirpe un pistolet de sa poche et menace les scientifiques)

Jeff: On ne vous laissera pas nous sucer!

Jeff (usant d'une voix suave): Rapproche toi un peu...
Julie: Je ne peux pas, le levier de vitesse m'en empêche!
Jeff: ... ce n'est pas le levier de vitesse!





  • Lorsque la compagnie qui produit le film s'appelle "one-of-those-productions", il y a de quoi être inquiet. Surtout lorsque c'est une division de "one-of-those-corporations".

  • Les policiers texans font très attention à la préservation des preuves, comme le prouve celui qui balance une cuisse de poulet à moitié mangée sur un cadavre fraîchement découvert.


  • Les mormons pédés sont aisément suspectés de sucer le sang des gens.

  • L'art c'est de la merde, et on y comprend rien. Tenez-vous le pour dit.

  • Si jamais vous attrapez une crevaison en voiture, sachez que la solution idéale pour attirer du secours est de vous mettre à frapper sur votre véhicule à grands coups de barre à clous, défonçant toutes les vitres et provoquant volontairement l'éclatement des phares.

  • Tout le monde possède un laisser-passer permettant d'avoir accès à un centre de recherche militaire américain. En avoir un ne prouve donc rien.

  • Le mot de passe le plus efficace pour passer une grille est celui qui consiste à menacer le gardien de lui tirer une balle en pleine tête.

  • Le vent extra-terrestre est la plus grande découverte depuis le cancer.

  • Il n'est pas nécessaire de détacher un mort-vivant prisonnier feintant la mort pour le torturer avec des objets, surtout qu'il pourrait subitement se réveiller et se saisir du scalpel que vous avez laissé traîner sur son torse.

  • La première question qui nous brûle les lèvres alors que nous decouvrons un domicile dont les murs sont tachés de sang serait inévitablement: "quelqu'un aurait-il égorgé une vache dans ce salon?".

  • Les couples qui se font surprendre sous la douche par un virus zombifiant lançent du sang avec leurs mains dans les rideaux. Ça chasse les mauvais esprits.

  • Les pattes des tables de cuisine sont suffisamment coupantes pour trancher un bras humain d'un seul coup.

  • La stratégie zombie la plus commune consiste à balancer un mannequin désarticulé en bas d'un toit afin d'effrayer ses futures victimes.


  • Certains zombis ne comprennent pas pourquoi il faut devenir méchant une fois que l'on est infecté! Je suppose que cela vient avec la pratique.





  • Tombez sous le charme du générique d'avant-film qui est agrémenté de musique classique durant le défilement des droits de diffusion et qui offre une panoplie d'animations de logos programmés en visual basic.

  • Laissez-vous hypnotiser au contact d'une scène totalement étrange alternant un type qui vomit du sang par le nez dans un tas de garnotte et des animaux de la ferme.

  • Soyez subjugués devant une traduction totalement indifèle au texte d'origine, poussant même l'audace jusqu'à faire rire des personnages qui ne bougent pas les lèvres et faire parler calmement d'autres qui hurlent.

  • Découvrez les réelles moeurs du président des États-Unis, qui prend place dans un bureau vide accompagné d'une "playmate" et qui reçoit sans cesse des appels de généraux qui le supplient de pouvoir utiliser des bombes nucléaires, ce à quoi il doit rétorquer de sa voix nasillarde: "Hey, trouduc, tu ne me diras pas quoi faire! Combien de fois devrais-je te dire qu'on utilise pas de bombe nucléaire dans notre propre pays?", pour finalement céder à contre coeur: "Bon d'accord, mais juste une petite bombe, une toute petite bombe!". Une chance qu'il est là pour protéger ses citoyens.


  • Assistez à la scène de sexe la plus agressante de l'histoire du cinéma, consistant en un plan statique sur une maison alors que des cris sauvages fusent à l'intérieur et que l'on peut discerner des bruits de destruction de meubles et d'éclatement de porcelaine. Le tout se termine à l'intérieur avec Jeff en caleçons qui déclare devant son appartement pulvérisé: "Je crois que je vais devoir refaire la décoration". Classique.

  • Devenez totalement hilares devant une décapitation à la scie mécanique laissant un zombie sans tête qui se déplace CLAIREMENT avec les vêtements fermés au-dessus de la tête de l'acteur.


  • Voyez un combat de kung-fu atrocement chorégraphié entre un zombie en salopettes de jeans qui peine à faire une savate et un type sans équilibre pendant qu'une musique au banjo vient vous écorcher les oreilles.





  • Les amateurs de films mauvais seront tout simplement ravis. Les dialogues sont parfaits, l'histoire est complètement invraisemblable et comporte plusieurs trous dans le scénario, il y a suffisamment d'action, et elle est totalement risible! Bloodsuckers n'a peut-être pas de mutants, ninjas ou robots, mais il respire littéralement la nullité par chacunes de ses pores! Chaque moment est à la fois un ravissement et une torture.

    Les moments sanglants tombent tous lamentablement à plat, en plus d'être rares! On sent que la note aurait pu être poussée plus loin avec des démembrements cocasses plus fréquents.

    Pour tous ceux ici qui aiment réellement l'ineptie, ce film est pour vous! Un bijou parmis les déchets.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: Lorsque votre oncle tente de vous convaincre de sucer, la seule alternative reste le kung-fu.