Critiques




   BLOOD DINER


   JUILLET 1987


   JACKIE KONG


    1H28


    DÎNER SANGLANT


    COMÉDIE/HORREUR





 

 

 







Les femmes réalisatrices ont toujours eu grand peine à faire leur place dans le domaine des films d'horreur, de même que du côté des comédies d'horreur. Lorsqu'elles s'embarquent dans un projet de ce genre, elles semblent toujours plus ou moins malaisées à jouer avec les clichés (notamment la nudité féminine) et à assumer la violence. Cela donne plus souvent qu'autrement des oeuvres horribles (le sixième de la série des Griffes de la nuit, notamment)...

Cependant, avec Blood Diner, Jackie Kong nous prouve que nos préjugés sont faux et qu'ils n'ont été nourris que par de mauvaises expériences sporadiques, des cas isolés. Elle sait jouer avec son matériel, en plus de nous donner un film dynamique et parodique qui évite la répétition tombant à plat pour plutôt être aux films de restaurateurs cannibales (Blood Feast) ce que Return of the living dead a été pour la série de Romero, c'est à dire un scénario de base calqué sur ce qui a déjà été fait, mais un déroulement original, qui vit sa propre existence.

Et puis, nous ne pouvons que tomber sous le charme d'un film dont la moitié des personnages ont été grossièrement redoublés en studio et où l'on se gave de doigts frits sans se poser de questions...





Michael Tutman: Nouveau chef de famille, Michael suit les instructions mal doublées de la cervelle de son grand-père afin de le ressusciter dans le corps de Sheetar.


George Tutman: Blondinet névrosé toujours à sautiller, baver et crier dans tous les sens, qui doit apprendre à se contrôler afin de faire efficacement la collecte des morceaux chez quelques putes des environs.


Connie: Jeune femme affreuse qui tombera sous le charme hypnotique de Michael et qui devra être exécutée à la gloire de la déesse sumérienne Sheetar car elle est vierge. Ces hymens sont tellement importants...

Stan: Un chef concurrent (et ventriloque) qui tient un restaurant végétarien frisant la faillite. Il cherche à voler le secret de la cuisine des Tutman.


Même la marionnette trouve sa soupe infecte.

Anwar: Disciple de Sheetar qui a enseigné les vertus de la cuisine cannibale à ses neveux. Il finira sa vie dans un bocal d'eau qui fait des bulles.






Ayant été initiés très jeunes aux rites cannibales et aux formules de magie noire, les frères Tutman se sont ouvert un petit restaurant dans lequel ils attendent le bon moment pour préparer un buffet sanglant. Celui-ci doit être orchestré avec soin, et c'est pourquoi ils s'enquièrent auprès de leur oncle décédé afin d'obtenir la recette originale, qui comprend maintes subtilités!


Une fois l'aide de leur oncle assurée, nos deux amis devront obtenir les parties du corps de différentes femmes, transgenres et hermaphrodites afin de créer un corps mutilé aux multiples facettes qui servira d'entrée dans le monde des vivants pour la déesse Sheetar!


Une myriade de personnages douteux tenteront de les arrêter, à commencer par un chef policier colérique qui bat ses agents, puis Jimmy Hitler, un lutteur nazi, ainsi que d'un groupe de musique composé d'un chanteur perruqué au pénis en caoutchouc, d'une vache en peluche et d'Hitlers saxophonistes (hum, c'est récurrent, ces allemands!), pour se terminer avec un vomisseur en série et une femme qui se fend en deux au moindre choc.

Mais les frères Tutman sont rusés, et usent donc de leur restaurant afin de passer les morceaux de corps inutilisés aux clients, qui eux n'y voient que du feu, se gavant de mets manifestement composés de restes humains sans sentir le moindre doute poindre à l'horizon. Un pancréas farci aux yeux? Miam! Un apéritif rougeâtre et non alcoolisé qui goûte tout sauf la fermentation? Pourquoi pas! Et les doigts frits d'un inspecteur alimentaire qui n'est jamais ressorti de la cuisine? Allons-y tout de suite!

Bref, vous voyez un peu le genre! Nos protagonistes se baladent un peu partout en tuant gratuitement à peu près tout ce qui bouge et s'en sortent toujours indemne, jusqu'à la finale où tous s'entredévoreront et où on ressentira l'envie de faire gagner les gentils policiers dont on s'est foutu complètement durant tout le film...





  • La fameuse phrase "I'll be back" du Terminator est peu rassurante lorsqu'elle est gravée sur une pierre tombale.

  • Les branches qui se détachent des arbres font rire les gardiens de nuit comme des fillettes.

  • Il est dangereux de contrarier un maniaque, surtout s'il a un hachoir de boucher dans une main et ses parties génitales coupées dans l'autre.

  • Les yeux sont dans un équilibre précaire. Le moindre choc peut donc les faire tomber sur le sol.

  • Les hommes en habit de sport qui se donnent des claques se font inévitablement matraquer gratuitement par les policiers.

  • Les cerveaux ne se décomposent pas. Avec le temps, ils ne font que devenir de plus en plus gluants, s'envolant dans les airs dès qu'on tente de les attraper, à la manière d'une barre de savon mouillée.

  • Il est compréhensible (et même tout à fait acceptable) de piller des tombes le soir de l'Halloween.

  • Se laisser dégueulassement pendre la langue est une excellente manière de draguer.

  • Claquer des doigts est une chose exagérément cool, surtout sur une piste de danse sous l'influence d'une surdose de spraynet.

  • Les gens qui pleurent doivent être transportés en civière.

  • Il existe un type de comprimé qui rend instantanément cannibale.

  • Tout film devrait contenir au moins une scène flashback montrant un homme obèse battant des femmes nues sous une musique de cirque.

  • Les leçons d'aérobie sont toujours mieux lorsque agrémentées par des femmes aux seins nus qui se ballottent la poitrine d'un bord et de l'autre.





  • Apprenez-en plus sur les réelles conséquences des brûlures à l'huile, alors que Michael s'offre une petite partie de jambes en l'air avec une playmate transgenre qu'il couvre de lait et de yogourt. Le tout n'est évidemment qu'une stratégie pour tuer la dame en question, mais les évènements prennent un drôle de virage... Notre protagoniste prépare l'huile à frire et plonge la tête de sa victime dedans, et à ce moment là, on s'imagine tous qu'il va bêtement lui faire fondre le visage. Eh non! Lorsqu'il lui extirpe le crâne de là, c'est devenu une PATATE géante!

    Elle sera ensuite décapitée par un coup de balais.


  • Consternez-vous alors qu'un gros client commet une erreur fatale en affirmant que la lutte est un sport de tapettes et en proposant un combat de bras de fer avec George. Ce dernier s'enflamme immédiatement, saute par-dessus le comptoir et étrangle notre lard, le faisant vomir partout sur les clients et sur les tables. Pour s'excuser, on lui essuie sommairement les grumeaux pris dans sa barbe et on lui offre du ragoût gratuit. Une contre-attaque complètement surréaliste...

  • Admirez un autre moment débordant d'étrangeté qui survient lorsque nos deux frères meurtriers se rendent dans une discothèque pour y recruter deux victimes. Ils sont arrêtés par un portier zélé qui réclame leur identité. Il n'en fallait pas plus pour qu'il soit projeté sur le sol devant un char qui bounce sous une musique de klaxon de la cucaracha et qu'il se fasse écrabouiller la tête, ce qui fait rire tous les gens en ligne devant le bar. L'autre portier lui demandera ensuite s'il va bien, mais il n'obtiendra pas de réponse...

  • Découvrez les méandres de l'interminable alors que Georgie happe un motard avec sa camionnette et se retourne pour voir les dégâts, découvrant que celui-ci est assis sur la route en pestant qu'il a mal au crâne. Notre maniaque routier se fâche, s'arrête et lui recule ensuite dessus! Le problème, c'est que le motard est toujours vivant et qu'il rampe maintenant sur la chaussée! Alors on lui repasse sur le corps... Pour découvrir qu'il boite maladroitement en tentant de quitter la route! George se fâche et l'écrase à nouveau, mais notre éternel motard rampe ENCORE sur le sol, refusant TOUJOURS de crever! Hilarant.


  • Assistez à une scène purement dégoûtante: un de nos personnages baisse ses pantalons en voiture et montre ses fesses à une conductrice tout en émettant des gaz grossiers. Celle-ci réagit en lui balançant son burger dégoulinant dans la raie... C'est tout simplement crasseux.

  • Voyez un homme tout à fait malchanceux qui se fait tour à tour entrer un couteau dans l'épaule, puis couper une main à travers une fenêtre et une autre alors qu'il ferme la porte de sa voiture! Notre pauvre bougre termine sa course en conduisant avec des moignons qui giclent dans le pare-brise (il essaie de contrer le tout en actionnant les essuie-glace, mais c'est vain car ils sont quand même pour l'extérieur de la vitre...) et qui le font s'emboutir au ralenti dans une timide pente, ce qui cause sa mort. À noter que tout au long de cette scène, notre ami peste contre ses blessures sans aucun signe de douleur dans la voix.

  • Étonnez-vous devant une femme nue victime d'une attaque à la hache qui se révèle comme étant une amazone héroïque maîtrisant le kung-fu (qui trouvera malheureusement la mort lorsque assommée par la chute d'un stalactite).




  • C'est un véritable feu roulant de niaiseries! Chaque moment du film est un bon prétexte pour insérer un démembrement loufoque, un dialogue innaproprié ou une grossièreté surprenante.

    Les personnages sont joués avec énergie et démence par les acteurs, ce qui ajoute nécessairement beaucoup d'agrément au visionnement, trop souvent ternis par de mauvaises performances dans le domaine du petit budget.

    La violence dans le film est toujours amenée de bonne manière, sans tuer l'aspect comique tout en restant saisissante.

    La finale est vraiment ratée et détonne avec le reste de l'histoire. Nous sortons d'un environnement loufoque pour se couvrir à l'abri sous l'éternelle fin pseudo-dramatique avec une pseudo-victoire des "gentils", qu'on ne veut vraiment pas voir.

    Pour certains, l'immaturité des gags peut tuer l'oiseau dans l'oeuf. Mais rassurez-vous quand même, c'est plus raffiné que du Troma.

    Un film sorti de nul part qui se révèle comme un divertissement garanti. On ne s'ennuie pas, et bien que certains soient réfractaires au type horreur-comédie, cela n'empêche pas Blood Diner d'être très réussi dans le genre.





    Cliquez sur l'image pour visionner l'extrait.

    Résumé: La lutte, c'est vraiii!




    Commentaires

    Leopold Bloom
    12 Sep. 2007, 09:58
    "Assistez à une scène purement dégoûtante: un de nos personnages baisse ses pantalons en voiture et montre ses fesses à une conductrice tout en émettant des gaz grossiers. Celle-ci réagit en lui balançant son burger dégoulinant dans la raie... C'est tout simplement crasseux. "

    Hahaha! Du grand art!
    Despote
    10 Sep. 2007, 17:10
    Merci de m'avoir montré du doigt cette grossière erreur d'inattention!

    Pour ce qui est d'Ishtar, non, c'est vraiment Sheetar dans le film. Le nom a probablement été modifié pour accentuer le sentiment de parodie, même si ce n'était pas réellement nécessaire.
    Ichneumon
    10 Sep. 2007, 12:07
    ''Michael Tutman: Nouveau chef de famille, Michael suit les instructions mal doublées de la cervelle de son grand-père afin de le ressusciter dans la corps de Sheetar.''

    LE CORPS, PAS LA CORPS!

    *Te tape sur les doigts avec une égoïne.

    Et la déesse sumérienne, c'pas plutôt Ishtar?
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