Nous ignorons tous de quoi le futur sera fait, mais il semble que les réalisateurs italiens des années 80' le savaient encore moins que quiconque. Ils croyaient à la multiplication des utilités du plastique et des boutons, à l'augmentation de la grosseur des consoles et des ordinateurs géants, à la complexification de tous les systèmes de mot de passe et d'ouverture de portes ainsi qu'à l'accessibilité accrue des bombes atomiques à tous les pays et groupes extrémistes de la Terre, qui s'en serviraient pour la moindre péccadille. Le tout se terminerait évidemment en guerre atomique impulsive et réduirait la planète en un désert calciné stérile rempli de mutants à moitié débiles.
Un de des plus fervent croyant à l'italo-apocalypse, Sergio Martino, a décidé un jour de plagier plus ou moins subtilement Escape from New York de Carpenter et de mettre le paquet dans les décors, le maquillage, la musique et les effets spéciaux, malgré un budget totalement dérisoire, pour arriver avec l'emblème parfait de l'italie radioactive. Voici New York comme vous ne l'avez jamais vue: en carton, peuplée d'ignobles hommes encroûtés, et offrant un panorama de maquette pas plus réaliste qu'un projet de foire scientifique d'enfants du primaire.

Parsifal: Réplique quasi exacte de Snake Plissken complètement dépourvue d'émotions qui n'a aucune objection à laisser la dernière femme fertile de la Terre se faire inséminer par un singe. N'a pas plus de réticence quant au fait d'être fréquemment poignardée, c'est le métier qui entre.

Tuer des gens semble aussi palpitant que d'attendre dix heures à la clinique médicale en lisant des vieux Reader's Digest.
Ratchet: Homme âgé avec une patch de pirate en tissu qui possède une force surhumaine le rendant capable d'arracher des portes en acier trempé auxquelles des grenades ne parvenaient pas à faire la moindre égratignure. Il se défend avec une paire de minuscules billes en métal reliées à de longues ficelles qu'il fait tournoyer avec bruit et qui parviennent étonnamment à ASSOMMER.
Big Ape: Semi-homme, semi-singe, mais surtout inexplicablement semi-costumé en garde de palais impérial dans un film de Sinbad! Personne ne semble oser dire à cet antipathique gorille que l'époque des pirates est révolue (surtout lorsqu'il s'agit du futur), ce qui empêche le chef de la brigade des hommes simiesques de se débarrasser de sa gigantesque chemise orange fluo'.

- Big Ape: Bon et maintenant, à bâbord toute!
- Les autres: Euh...
Bronx: Toujours en danger malgré sa main de métal en forme de pinces capable de défigurer les visages les plus anguleux, Bronx est peu utile dans le domaine du combat. C'est qu'il sert surtout lorsqu'il s'agit de s'orienter à New York, grâce à son sens directionnel surdéveloppé. Malheureusement, il ne donne pas une seule indication de tout le film, ce qui le rend relativement inutile.
Giara: Blondinette insensible à la radiation (c'est la seule à ne pas être enlaidie de brûlures et croûtes faciales gênantes, probablement parce qu'il serait illogique que la femme sexy du film soit dégueulasse) qui a tôt fait de séduire Parsifal. Poignardée dans le bide par Ratchet.
Shorty: Ignoble nain tapis dans les dédales d'égouts parcourant la ville qui décide de prêter main forte à nos héros en cours de route. Finira par commettre hara-kiri sur la partie saillante d'un carburateur.
Ania: Dirigeante intérimaire des Euracs, qui est un groupe encore intouché par la guerre qui pratique des expériences génétiques sur les habitants de New York. Son costume de latex et son pentacle triangulaire témoignent de son allégeance au maître de la troupe qui se fait soigner tout au long du film (et descendre justement lorsqu'il est rétabli à la fin).
Les Euracs: Mercenaires de noir latex vêtus, casqués de chapeaux grillagés à collets Darthvaderesques, qui usent de montures chevalines d'une blancheur immaculée et de leurs arbalètes-laser pour aller attaquer les habitants mutants des quartiers les plus mal famés de la ville en ruines. Ils n'hésitent pas à engager quelques locaux utilisant des armes rudimentaires (bâton avec des piques, hache, strap de gant avec des piques aux jointures et lance-flammes!) pour venir à bout de ces immondices sans défense.


1999: Un holocauste nucléaire
rase toute la planète et baigne les survivants dans des radiations malsaines qui font fondre les ovaires et rabougrir les testicules. La Euro Afro Asian Unity (bref, n'importe quel peuple sauf les américains) clament avoir pesé sur le bouton ultime de destruction et prétendent donc avoir gagné le conflit. Au centre de l'univers (New York), les quartiers généraux de cette organisation diabolique cherchent à trouver comment rendre la fertilité aux humains, eux qui ne verront pas naître d'enfants pendant plusieurs années, jusqu'à ce que notre histoire commence, en 2019.
C'est à ce moment que nous faisons connaissance avec notre héros, qui participe à une course complètement débile dans le désert du Nevada devant une foule composée d'une quinzaine de punks crottés qui se réjouissent en sautant sur des dunes de sable. Ses quatre adversaires usent de lance-roquettes portatifs et se prémunissent contre les dangers grâce à leurs épaulettes de plastique, leurs casques de football, leurs armures médiévales ainsi que leurs heaumes de chevaliers. Les voitures sont modifiées à la mode dernier cri, avec de grosses armures, des plaques (en forme d'immenses boucliers ou de portes de voitures) d'acier, partout autour de l'automobile et pourvus d'immenses piques acérés. Les roues sont également armées d'excroissances en métal visant à crever les pneus de l'ennemi. De plus chaque véhicule est muni d'un bazooka sur son toit ainsi que d'un dispositif de mitraillettes approximatives.

Peu après sa non-étonnante victoire, notre personnage principal, Parsifal, est enlevé par deux hommes louches sillonnant le territoire à bord de leur vaisseau de plastique aiguillé par de subtils fils de pêche, qui l'assomment avec un fusil à proton lançant une série d'ondes laser verticales de couleur vert flash. Parsifal est ensuite emmené en Alaska, dernier territoire libre des États-Unis, où il se fait remettre la périlleuse mission de secourir la seule femme fertile du monde qui se trouve quelque part à New York. Sa récompense (ainsi que celle de ses acolytes) serait un vol direct vers une galaxie lointaine où l'homme entend reprendre la civilisation, repolluer et retrouver du matériel pour construire de nouvelles bombes.
Parsifal accepte et se rend alors au coeur de la dévastation, repaire maudit des Euracs et cachette d'une multitude de mutants et de cinglés aux maquillages criants de réalisme.

C'est bien ce que je pensais, la péremption de ta tête est dépassée de six mois, ça explique la moisissure!
Malheureusement pour Parsifal et sa bande, ils sont capturés, et ce, à de (trop) nombreuses reprises. Mutants, fétichistes des rats, Euracs et hommes-singes seront au menu au cours de leur périple, qui se conclura à bord d'une bonne vieille voiture renforcée de chaînes et feuilles métalliques rongées, qui devra parcourir un tunnel bondé de lasers, mines, gardes qui sortent des murs, panneaux de bois factices, gaz délétères et autres écueils du même acabit.

Avec la visibilité réduite, c'est à se demander si c'est pas encore plus dangereux...
Il suffit de remettre un oeil arraché dans son orbite vide pour que le nerf optique se rattache et que la vision redevienne fonctionnelle.

Vous devriez cesser d'encourager vos copains à jouer aux dards dans le noir, ça fait trois fois ce mois-ci...
En période de stérilité technologique, les pistolets trouveront quand même le moyen d'être améliorés et de faire des trous de la grosseur d'un cendrier dans le dos des ennemis.
Les policiers qui débusquent les criminels dans des galeries souterraines en utilisant une alarme stridente ne pensent pas toujours à ceux qui se mettent de la terre dans les oreilles.
Boire de l'eau radioactive cause le vomissement continuel de 3 kilos de gruau vert forêt.
Les rats sont une espèce de rongeurs cannibales attaquant en groupe organisés qui possèdent des aptitudes de saut en hauteur.

Les bouches d'égout sont purement décoratives: elles mènent à une cachette de pas plus d'un mètre de profondeur sans échelle pour aller vers le fond. Les canalisations, la merde ou l'eau y sont absentes, c'est tout bonnement un trou pratiqué dans la terre, sans utilité quelconque.
Il est intelligent de laisser un prisonnier sans menottes muni d'un bras robotique modifié en arme blanche s'approcher dangereusement de notre visage avec son attirail meurtrier.
Les nains sont plus sensibles aux altérations sonores. Il n'est donc pas rare de les voir facilement mourir d'une surdose d'ondes auditives en écumant comme des chiens enragés.
Les femmes qui nagent sont immunisées aux fusils paralysants.
On peut créer de vibrantes symphonies avec une trompette rouillée.
La cotte de maille est un vêtement élastique conçu spécifiquement pour effectuer moult cascades, étirements et mouvements contraignants sans se sentir pris.
Les tables d'écartèlement automatisées qui enchaînent trop rapidement les tortures ont tendance à causer des sudations abondantes aux tibias de leurs victimes.
Dans les couloirs des baraquements futuristes, il y a environs 4 bouches d'aération à chaque mètre carré. Alors tenez-vous le pour dit, dans le futur, L'AIR CIRCULE.
Le meilleur moyen de détecter la vraie nature d'un cyborg est de lui faire l'amour jusqu'à ce que ses circuits surchauffent.
Les terroristes despotiques sont tous de grands fans de Picasso.
Découvrez les recoins les plus sales de la ville avec un tour guidé de la haute gastronomie new-yorkaise commençant par le déversement d'un pot de diarrhée bouillante sur la gueule de nos héros qui retraitent stratégiquement dans les égouts, où ils font la rencontre d'une bande de fous menés par un chinois fu manchu (de blanc maquillé, usant d'une démarche rappelant un zombie psychotique et envoyant un fouet de sado-masochisme à qui mieux-mieux dans ce qui semble être une mare de hamsters peinturés en noir). Les hamsters sont déversés en quantité industrielle sur nos amis, qui vont ensuite voir les fous déguster ces croustillants Rodentiens en les grillant sur des piquets, comme des guimauves.
Voyez Parsifal et sa bande tomber dans le piège le plus stupide de l'histoire du cinéma alors qu'ils vont investiguer des mannequins de maman et de bébé en acrylique et qu'ils déclenchent le classique filet qui chute du plafond... Ils sont alors pris à parti par des hommes singes au maquillage totalement absurde qui comptent dans leurs rangs deux individus qui ont carrément une tête de macaque sortie de La planète des singes, mais version costume cheap.

Un rôle de composition subtil et nuancé.
Triomphez lors d'un derby de démolition et recevez un prix des mains d'un Ronald Mcdonald robotique affublé d'une fausse perruque rousse et d'un oeil de plastique géant qui déblatère des conneries inintelligibles avec sa voix haut perché. Le prix sera à la hauteur de la situation et donc louche à l'extrême (un gros esclave transgenre).
Questionnez-vous sur les mesures de sécurité caduques des Euracs qui installent un immense canon propulsant des lasers en dessin animé, des mines anti-char défectueuses et une grille micro-onde qui cuit les individus pour ne laisser que des ossements fumants (mais qui, inexplicablement, CUIT UNE SEULE PERSONNE À LA FOIS et laisse tout ce qui est autour parfaitement intact), qui ne sont pas capables de venir à bout d'une simple voiture fortifiée avec deux plaques de métal rouillé.
Enfer et damnation, c'est le modèle hatchback!

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Le rythme du film est définitivement son point fort. Nous rencontrons des nouveaux personnages, des nouveaux panoramas, de nouvelles situations, et ce, du début à la fin. Un réel effort a été déployé afin d'éviter la redondance, et cela paraît. |
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Les décors et costumes futuristes, comme à l'habitude, sont complètement déjantés. Tête d'alien en verre, bureaux d'ordinateurs en carton, écrans blancs qui ne servent à rien, grillages jaunes avec des points rouges apparaissant aléatoirement, sirènes de différentes couleurs, plaques de plastique inutiles avec des fentes et des lumières accrochées aux murs, portes et couloirs tout en carton, accoutrements de cuir, de latex ou tout droit sortis d'entrepôts de friperies sordides, d'accessoires de théâtre désuets ou de marchés aux puces malpropres. |
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Les acteurs incarnant des fous sont arrangés en débiles et les héros ne sont pas en reste, ce qui accentue l'effet rétro cheap déjà bien installé. La mauvaise traduction, la musique de synthé' merdique et les effets spéciaux à la limite du supportable closent magnifiquement le portrait. |
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L'histoire consiste un peu trop en une série de captures des héros par différents groupes occupant les rues de New York. Un peu de diversité n'aurait certainement pas fait de tort, afin d'éviter la répétition. |
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Même s'il faut être fan de post-apocalypse au départ pour pleinement l'apprécier, 2019 after the fall of New York demeure un des fleurons emblématiques du genre, variant son répertoire de manière suffisante pour divertir de la première à la dernière minute. Le film n'est pas dans les plus mémorables de la série B, mais la constance et la qualité de sa connerie globale en font un monument de choix dans le genre. |

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Résumé: Le but habituel d'une mine est de la rendre invisible pour l'ennemi qui doit exploser en passant dessus. Pas dans le futur.

Commentaires
Lie
06 Oct. 2008, 00:53
Moi j'adore ce film! lol
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